“Entrepreneuriat par Excellence en Afrique” : une plateforme engagée pour révéler les réussites entrepreneuriales africaines
Heure de publication 14:42 - Temps de lecture : 3 min 56 s
Dans le nouveau studio du média Entrepreneuriat par Excellence en Afrique au Mali, un espace moderne dédié à la production d’émissions, de reportages et de contenus économiques visant à valoriser les initiatives entrepreneuriales africaines. – © DR.
Texte par : Thalf Sall
Portée par une dynamique citoyenne et l’engagement du jeune entrepreneur Amagara Togo, l’initiative “Entrepreneuriat par Excellence en Afrique” inaugure un nouveau siège au Mali et relance son web média dédié à l’économie africaine. Dans un contexte de crise multidimensionnelle, ce projet mise sur des contenus crédibles, la valorisation des réussites locales et l’innovation médiatique pour répondre au déficit de visibilité des entrepreneurs africains.
En Afrique, l’un des freins majeurs au développement entrepreneurial reste le manque de visibilité des initiatives locales. Malgré un dynamisme réel, les porteurs de projets peinent à accéder à des plateformes médiatiques capables de valoriser leurs parcours, leurs innovations et leurs impacts. À cela s’ajoute une dépendance persistante à des narratifs extérieurs, souvent éloignés des réalités économiques africaines.
C’est dans ce contexte qu’est née, en 2021, une initiative ambitieuse : un web média panafricain entièrement dédié à l’économie et à l’entrepreneuriat en Afrique. Lancé depuis le Maroc par un étudiant malien, Amagara Togo, le projet part de zéro, sans audience ni financement structuré. Porté par une vision claire – raconter l’Afrique qui entreprend – le média connaît une croissance rapide sur les réseaux sociaux, atteignant aujourd’hui près de 800 000 abonnés.
Mais derrière cette ascension numérique, les défis structurels demeurent. En 2024, lors du retour du fondateur au Mali pour structurer le projet sur le terrain, une première tentative d’installation échoue brutalement. En cause : un partenariat mal encadré, qui entraîne l’expulsion de l’équipe seulement trois jours après le lancement, avec des pertes estimées à près de 5 millions de FCFA. Cet épisode illustre une réalité fréquente dans l’écosystème entrepreneurial africain : fragilité des collaborations, manque de sécurisation juridique et instabilité économique.
Résilience, autonomie et innovation comme leviers de relance
Face à cet échec, l’équipe fait un choix stratégique : éviter la victimisation et privilégier une reconstruction progressive. Entre 2024 et 2025, le projet est relancé sans recours à l’endettement, uniquement grâce à des financements propres mobilisés progressivement. Cette approche, bien que plus lente, permet de renforcer l’autonomie du média et de consolider ses bases.
L’année 2026 marque ainsi une nouvelle étape avec l’ouverture officielle d’un siège moderne au Mali. Pensé comme un véritable hub médiatique, l’espace comprend un plateau télévisé, une cabine technique, une salle de montage et un espace d’accueil. Particularité notable : le site fonctionne en partie grâce à des installations solaires autonomes, une réponse concrète aux défis énergétiques locaux.
Au-delà de l’infrastructure, la méthodologie repose sur une production de contenus diversifiés : émissions télévisées, reportages de terrain, revues de presse et actualités économiques en format vidéo. L’objectif est double : informer, mais aussi inspirer, en mettant en lumière des parcours entrepreneuriaux africains souvent invisibilisés.
Les premiers impacts sont déjà perceptibles. Le média contribue à renforcer la visibilité de jeunes entrepreneurs, facilite la mise en réseau et attire l’attention de partenaires potentiels. Il participe également à changer les perceptions en valorisant une Afrique innovante, créative et résiliente.
Cependant, cette initiative n’est pas exempte de limites. Son modèle économique reste en construction, dépendant encore fortement de partenariats à venir. Par ailleurs, sa capacité à maintenir une ligne éditoriale indépendante face à d’éventuels financeurs constitue un enjeu clé pour sa crédibilité à long terme. À cela s’ajoute un autre défi structurant : la nécessité de renforcer en continu la formation et la spécialisation de ses équipes. Dans un environnement médiatique où la désinformation progresse, la production de contenus fiables repose sur des compétences solides en journalisme, en analyse économique et en vérification des sources. La plateforme doit miser ainsi sur le renforcement des capacités de ses acteurs, à travers des formations ciblées et une professionnalisation progressive, afin de garantir la diffusion d’informations crédibles, rigoureuses et utiles à son audience.
Cette relance illustre une dynamique plus large : celle d’une jeunesse africaine qui, malgré les obstacles, choisit d’agir pour transformer les récits et les réalités économiques du continent. En misant sur l’autonomie, l’innovation et la persévérance, ce média panafricain propose une solution concrète à un problème structurel de visibilité. Reste désormais à consolider ce modèle pour en faire un acteur durable de l’écosystème médiatique africain.
