PEEA 2026 : célébrer, connecter et valoriser l’excellence étudiante africaine

Heure de publication 18:00 - Temps de lecture : 4 min 14 s

Première édition du Prix d’Excellence de l’Étudiant Africain (PEEA) au Port-Marly : une journée de rencontres, de témoignages et de distinctions qui met en lumière une jeunesse africaine et diasporique engagée, ambitieuse et résolument tournée vers l’excellence. – © PEEA.

Texte par : Thalf Sall

Dans une salle comble réunissant plus de 3 000 participants au Port-Marly, la première édition du Prix d’Excellence de l’Étudiant Africain (PEEA) s’est imposée comme bien plus qu’une cérémonie de distinction. Entre émotions, récits de vie et visions d’avenir, l’événement a donné voix à une génération d’étudiants africains qui, malgré les obstacles, s’affirme dans les grandes écoles et universités les plus exigeantes du monde. Une journée fondatrice, où l’excellence s’est racontée au présent.

Dès les premières heures de ce samedi 27 juin 2026, l’atmosphère donne le ton. Des stands installés, des délégations universitaires, des institutions, des partenaires et surtout des étudiants venus de divers horizons. L’attente est palpable. Puis la salle se remplit. Plus de 3 000 personnes réunies pour célébrer une idée simple mais longtemps absente des récits dominants : l’excellence académique des étudiants africains.

Sur scène, les regards se croisent, les silences précèdent les annonces. Une étudiante béninoise ouvre la cérémonie par une performance d’art oratoire qui suspend le temps. Puis vient le moment fondateur : l’allocution d’ouverture du Prix d’Excellence de l’Étudiant Africain.

Dans cette ambiance presque solennelle, le PEEA ne ressemble pas à une remise de prix classique. Il s’impose comme une déclaration collective, un espace de reconnaissance et de projection pour une jeunesse souvent résumée à ses difficultés plutôt qu’à ses réussites.

 

Geraude Akakpo, la voix d’une génération qui s’organise

 

Lorsque Geraude Akakpo prend la parole, la salle écoute sans bruit. Étudiante à Sciences Po Paris, elle raconte une genèse simple et puissante : celle d’un manque.

Avec sa cofondatrice, Maeva Tsankeu, elle décrit ces nombreux événements dédiés à l’Afrique dans la diaspora, souvent centrés sur la culture, l’entrepreneuriat ou les grandes figures établies, mais rarement sur les étudiants eux-mêmes. Ceux qui arrivent seuls, ceux qui jonglent entre études, travail, pression administrative et quête de reconnaissance.

Son discours s’inscrit dans une continuité historique. Elle évoque les penseurs et bâtisseurs du récit africain, de Léopold Sédar Senghor à Aimé Césaire et Cheikh Anta Diop, rappelant que l’excellence africaine a toujours existé, même lorsqu’elle n’était pas mise en lumière.

Mais au-delà de la mémoire, elle affirme une ambition : transformer la reconnaissance en action. Connecter les étudiants aux entreprises, aux institutions, aux chercheurs. Créer un écosystème où le mérite ne reste pas isolé, mais devient un levier d’opportunités concrètes.

Dans la salle, les mots résonnent comme une mise en mouvement. Le PEEA est officiellement ouvert, mais surtout, il est déjà compris comme un point de départ.

 

Des parcours qui incarnent la résilience et la détermination

 

Parmi les moments les plus marquants de la journée, les témoignages étudiants donnent chair à cette vision.

Olivier Effi, étudiant ivoirien à HEC Paris, revient sur un parcours hors normes. Les chiffres qu’il partage frappent immédiatement : sur plus de 5 700 candidats aux classes préparatoires, seuls 420 intègrent HEC, dont une poignée d’étudiants africains formés sur le continent. Derrière ces statistiques, il refuse pourtant toute idée de destin exceptionnel.

Son histoire est faite de basculements. La perte de ses parents, les doutes, les refus d’admission, les concours manqués. Mais aussi les rencontres décisives : mentors, proches, frères et sœurs qui l’ont guidé, encouragé, parfois challengé. Il insiste sur un point essentiel : la réussite ne se construit jamais seul. Elle est un assemblage de soutiens, d’orientation et de discipline.

À ses côtés, Pacifique Nganta, étudiant en ingénierie à Polytechnique Paris, livre un récit tout aussi dense. Entre difficultés scolaires, deuil familial et charge de travail intense, il décrit une trajectoire construite dans l’effort continu. Ses journées prolongées jusqu’à tard dans la nuit, ses responsabilités professionnelles parallèles à ses études, et surtout un choix assumé : celui de viser l’excellence malgré les contraintes.

Dans son témoignage, une idée revient avec force : l’excellence n’est pas un état, mais une pratique quotidienne. Une discipline, parfois éprouvante, mais structurante. Il évoque aussi la force des groupes d’étude, des camarades, et des modèles qui ont jalonné son parcours.

Ces récits, loin d’être isolés, incarnent une réalité partagée par de nombreux étudiants présents dans la salle.

 

Une journée qui dépasse la cérémonie pour devenir mouvement

 

Tout au long de la journée, plusieurs personnalités ont partagé leurs expériences et leurs visions du leadership, de l’innovation et de l’excellence africaine. Parmi elles figuraient notamment Carine Fosto, Dogad Dogoui, Abdon Atangana, Félix Zogning et Bertin Nahum, dont les interventions ont nourri une réflexion collective sur les dynamiques de transformation du continent.

Dans la continuité, une table ronde consacrée au leadership, à l’innovation et aux trajectoires d’excellence en Afrique a permis d’approfondir les échanges entre chercheurs, entrepreneurs et décideurs. La séquence institutionnelle s’est ensuite poursuivie avec les prises de parole du recteur de l’Université de Yaoundé et du directeur général de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), soulignant l’importance de l’articulation entre formation, recherche et opportunités professionnelles.

Moment central de la journée, la cérémonie officielle de remise des prix a, dans l’après-midi, distingué 80 étudiants sélectionnés pour leurs performances académiques et leur engagement. Au-delà des trophées, cette séquence a surtout mis en lumière des parcours, des efforts et des trajectoires singulières, révélant la diversité des réussites étudiantes africaines.

La journée s’est conclue par une séquence de réseautage, d’échanges informels, de visite des stands et un cocktail de clôture, favorisant les connexions entre étudiants, universités, entreprises et institutions. Soutenue par le média Notre Voix (www.notrevoix.info) et la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), cette première édition s’est imposée comme un espace de rencontre et de projection collective.

Le Prix d’Excellence de l’Étudiant Africain ne se limite pas à la célébration de parcours individuels. Il révèle l’émergence d’un mouvement porté par une jeunesse africaine et diasporique déterminée à s’inscrire pleinement dans les récits de réussite globale. À travers des histoires de résilience, d’effort et de transmission, cette première édition a contribué à structurer un espace nouveau : celui où l’excellence n’est plus invisible, mais reconnue, connectée et amplifiée.

Le 27 juin 2026 restera ainsi comme une date fondatrice. Non pas celle d’un simple événement, mais celle d’un commencement.


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Catégories

video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon
video-play-icon