Paris : la SAS 2026 dévoilera huit projets structurants pour l’Afrique
Heure de publication 20:00 - Temps de lecture : 3 min 11 s
À Paris, les 23 et 24 octobre, la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions mettra en lumière des initiatives conçues pour former, transmettre, connecter, documenter et accélérer les solutions africaines. – © SAS.
Texte par : Thalf Sall
À Paris, les 23 et 24 octobre 2026, la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) ne se contentera pas d’exposer des initiatives : elle dévoilera huit projets structurants destinés à agir sur la formation, l’information, la mémoire culturelle, l’éducation aux médias et la mobilisation des talents africains. Une séquence qui entend transformer une plateforme événementielle en véritable laboratoire de projets.
La Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) présentera à Paris, le 23 et 24 octobre, huit des vingt projets structurants inscrits dans sa feuille de route. Cette présentation stratégique, prévue à la Mairie du 16ᵉ arrondissement, sera accompagnée de présentations de partenaires, de signatures de conventions et d’une mobilisation de financements pour favoriser leur déploiement.
L’enjeu est important : faire passer des idées du stade de l’intention à celui de projets structurés. La SAS 2026 place ainsi au même endroit des initiatives qui concernent le journalisme, les médias, la conservation numérique, la jeunesse, la musique et les talents. Leur point commun n’est donc pas leur secteur, mais leur volonté de produire des infrastructures, des contenus ou des dispositifs capables de durer au-delà des deux journées parisiennes.
Former, informer et documenter : construire les infrastructures du récit
Premier chantier : l’École panafricaine de journalisme de solutions. Son ambition est de former des journalistes à une pratique qui ne s’arrête pas au constat. Le journalisme de solutions consiste notamment à examiner les causes d’un problème, la réponse apportée, son fonctionnement, ses résultats et ses limites. Cette approche, défendue notamment par l’association Notre Voix, repose sur les preuves plutôt que sur la seule intention de faire connaître une initiative.
L’école veut ainsi inscrire cette méthode dans la durée et renforcer les compétences des professionnels appelés à documenter les transformations du continent.
Le deuxième projet, le Groupe international de presse 100 % solutions, élargit cette logique à l’écosystème médiatique. Télévision, radio, magazine, site d’information et agence de presse sont envisagés comme les composantes d’un dispositif consacré aux initiatives et réponses concrètes portées par l’Afrique et ses diasporas. Il ne s’agit donc plus seulement de former des journalistes, mais de construire des canaux capables de diffuser ces récits auprès de publics africains et internationaux.
Troisième brique : le Musée digital des solutions africaines. Sa vocation est patrimoniale autant qu’éducative : archiver et rendre accessibles des initiatives dans des domaines aussi variés que l’économie, l’environnement, la santé, l’éducation, la culture ou la technologie. Le numérique permet ici de penser la mémoire des solutions autrement : non comme une collection figée, mais comme une ressource consultable, transmissible et exploitable.
La Bande dessinée des solutions africaines complète ce dispositif par un langage destiné notamment aux jeunes publics. Le projet mise sur le storytelling visuel pour faire connaître des innovations, des parcours et des modèles d’action africains. L’enjeu est moins de simplifier les solutions que de trouver une forme narrative capable de les rendre accessibles à une nouvelle génération.
De l’éducation aux médias à la sauvegarde de la mémoire culturelle
Le cinquième projet, « Jeunes Citoyens Médias et Vérité », répond à un autre enjeu : la capacité des adolescents à évoluer dans un environnement informationnel saturé. Destiné aux 13-18 ans, le programme prévoit des ateliers pratiques et la production de podcasts, vidéos et journaux numériques. L’objectif est de faire des jeunes non seulement des consommateurs d’information, mais aussi des acteurs capables de vérifier, produire et contextualiser des contenus. Le programme officiel présente le dispositif comme un projet réplicable destiné à renforcer l’esprit critique et la résilience informationnelle.
Avec Africa Legacy Week – Retro & Heritage Music Experience, la SAS déplace ensuite le regard vers le patrimoine culturel. Le projet entend préserver et transmettre une mémoire musicale afro-atlantique particulièrement riche, des années 1980 aux années 2000, de la rumba au zouglou, du mbalax au highlife, du zouk au reggae et au dancehall. Sa singularité tient à l’idée de ne pas considérer le patrimoine comme un simple objet de nostalgie : il peut devenir une matière pour la transmission, la création culturelle et le développement de nouvelles activités.
Le septième chantier revient au cœur de l’ADN éditorial de la SAS avec la promotion du journalisme de solutions en Afrique. Une bourse internationale et un prix doivent accompagner des journalistes qui documentent les réponses concrètes aux problèmes du continent. L’objectif est de favoriser des reportages capables de montrer ce qui fonctionne, dans quelles conditions, avec quels résultats et quelles limites. Cette exigence est essentielle : le journalisme de solutions n’est pas un journalisme promotionnel, mais une méthode qui conserve une distance critique et recherche des éléments vérifiables.
African Talent Impact 100 : transformer l’excellence en opportunités
Le huitième projet est probablement celui qui possède l’architecture la plus large : « De l’excellence académique à l’impact », avec African Talent Impact 100 comme programme fédérateur.
Le principe est de ne pas s’arrêter à l’identification ou à la distinction des talents africains. Le dispositif annoncé repose sur une chaîne allant de l’identification à la reconnaissance, au mentorat, à la formation, à la mise en réseau et, lorsque les conditions sont réunies, au financement et à la création d’opportunités.
Le programme prévoit 100 talents, 100 mentors et 100 opportunités structurantes : emploi, stage, financement, accompagnement entrepreneurial, partenariat scientifique, recherche, résidence ou bourse. Il doit s’appuyer sur un répertoire numérique des talents africains de l’étranger, un parcours d’accompagnement, un magazine annuel, un livre consacré à 100 parcours étudiants, une Web TV « Retour en Afrique », un Talent Lab Afrique et un observatoire des talents africains en mobilité.
L’idée structurante est de traiter la mobilité des étudiants, chercheurs et jeunes diplômés non uniquement comme une perte de compétences, mais comme une possibilité de créer des connexions durables entre les territoires, les universités, les entreprises et les écosystèmes africains.
Ces huit projets donnent ainsi une autre lecture de la SAS 2026. Leur intérêt ne réside pas seulement dans leur diversité, mais dans leur complémentarité : former ceux qui racontent, créer les médias qui diffusent, conserver les solutions, transmettre aux jeunes, préserver les patrimoines et connecter les talents aux opportunités.
La présentation parisienne doit désormais franchir une étape supplémentaire avec les conventions de partenariat et la mobilisation des ressources nécessaires à leur réalisation.
C’est précisément là que se jouera la portée de cette 4ᵉ édition : après avoir identifié et rendu visibles des solutions, la SAS cherche à construire les outils permettant de les inscrire dans le temps. À Paris, en octobre, elle ne présentera donc pas seulement une programmation ; elle mettra sur la table une série de projets appelés à devenir des infrastructures de transmission, de visibilité, de connexion et d’action au service des écosystèmes africains et afrodescendants.
