SAS 2026 : ces solutions africaines et afrodescendantes que Paris découvrira en octobre
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À Paris, les 23 et 24 octobre 2026, la SAS mettra en lumière des solutions africaines et afrodescendantes qui répondent concrètement aux grands défis contemporains. – © Notre Voix.
Texte par : Thalf Sall
À Paris, les 23 et 24 octobre 2026, la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) réunira des solutionneurs venus d’Afrique, d’Europe, des États-Unis, du Canada et de la Martinique autour d’une même exigence : montrer que des réponses concrètes existent déjà face aux grands défis contemporains. Santé, éducation, finance, économie, climat, mobilité, numérique, inclusion, information, entrepreneuriat, culture… leurs solutions seront présentées, documentées et mises en perspective devant des entrepreneurs, investisseurs, médias, décideurs, chercheurs et acteurs de terrain. Une séquence conçue selon une méthodologie de pitch propre à la SAS : partir d’un problème, en identifier les causes, expliquer précisément la réponse apportée, démontrer ses résultats et son impact, en examiner les limites et les conditions de reproductibilité et de passage à l’échelle. Au total, plus de 100 solutions africaines et afrodescendantes seront mises en lumière durant la SAS 2026.
Le Forum des Solutions Africaines est un espace stratégique consacré à la présentation, à la démonstration et à la mise en relation autour de solutions concrètes développées par des acteurs africains et afrodescendants. Il constitue l’une des séquences centrales de la SAS 2026. Son ambition est de mettre autour d’une même table innovateurs, entrepreneurs, investisseurs, décideurs, médias et acteurs de terrain afin de transformer les rencontres en collaborations et les initiatives en projets capables de changer d’échelle.
Chaque intervenant disposera d’un format court pour répondre à une question simple : quel problème cette solution résout-elle, comment fonctionne-t-elle, quelles preuves avons-nous de son impact et dans quelles conditions peut-elle être reproduite ?
La méthode impose six étapes : problème, causes, solution et fonctionnement, résultats et impact, reproductibilité et passage à l’échelle, puis regard critique sur les limites et les conditions de réussite.
L’objectif est ainsi de dépasser les affirmations générales. Les intervenants sont invités à apporter des données, des expériences de terrain, des résultats et des enseignements utiles.
De la santé à l’éducation : des réponses pensées pour les réalités africaines
Le secteur de la santé occupera une place importante. Boubou Sacko, fondateur d’INOQARE, présentera une plateforme destinée à structurer l’accès aux soins internationaux en connectant patients, médecins et établissements au sein d’un parcours plus lisible et sécurisé. INOQARE se présente précisément comme un écosystème destiné à faciliter l’accès à des soins au-delà des frontières.
Djibril Sarr défendra avec iCare une approche combinant télémédecine, intelligence artificielle et services de santé accessibles depuis un smartphone. Ibrahima 1 Diallo, avec Visa Medical, montrera comment une plateforme numérique peut contribuer à moderniser la gestion hospitalière. Safir Hanafi présentera PillQare et son pilulier connecté, complété par l’assistante IA Lisa. Olivier Tapa expliquera le fonctionnement de Dr’O, conçu pour rendre rapidement accessibles certaines informations médicales essentielles aux professionnels de santé.
Michée Sogbossi, avec AiBani – Smart Health Africa, proposera une autre réponse : faciliter la recherche de professionnels, centres de santé, pharmacies et laboratoires. Le document de présentation de la SAS fait état de 12 922 utilisateurs, 538 centres de santé et 281 pharmacies connectées dans plusieurs pays.
Kamari Martial Pascal Batcho présentera iYara, plateforme de santé numérique de nouvelle génération. Grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle, de la téléconsultation, de la prise de rendez-vous médicaux, des ordonnances électroniques et de l’interconnexion des professionnels de santé, iYara réinvente le parcours de soins et rapproche les patients des services de santé de manière simple, inclusive et sécurisée.
À cette diversité s’ajoutera la médecine génomique avec David Téa Okou, dont les travaux sur la Microarray-based Genomic Selection visent notamment à accélérer l’analyse génétique et à réduire certains coûts du séquençage.
Dans l’éducation et l’accès aux opportunités, Michée Sogbossi et Axel Da Cruz présenteront également EDUKIA, application EdTech qui utilise l’intelligence artificielle, notamment avec l’assistant Ketsia, pour orienter les utilisateurs, faciliter l’accès aux ressources et connecter les jeunes à des opportunités.
Aya Azaddou, avec l’écosystème TamTech, défendra plusieurs solutions numériques dédiées à l’apprentissage, à la communication et au partage des connaissances. Laetitia Gonzalez présentera NOOLA IA et NOOLA Plateforme, deux projets orientés vers l’éducation, l’orientation, l’employabilité et l’accompagnement des jeunes. Maurice Koutchika, avec LeBoursier, travaille quant à lui à rendre les opportunités de bourses d’excellence plus accessibles aux étudiants qui disposent de moins d’informations ou de réseaux.
Finance, industrie, climat : des solutions qui cherchent leur échelle
Le Forum élargira aussi le débat aux infrastructures économiques. Coomlan Emmanuel Marc Ebo, directeur général d’Africaine des Finances, présentera une démarche d’éducation et d’accompagnement vers l’épargne et l’investissement sur le marché financier régional. L’entreprise est agréée comme apporteur d’affaires par l’AMF-UMOA.
Guiako Obin, avec Akuunda Pay, s’intéresse aux paiements programmables et transfrontaliers et aux infrastructures financières numériques. Amina Bouras et Hamid Gourrada, pour InsurAngels Africa, défendront un modèle d’accompagnement, de mentorat et de mise en réseau des startups. Batiana Ismaail Franck Nacro, avec Terra Biga, explore la modernisation de mécanismes d’épargne collective inspirés de pratiques solidaires.
Dans l’industrie et la mobilité, Rui Mendes Da Silva présentera Kemet Automotive et son ambition de développer des véhicules électriques conçus et fabriqués en Afrique, tandis que Richard Gautier Odjrado, fondateur d’AS World Tech et d’Asuka Spirit, exposera ses objets technologiques et connectés pensés pour des usages africains.
La transition écologique sera représentée par Saliou Diallo, fondateur d’Irokko, qui propose aux citoyens et entreprises de mesurer, réduire et compenser leur empreinte carbone grâce notamment à des projets de reboisement. Oumar Wélé, avec Habidem, développe des solutions d’éco-construction adaptées aux contraintes climatiques du Sahel. Joël Granomort, en Martinique, apportera une expérience d’agroécologie fondée sur la diversification et l’observation du vivant pour adapter les pratiques agricoles au dérèglement climatique.
L’économie circulaire sera également au rendez-vous avec Baptiste Lingoungou, dont La Mode Européenne transforme le textile collecté en opportunités de réemploi, d’emploi et de solidarité entre l’Europe et l’Afrique.
Culture, information, entrepreneuriat : changer aussi les récits et les pratiques
La transformation ne se joue pas uniquement dans la technologie. Aïssata Diakité, fondatrice de la Maison Zabbaan et de l’Institut Zabbaan, travaille à valoriser les produits agricoles locaux et à renforcer l’autonomisation économique des femmes et des jeunes.
Mohamed Zoghlami présentera une plateforme numérique consacrée à l’histoire et au patrimoine africains, avec l’ambition d’utiliser les nouveaux outils numériques pour transmettre ces récits aux nouvelles générations. Charles N’Guessan, avec SYITECH-GROUP, associe technologies, industries créatives et préoccupations environnementales, notamment à travers des supports fabriqués à partir de déchets plastiques.
Face à la désinformation, Moïse Mounkoro, avec Akili, et René Fadonougbo, avec Vérif’All, développent deux réponses orientées vers la vérification de l’information et le renforcement de l’esprit critique.
Sur le terrain entrepreneurial, Amadou Sonde et Michael Friggit, avec Doonya Labs, proposent un modèle associant startup studio, conseil stratégique et développement technologique pour aider les entrepreneurs africains et de la diaspora à transformer leurs idées en entreprises structurées. Doonya Labs se présente comme un venture studio et cabinet de conseil dédié aux fondateurs africains et de la diaspora.
Marc Ngoy Kampome, avec Kimia Lite, s’attaque aux difficultés de la logistique entre l’Afrique et sa diaspora en connectant voyageurs et expéditeurs. Odile Bocandé-Koffi, fondatrice d’OBK Performance, place quant à elle le leadership, l’intelligence émotionnelle et l’intelligence collective au cœur de la transformation des organisations. Enfin, Serge Malinet, avec Sanhaga Watches, défendra une vision du luxe articulant savoir-faire français et identité culturelle afro-occidentale.
Ces interventions ne constituent qu’une partie de la programmation. La SAS 2026 entend mettre en lumière plus de 100 solutions africaines et afrodescendantes, dans des formats destinés à favoriser la compréhension, la documentation, la mise en réseau et, lorsque les conditions sont réunies, le passage à l’action.
À Paris, l’enjeu ne sera donc pas seulement de raconter ce qui change. Il sera de demander aux porteurs de solutions ce qui fonctionne, pourquoi cela fonctionne, avec quelles preuves, quelles limites et à quelles conditions leur expérience peut être reproduite ailleurs. Une exigence qui place la preuve, l’apprentissage et la coopération au cœur du récit.
Les 23 et 24 octobre 2026, la SAS entend ainsi faire de la visibilité un point de départ : documenter les solutions, les confronter au regard des médias et des acteurs de terrain, les connecter aux partenaires utiles et contribuer à leur changement d’échelle.
