Employabilité en Afrique : le Forum International des Compétences mise sur des solutions durables
Heure de publication : 11:00 - Temps de lecture : 3 min 03 s
Oumar Wélé, expert en éco-construction et fondateur de Habidem, lors de son intervention au Forum International des Compétences 2026 à Nouakchott. Lauréat des Green Solutions Awards 2025 COP30 Belém, du Prix Résilience OMVS 2024 et de Med Innovant Afrika 2023, il a partagé sa vision d’une formation professionnelle plus adaptée aux mutations technologiques et aux enjeux de résilience au Sahel. – © DR.
Texte par : Thalf Sall
Face aux mutations technologiques et à la montée du chômage des jeunes, le Forum International des Compétences (FIC 2026), organisé les 6 et 7 mai 2026 à Nouakchott, a mis en avant des pistes d’action concrètes pour rapprocher formation, innovation et employabilité. Au cœur des échanges : le rôle stratégique de la diaspora africaine dans la transformation des compétences sur le continent.
Comment préparer la jeunesse africaine aux métiers de demain ? Comment adapter les systèmes de formation à une économie mondiale bouleversée par le numérique, l’intelligence artificielle et l’automatisation ? Ces questions ont nourri les réflexions du Forum International des Compétences 2026, tenu au Sheraton de Nouakchott, en Mauritanie.
Réunissant entrepreneurs, experts, responsables institutionnels et acteurs de la diaspora, cette rencontre internationale avait pour thème général : « Engagement de la Diaspora pour le renforcement de l’employabilité ». Une orientation qui traduit une volonté croissante de mobiliser les compétences africaines du monde entier pour répondre aux défis structurels de l’emploi sur le continent.
Parmi les moments clés du forum, le Panel 2 intitulé « Face aux nouvelles mutations technologiques, repenser la formation technique et professionnelle pour stimuler l’emploi » a particulièrement attiré l’attention des participants. L’objectif : identifier des solutions applicables pour rendre les formations plus adaptées aux réalités du marché.
Former autrement pour créer davantage d’opportunités
Intervenant au cours des échanges, Oumar Wélé, CEO de Habidem, a défendu une approche pragmatique de la formation professionnelle, davantage orientée vers les compétences directement mobilisables dans les entreprises.
Selon lui, plusieurs systèmes éducatifs africains restent encore trop éloignés des besoins concrets des secteurs en croissance. Pour réduire ce décalage, il a plaidé pour des formations plus flexibles, capables d’intégrer rapidement les évolutions technologiques et les nouveaux métiers liés au digital, aux services connectés ou encore à l’innovation industrielle.
L’une des solutions mises en avant durant le forum repose sur le renforcement des passerelles entre centres de formation, entreprises et acteurs de la diaspora. Les intervenants ont souligné que les diasporas africaines disposent d’une expertise technique, de réseaux internationaux et d’expériences professionnelles pouvant contribuer à moderniser les dispositifs de formation sur le continent.
Les participants ont également insisté sur l’importance des partenariats public-privé pour développer des programmes professionnalisants, favoriser les stages, encourager l’apprentissage et accompagner l’entrepreneuriat des jeunes.
Dans un contexte où l’Afrique possède l’une des populations les plus jeunes au monde, plusieurs experts ont rappelé que l’investissement dans les compétences représente aujourd’hui un levier majeur de stabilité économique et sociale.
Une dynamique collective tournée vers l’action
Au-delà des débats, le FIC 2026 a permis de créer un espace de dialogue entre acteurs venus de différents pays africains et de la diaspora. Les échanges ont fait émerger une conviction commune : les défis de l’employabilité ne pourront être relevés sans une transformation profonde des méthodes d’apprentissage et une meilleure anticipation des besoins futurs du marché du travail.
Les secteurs liés à la transition numérique, aux technologies vertes, à la cybersécurité ou encore aux services à forte valeur ajoutée ont été identifiés comme des opportunités prioritaires pour les prochaines années.
À Nouakchott, le Forum International des Compétences 2026 aura ainsi contribué à faire émerger des solutions concrètes autour de la formation et de l’emploi. En plaçant l’innovation, la coopération et l’engagement de la diaspora au centre des réflexions, cette rencontre confirme qu’une autre approche du développement des compétences en Afrique est possible : plus connectée aux réalités économiques, plus collaborative et davantage tournée vers l’impact.
