Sur un continent où l’accès aux compétences technologiques reste l’un des grands défis du développement, Mohamed Salifou a choisi de ne pas attendre que les solutions viennent d’ailleurs. Depuis le Bénin, cet ingénieur, entrepreneur et expert en fabrication numérique construit un écosystème où la robotique devient un outil d’apprentissage, d’inclusion et de transformation. Avec TEKBOT Robotics, le Tekbot Robotics Challenge et ses programmes de formation, il accompagne une nouvelle génération de jeunes Africains capables d’imaginer, concevoir et fabriquer les technologies dont leurs sociétés ont besoin.
Innovations
À Cotonou, une nouvelle génération de talents numériques choisit de créer plutôt que de subir. Parmi eux, Mohamed Salifou s’impose progressivement comme l’un de ces développeurs capables de transformer des lignes de code en solutions concrètes. Entre apprentissage continu, expériences professionnelles et goût du travail collaboratif, son parcours illustre l’émergence d’une jeunesse africaine qui entend participer pleinement à l’économie numérique mondiale.
À mesure que le Sénégal s'impose comme un nouveau producteur de pétrole et de gaz offshore, la protection de son littoral devient un enjeu stratégique. Des étudiants ingénieurs de la Dakar American University of Science and Technology (DAUST) ont imaginé une réponse technologique ambitieuse : une plateforme de drones autonomes capable de détecter en temps réel les fuites de pétrole grâce à l'intelligence artificielle. Une innovation conçue localement qui démontre que les solutions africaines peuvent répondre aux défis environnementaux les plus complexes.
À 14 ans, il n'avait ni laboratoire, ni diplôme, ni accès à l'électricité. Seulement une bibliothèque, quelques morceaux de ferraille et une détermination hors du commun. En construisant une éolienne artisanale dans son village du Malawi, William Kamkwamba n'a pas seulement éclairé la maison familiale : il a démontré qu'une innovation née de la pénurie pouvait répondre à des défis majeurs comme l'accès à l'énergie, à l'eau et à la sécurité alimentaire. Vingt ans plus tard, son histoire continue d'inspirer une nouvelle génération d'innovateurs africains.
À l’heure où les fausses informations circulent plus vite que les faits, le Bénin apporte une réponse technologique ambitieuse. Avec Vérif’All, une application de fact-checking développée par René Fadonougbo et son équipe, chacun peut vérifier un texte, une image, une vidéo ou un audio avant de le partager. Récompensée par l’ONU en 2026, cette solution illustre le potentiel de l’innovation africaine face à un défi mondial : restaurer la confiance dans l’information.
Dans les rayons de l’alimentation infantile, les petits pots destinés aux bébés racontent encore souvent une histoire peu représentative de la diversité des familles. Face à ce constat, Fatoumata Souane a décidé d’agir. Maman de cinq enfants et fonctionnaire, elle a créé Madoudinette, une marque de petits pots bio, halal et inspirés des saveurs africaines et du monde. Son ambition : offrir aux tout-petits une alimentation saine, inclusive et ouverte à la richesse des cultures culinaires. Une initiative qui illustre une nouvelle génération d’entrepreneures africaines et afro-descendantes engagées dans la création de solutions concrètes.
En Afrique francophone, les fausses informations circulent aujourd’hui plus vite que les rectificatifs. Rumeurs sanitaires, intox politiques, images détournées, vidéos sorties de leur contexte ou faux chiffres alimentent quotidiennement les réseaux sociaux et les groupes WhatsApp. Face à cette menace grandissante pour la cohésion sociale, la démocratie et la confiance envers les médias, une innovation africaine propose une réponse concrète : Akili, présentée par ses promoteurs comme la première application mobile consacrée à la lutte contre les infox en Afrique francophone. En associant intelligence artificielle, expertise journalistique et accessibilité, cette solution transforme la vérification de l’information en un geste simple, rapide et à la portée de tous.
Entre mobilité intelligente, intelligence artificielle et communication urbaine, une innovation portée par un entrepreneur ivoirien, Karim Fagbohoun, ouvre de nouvelles perspectives économiques des deux côtés de l’Atlantique. Son ambition : transformer les robots en plateformes de services capables de livrer, communiquer et créer des emplois qualifiés à distance.
Alors que l’industrie spatiale africaine connaît une montée en puissance sans précédent, l’accès aux connaissances scientifiques demeure limité pour une grande partie de la jeunesse du continent. Au Sénégal, un jeune développeur de 22 ans a décidé de relever ce défi. Avec AstroSen, première plateforme spatiale éducative du pays, Mamadou Thiaw ambitionne de démocratiser l’apprentissage de l’astronomie et des sciences spatiales grâce au numérique, à l’intelligence artificielle et aux expériences immersives. Une initiative qui ouvre de nouvelles perspectives pour la formation des futurs ingénieurs, chercheurs et innovateurs africains.
Au Sénégal, vendre un produit sur Internet reste un défi pour de nombreux particuliers et petits commerçants. Difficultés à rédiger une annonce, faible maîtrise des outils numériques, inquiétudes liées à la protection des données personnelles : autant de freins qui limitent l'accès au commerce électronique. Avec Tekkofi, la Sénégalaise Bintou Signate et l'ingénieur informatique Mouhamadou Nazirou Diankha proposent une réponse adaptée aux réalités locales. Leur plateforme transforme la voix en levier d'inclusion numérique et ouvre de nouvelles perspectives pour des milliers d'utilisateurs.
Chaque année, des tonnes de déchets agricoles et d’élevage sont abandonnées, brûlées ou enfouies, générant des pertes économiques et des impacts environnementaux considérables. Pourtant, ces résidus organiques représentent une ressource précieuse. En Tunisie, la startup MEPS (Methane Energy Production Solutions) se donne pour mission de transformer ce gisement sous-exploité en énergie renouvelable, en fertilisants naturels et en nouvelles sources de revenus pour les agriculteurs et les éleveurs. Une approche fondée sur l’économie circulaire qui apporte des réponses concrètes à plusieurs défis à la fois : énergie, agriculture, climat et développement rural.
Alors que l’intelligence artificielle redessine les équilibres économiques mondiaux, un paradoxe persiste : l’Afrique représente 19 % de la population mondiale mais moins de 1 % de la capacité de calcul global. C’est dans cet écart structurel que s’inscrit le combat de Kate Kallot. Ancienne dirigeante chez NVIDIA, Arm et Intel, la fondatrice d’Amini construit aujourd’hui une infrastructure souveraine de données et de calcul pour l’Afrique et le Sud global. Son ambition : permettre au continent de ne plus seulement consommer l’IA, mais de la produire, l’entraîner et la gouverner.
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