Sur DW, Mael Anasthasie Mengué dévoile les ambitions de la SAS 2026 : raconter l’Afrique par ses solutions
Heure de publication 17:50 - Temps de lecture : 3 min 06 s
Mael Anasthasie Mengué, directrice de la communication de la SAS 2026, a répondu aux questions de Bob Barry sur Deutsche Welle pour présenter les ambitions, les nouveautés et les temps forts de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions, les 23 et 24 octobre 2026 à Paris. – © DR.
Texte par : Thalf Sall
À quelques jours de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), prévue les 23 et 24 octobre 2026 à Paris, Mael Anasthasie Mengué, directrice de la communication de la SAS, était l’invitée, ce jour, de l’émission Demain t’appartient sur Deutsche Welle, média international de l’Allemagne. Au micro de Bob Barry, journaliste au programme francophone de la DW, elle a expliqué le choix du thème « Génération Solutions : l’Afrique qui crée, ose et transforme », les nouveautés de cette édition et la place du journalisme de solutions dans cette volonté de renouveler le récit sur le continent.
Pour Mael Anasthasie Mengué, le thème de cette édition n’est ni un slogan ni une formule de communication. Il traduit une conviction : une partie croissante des acteurs africains et afrodescendants ne veut plus seulement commenter les difficultés, mais expérimenter, entreprendre et construire des réponses.
Le terme « génération » dépasse ici la seule question de l’âge. Entrepreneurs, scientifiques, agriculteurs, artistes, ingénieurs, journalistes, enseignants, responsables associatifs, décideurs et citoyens y sont réunis autour d’une même dynamique : créer, oser et transformer.
Créer, parce que des entreprises, technologies, modèles sociaux et initiatives culturelles émergent sur le continent. Oser, parce que l’innovation implique souvent de sortir des cadres établis. Transformer, enfin, parce qu’une solution prend tout son sens lorsqu’elle produit des effets concrets.
Cette approche rejoint la vocation internationale de la Deutsche Welle, qui diffuse ses contenus dans 32 langues et dispose d’une rédaction consacrée à l’Afrique francophone.
De la visibilité à l’activation
Au cours de l’entretien, Mael Anasthasie Mengué a insisté sur une évolution de la SAS : ne plus s’arrêter à la mise en lumière des initiatives, mais chercher à créer les conditions de leur connexion, de leur accompagnement et, lorsque cela est possible, de leur changement d’échelle.
L’édition 2026 prévoit notamment la présentation de huit projets structurants, des conventions, des rencontres professionnelles, des formations et des dispositifs destinés aux talents. Le programme officiel annonce également des pitchs, expositions, Labs, témoignages, productions médiatiques et mises en relation.
Parmi les nouveaux dispositifs figure African Talent Impact 100, conçu autour d’un principe simple : 100 talents, 100 mentors et 100 opportunités. L’objectif affiché est de rapprocher les talents des possibilités de formation, de mentorat, d’emploi, de financement ou de partenariat.
Cette logique d’« après-SAS » constitue l’un des enjeux de l’édition : transformer une rencontre en relations durables et une présentation en opportunité concrète.
Du problème à la preuve : le journalisme de solutions
L’échange sur DW a aussi permis de préciser une distinction essentielle. Le journalisme de solutions ne consiste pas à remplacer le traitement des problèmes par des récits positifs.
Il commence au contraire par le problème, cherche à en comprendre les causes, puis examine les réponses apportées, leur fonctionnement, leurs résultats, leurs limites et leurs possibilités de reproduction. L’enjeu est donc moins de célébrer une innovation que de la documenter et de la mettre à l’épreuve des faits.
C’est cette exigence que la SAS entend appliquer aux initiatives présentées à Paris. Dans la santé, l’éducation, la finance, l’environnement, l’agriculture, le numérique ou l’inclusion, les porteurs de projets devront expliquer à quel besoin ils répondent et quels éléments permettent d’en mesurer la portée.
Plusieurs solutions illustrent cette diversité. iYara, créée par l’entrepreneur béninois Kamari Martial Pascal Batcho, propose un écosystème de santé numérique associant notamment téléconsultation, dossier médical et services pharmaceutiques. INOQARE, porté par Boubou Sacko, travaille quant à lui sur l’accès international aux soins et la mise en relation avec l’expertise médicale. Le programme 2026 annonce des solutions dans l’éducation par l’IA, les paiements transfrontaliers et la transition écologique.
Le mobile money, symbole d’une innovation née des usages africains
Interrogée sur une transformation emblématique de la dernière décennie, Mael Anasthasie Mengué a choisi la révolution du mobile money. Un choix qui permet d’illustrer une idée centrale de son intervention : l’innovation africaine ne consiste pas toujours à reproduire des modèles conçus ailleurs, mais peut aussi naître de contraintes et d’usages locaux.
Les données disponibles confortent cette lecture. La Banque mondiale indique que l’adoption des comptes de mobile money a fortement contribué à la progression de l’inclusion financière en Afrique subsaharienne ; en 2022, 28 % des adultes disposaient en moyenne d’un compte de mobile money dans les économies étudiées.
La transformation numérique reste toutefois inachevée. Selon la GSMA, les technologies et services mobiles ont contribué à hauteur de 240 milliards de dollars à l’économie africaine en 2025, soit 7,8 % du PIB, tandis que 63 % de la population vivait sous couverture haut débit mobile sans utiliser Internet mobile.
C’est précisément dans cet espace entre innovation, besoins et défis persistants que la SAS entend inscrire son action. Les 23 et 24 octobre, Paris accueillera ainsi des entrepreneurs, chercheurs, investisseurs, médias et acteurs du changement venus confronter leurs expériences et leurs solutions.
Plus qu’une succession de prises de parole, la SAS 2026 veut faire de la rencontre un point de départ : celui où une solution devient visible, où une expertise rencontre un partenaire, où une initiative est documentée et où une idée peut commencer à trouver les conditions de son déploiement.
La conversation de Mael Anasthasie Mengué sur DW aura ainsi posé une question qui dépasse le rendez-vous parisien : comment mieux raconter les transformations déjà à l’œuvre en Afrique sans nier les difficultés, mais sans réduire non plus le continent à celles-ci ? La réponse défendue par la SAS tient en une méthode : regarder les problèmes avec lucidité, chercher ce qui fonctionne, en vérifier les résultats et donner à ces expériences les moyens d’être davantage connues, connectées et discutées.
