S.A.U. 2026 : Paris lance le rendez-vous de Dakar
Heure de publication 14:32 - Temps de lecture : 3 min 17 s
Urmine Gounongbé lors de la conférence de presse de lancement du Salon Afrique Unie 2026, le 25 septembre à La Maison de l’Afrique à Paris. – © DR.
Texte par : Thalf Sall
À Paris, la 7ᵉ édition du Salon Afrique Unie (S.A.U.) a officiellement pris son élan. Réunis le 25 septembre à La Maison de l’Afrique, journalistes, partenaires et acteurs de la diaspora ont découvert les contours d’un rendez-vous qui quittera cette fois l’Europe pour s’installer au cœur du continent. Les 15 et 16 octobre 2026, Dakar accueillera deux journées consacrées à une question devenue centrale : comment mieux relier éducation, formation, compétences et emploi pour donner à la jeunesse africaine des perspectives concrètes ?
À quelques semaines de l’ouverture du Salon Afrique Unie, le changement de décor est déjà révélateur d’une évolution stratégique. Après plusieurs éditions organisées à Paris et une précédente étape africaine à Cotonou, le S.A.U. met le cap sur Dakar. Le choix n’est pas seulement géographique. Il traduit la volonté affichée par les organisateurs d’inscrire davantage le rendez-vous dans les dynamiques africaines et de rapprocher les discussions des territoires, des institutions, des entreprises et des jeunes directement concernés.
Vendredi 25 septembre, La Maison de l’Afrique, au 4 rue Galilée à Paris, a accueilli la conférence de presse officielle. La rencontre avait été annoncée comme un temps de présentation, mais aussi d’échange avec les médias et les acteurs engagés autour de la jeunesse africaine. L’événement figurait également à l’agenda de La Maison de l’Afrique.
Le rendez-vous parisien devait permettre aux organisateurs de présenter les grandes orientations de l’édition 2026, avant une session de questions-réponses puis un moment de networking autour de saveurs inspirées de Dakar. Quelques heures plus tard, le message était clair : le S.A.U. ne prépare pas simplement une nouvelle édition. Il entend franchir une étape dans son déploiement continental.
De Paris à Dakar, un changement d’échelle assumé
Dans la présentation officielle de cette 7ᵉ édition, Dakar apparaît comme un point d’ancrage stratégique. Le S.A.U. souligne le rôle de la capitale sénégalaise comme carrefour diplomatique, économique, universitaire et culturel, capable de réunir institutions, entreprises, établissements de formation, investisseurs, entrepreneurs et diasporas.
Cette orientation correspond à la trajectoire défendue depuis plusieurs années par la Béninoise Urmine Gounongbé, figure dirigeante du Salon Afrique Unie. Dans son intervention, elle expliquait que Dakar devait permettre au S.A.U. de poursuivre son implantation sur le continent et de rapprocher les acteurs autour d’un même objectif : transformer le potentiel de la jeunesse en opportunités concrètes. Son propos résume l’ambition du changement de territoire : « l’Afrique doit être au cœur des discussions qui concernent son avenir. »
Le positionnement n’est pas nouveau. Fondé en 2009, le S.A.U. revendique une vocation panafricaine réunissant Afrique, Caraïbes, Outre-mer et diasporas. Urmine Gounongbé présente son salon comme une plateforme destinée à créer des passerelles entre institutions, entreprises, talents, jeunes, entrepreneurs et acteurs culturels.
« Former aujourd’hui, briller demain » : la jeunesse au centre
À Dakar, le débat prendra une direction particulièrement concrète. Le thème retenu pour 2026 – « Éducation - Formation - Emploi : relever les défis de la jeunesse africaine pour bâtir l’avenir » - est accompagné d’une formule qui donne le ton : « Former aujourd’hui, briller demain ».
Derrière cette formule se trouve une question simple, mais considérable : comment faire en sorte que les années passées à l’école ou en formation débouchent réellement sur des compétences reconnues, des stages, des emplois, de l’entrepreneuriat et des trajectoires professionnelles durables ?
Le programme annoncé tente de répondre à cette question par des formats opérationnels. Conférences et débats côtoieront masterclass, ateliers pratiques, rencontres B2B et sessions de job dating. Les participants pourront travailler sur le CV, la lettre de motivation, la préparation aux entretiens, l’accès aux stages ou encore la création d’entreprise.
Le choix est significatif. Plutôt que de limiter la réflexion à des discours sur la jeunesse, le S.A.U. veut créer des espaces où les jeunes peuvent rencontrer ceux qui recrutent, forment, financent ou accompagnent.
L’objectif affiché est de rapprocher les entrepreneurs de la diaspora des opportunités professionnelles disponibles sur le continent, notamment au Sénégal. La promotion des talents et l’identification de profils à fort potentiel figurent parmi les axes annoncés.
Une plateforme pensée pour connecter les mondes
L’autre caractéristique du S.A.U. 2026 tient à son architecture. L’événement ne se résume pas à une succession de conférences. Quatre grands axes thématiques, des ateliers interactifs, deux journées d’exposition et des espaces de networking doivent composer une programmation destinée à provoquer des rencontres.
À cela s’ajoutent d’autres sujets : souveraineté numérique et digitalisation des services publics, prévention et bien-être face aux maladies chroniques, ou encore autonomisation économique des femmes africaines.
Cette diversité traduit une lecture large des enjeux de développement. L’emploi des jeunes ne peut être dissocié des transformations numériques, de la santé, de l’entrepreneuriat, de l’accès au financement ou de la capacité des femmes à générer des revenus durables.
Le salon revendique déjà une certaine expérience : plus de 15 000 visiteurs lors de l’édition 2023 et plus de 150 exposants, tandis que l’édition 2026 doit réunir des participants issus de l’Afrique, de l’Europe et des Caraïbes.
Pour Urmine Gounongbé, cette dimension relationnelle constitue précisément l’un des fondements du projet. Elle explique que le S.A.U. devait permettre de créer des opportunités de réseautage entre acteurs de l’économie africaine et internationale.
Rendez-vous à Dakar pour passer des intentions aux connexions
La conférence de presse parisienne aura donc servi de point de départ public à une nouvelle séquence. Dans moins d’un mois, les discours laisseront place aux rencontres, aux ateliers, aux échanges professionnels et aux confrontations d’idées au Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Rose.
« Les 15 et 16 octobre, le S.A.U. y réunira institutions, décideurs, chercheurs, entrepreneurs, entreprises, talents et représentants des diasporas. De Paris à Dakar, le Salon Afrique Unie change donc de décor, mais conserve une ambition centrale : faire de la rencontre un levier d’action. La capitale sénégalaise devra donner corps à cette promesse. Car entre former un jeune, révéler son talent et lui ouvrir une véritable opportunité professionnelle, il existe encore un chemin. C’est précisément ce chemin que le S.A.U. 2026 entend explorer », souligne Jean-Célestin Edjangué, modérateur de la conférence de presse.
