Xoolink : quand les expertises s’assemblent pour rendre les projets possibles

Heure de publication 14:37 - Temps de lecture : 3 min 12 s

À la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), Philippe Nadeau viendra présenter Xoolink, une plateforme conçue pour mettre en relation entrepreneurs, entreprises et expertises complémentaires autour de projets concrets. – © Xoolink.

Texte par : Thalf Sall

Dans un monde entrepreneurial où les projets deviennent de plus en plus complexes, aucune entreprise ne possède toujours, à elle seule, toutes les compétences nécessaires. Xoolink part de cette réalité pour proposer une autre manière de collaborer : identifier les expertises disponibles, repérer les compétences manquantes et composer des équipes capables de répondre ensemble à des besoins qu’elles ne pourraient pas nécessairement adresser seules. Une approche qui ouvre aussi des perspectives nouvelles pour les entrepreneurs et startups africains à la recherche de complémentarités au-delà de leurs frontières.

L’un des paradoxes des écosystèmes entrepreneuriaux est que les compétences peuvent être présentes sans être facilement identifiables. Une entreprise peut disposer d’une expertise solide mais manquer d’un partenaire en cybersécurité, en financement, en marketing, en technologie ou dans un autre domaine indispensable à la réalisation d’un projet.

Le problème n’est donc pas toujours l’absence de compétences. Il réside parfois dans leur dispersion et leur difficulté à être mobilisées au bon moment.

C’est sur cette friction que Xoolink construit sa réponse. Fondée par l’entrepreneur québécois Philippe Nadeau, la plateforme veut rendre visibles les expertises des personnes, les capacités des entreprises et les forces des réseaux afin de faciliter la constitution d’équipes complémentaires. Philippe Nadeau évolue depuis plus de 25 ans dans les univers de l’innovation, du numérique et de l’entrepreneuriat, notamment comme cofondateur d’Alchemic Dream et directeur général du DigiHub.

 

De l’expertise individuelle à l’équipe capable d’agir

 

Xoolink ne cherche pas simplement à ajouter un annuaire de professionnels au paysage numérique. Son principe repose sur la possibilité de composer une équipe à partir d’un besoin concret.

Une personne renseigne ses compétences et leur niveau de preuve. Une entreprise présente ce qu’elle sait faire, mais aussi ce qu’elle ne fait pas. Les réseaux peuvent, de leur côté, attester les capacités de leurs membres. Ces informations alimentent une cartographie des expertises permettant d’identifier les complémentarités et les éventuels manques.

Lorsqu’un besoin est formulé, la plateforme peut alors contribuer à constituer des « meutes », c’est-à-dire des équipes d’organisations complémentaires. Plusieurs équipes peuvent préparer séparément une proposition ; le donneur d’ordre choisit ensuite celle qu’il mandate. Les membres définissent leurs rôles et leurs modalités de collaboration dans un pacte écrit. Une fois la mission réalisée et confirmée, le résultat devient à son tour une preuve associée aux participants.

Le système cherche ainsi à créer une boucle vertueuse : l’expertise permet de rejoindre une équipe, l’équipe permet de réaliser un projet et le projet réalisé renforce ensuite la preuve de l’expertise.

 

Une logique qui peut dépasser les frontières

 

Cette architecture présente un intérêt particulier pour les écosystèmes entrepreneuriaux africains, où de nombreuses startups disposent de compétences spécialisées mais peuvent avoir besoin de partenaires complémentaires pour accéder à des marchés, répondre à des appels d’offres ou développer des projets plus ambitieux.

L’enjeu n’est pas de demander à une jeune entreprise de tout maîtriser. Il consiste plutôt à lui permettre de s’agréger à d’autres compétences sans perdre son identité. Pour une startup africaine, une telle logique peut ouvrir des connexions avec des expertises situées au Canada, en Europe ou dans d’autres marchés, tout comme elle peut permettre à des entreprises internationales de découvrir des savoir-faire africains.

La plateforme indique actuellement être ouverte en version bêta au Canada, aux États-Unis, au Mexique et en Europe, avec une possibilité de rejoindre une liste d’attente depuis d’autres territoires.

Cette capacité de déploiement repose précisément sur une architecture qui n’impose pas un modèle unique : les compétences sont rattachées aux personnes et aux organisations, tandis que les équipes se construisent en fonction des besoins. Xoolink indique par ailleurs ne prélever aucun pourcentage sur les contrats et fonctionner sur un modèle d’abonnement.

Pour la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), l’intérêt d’une telle démarche est évident : la visibilité n’a de véritable valeur que lorsqu’elle permet de créer des connexions utiles. En reliant des entrepreneurs, des expertises et des réseaux, Xoolink propose de passer de la logique du contact à celle de la complémentarité, et de transformer des compétences dispersées en capacités collectives.

Parce qu’un projet ambitieux ne demande pas toujours de tout savoir-faire seul. Il faut parfois simplement savoir trouver ceux avec qui le rendre possible.


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