Dakar : le Salon Afrique Unie mise sur le rapprochement entre formation, compétences et emploi
Heure de publication 18:05 - Temps de lecture : 3 min 21 s
À Dakar, la 7ᵉ édition du Salon Afrique Unie réunira, les 15 et 16 octobre 2026, jeunes, entreprises, établissements de formation et acteurs institutionnels autour d’un enjeu majeur : mieux faire correspondre les compétences aux besoins du marché du travail africain. – © SAU.
Texte par : Thalf Sall
Les 15 et 16 octobre 2026, le Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose de Dakar accueillera la 7ᵉ édition du Salon Afrique Unie (SAU). Pour la première fois organisé au Sénégal, ce rendez-vous panafricain réunira entreprises, institutions, établissements de formation, entrepreneurs, recruteurs et représentants des diasporas autour d’une question devenue centrale pour le continent : comment mieux préparer les jeunes aux mutations de l’économie et faciliter leur accès à l’emploi ?
« Éducation, formation, emploi : relever les défis de la jeunesse africaine pour bâtir l’avenir. Former aujourd’hui, briller demain » : c’est autour de cette thématique que s’articulera cette nouvelle édition. Créé en 2009, le Salon Afrique Unie a progressivement construit un espace de rencontres entre acteurs africains, caribéens et afro-descendants. Après plusieurs éditions en France et une implantation à Cotonou, le rendez-vous franchit une nouvelle étape en choisissant Dakar comme terre d’accueil de sa 7ᵉ édition.
Le choix du Sénégal intervient dans un contexte où l’insertion professionnelle des jeunes constitue un défi majeur. Avec une population d’environ 19 millions d’habitants et une structure démographique largement dominée par les moins de 25 ans, le pays doit chaque année absorber l’arrivée de nouvelles générations sur le marché du travail.
Les données disponibles illustrent cette pression. Selon l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le chômage au sens élargi s’établissait à 22,9 % au premier trimestre 2026, contre 21,7 % un an plus tôt. Chez les 15-34 ans, il atteignait 28,4 %. Autre signal : au quatrième trimestre 2025, 33,5 % des 15-24 ans étaient considérés comme NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation.
Derrière ces statistiques se joue une problématique plus large, commune à de nombreux pays africains : celle du passage entre l’école et le marché du travail. Diplômes, compétences pratiques, expérience professionnelle et besoins des entreprises ne coïncident pas toujours. La question de l’employabilité ne se limite donc plus à l’accès à la formation. Elle concerne également sa pertinence, sa qualité et sa capacité à répondre aux transformations des économies.
C’est précisément sur cette articulation que le SAU veut concentrer les échanges. Les conférences et ateliers annoncés doivent notamment aborder les parcours professionnels, les compétences recherchées, l’accès aux stages, les techniques de recherche d’emploi, la formation professionnelle et l’évolution des métiers.
Dakar, une étape stratégique pour un grand événement
L’installation du Salon Afrique Unie dans la capitale sénégalaise traduit la volonté de renforcer son ancrage africain. Dakar constitue l’un des principaux centres universitaires, économiques, culturels et diplomatiques d’Afrique de l’Ouest. La ville offre ainsi un environnement propice aux rencontres entre établissements d’enseignement, entreprises, institutions publiques, investisseurs et organisations de la société civile.
Pour les organisateurs, cette implantation doit permettre de rapprocher davantage les discussions des réalités vécues par les jeunes et les employeurs sur le continent. La 7ᵉ édition est portée par plusieurs structures partenaires : l’Association Salon Afrique Unie, Assembene Conception Holding, l’Agence Médès Médias et l’Association de Soutien Internationale. Elle est placée sous le marrainage annoncé de Marie-Khone Faye, Première Dame du Sénégal.
Le rendez-vous entend consolider les échanges entre l’Afrique et ses diasporas. Cette dimension constitue l’une des caractéristiques historiques du SAU, qui cherche à favoriser les relations entre entrepreneurs, professionnels et organisations issus du continent, des Caraïbes et des communautés afro-descendantes.
Des conférences aux rencontres avec les recruteurs
Pendant deux jours, le programme alternera conférences-débats, masterclass, workshops, rencontres B2B, job dating et animations. Cette diversité de formats doit permettre de passer de la réflexion aux échanges professionnels, avec une attention particulière portée aux relations entre candidats et recruteurs.
Les rencontres B2B offriront notamment aux entreprises et aux entrepreneurs l’occasion d’identifier de nouveaux partenaires, tandis que les sessions de job dating placeront directement les chercheurs d’emploi face aux employeurs. Pour les jeunes diplômés comme pour les professionnels en reconversion, ces espaces peuvent constituer une occasion de mieux comprendre les attentes des entreprises et les compétences aujourd’hui recherchées.
Le numérique occupera une place importante dans les discussions. Intelligence artificielle, technologies immersives et blockchain figurent parmi les domaines annoncés, aux côtés de secteurs tels que l’agroalimentaire, la santé, le sport et la formation professionnelle.
Cette programmation intervient alors que les économies africaines sont confrontées à une double évolution : une population active en expansion et une transformation rapide des métiers sous l’effet du numérique, de l’automatisation et de nouveaux modèles économiques. Pour les systèmes éducatifs, l’enjeu est désormais d'anticiper ces mutations sans perdre de vue les besoins des économies locales.
« Le Salon Afrique Unie veut créer un espace où ceux qui forment, ceux qui recrutent et ceux qui recherchent un emploi peuvent réellement se rencontrer », souligne Urmine Gounongbé, secrétaire générale du SAU. Pour elle, l’objectif est de favoriser des échanges susceptibles de mieux relier les parcours de formation aux réalités professionnelles.
À Dakar, le rendez-vous entend ainsi faire de la question de l’employabilité un sujet de dialogue entre générations, secteurs et territoires. Plus qu’une rencontre consacrée aux seuls enjeux éducatifs, cette 7ᵉ édition cherchera à rapprocher les universités, les centres de formation, les entreprises et les jeunes autour d’une même interrogation : comment transformer la croissance démographique du continent en une dynamique durable de compétences, d’activité et d’insertion professionnelle ?
Les 15 et 16 octobre, au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose, cette question sera au cœur des échanges d’un événement qui entend désormais inscrire durablement son agenda entre l’Afrique, l’Europe, les Caraïbes et leurs diasporas.
