Léonce Houngbadji sur Medi1 TV : porter la voix d’une Afrique des solutions
Heure de publication : 18:10 - Temps de lecture : 4 min 11 s
Léonce Houngbadji, journaliste, communicant et auteur, fondateur de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) et de l’agence LH Partners, et directeur de publication du média Notre Voix. – © Notre Voix.
Texte par : Thalf Sall
Invité de l’émission “Alternatives” sur Medi1 TV ce samedi 4 avril 2026, le journaliste Léonce Houngbadji a plaidé pour une transformation profonde du traitement médiatique de l’Afrique. Aux côtés de Moussa Ngom, il a défendu un journalisme plus équilibré, axé sur les solutions, l’innovation et la responsabilité. Chaîne d’information en continu considérée comme une référence au Maroc et dans les régions francophones d’Afrique, Medi1 TV dispose d’une forte audience et d’une identité bilingue, ce qui confère à cette prise de parole du fondateur de la Semaine l'Afrique des Solutions (SAS) une visibilité et un impact significatifs.
Dès le début de l’émission, Léonce Houngbadji a posé un constat sans détour : « Pendant trop longtemps, l’Afrique a été racontée à travers ses crises. » Selon lui, cette représentation partielle contribue à entretenir des stéréotypes négatifs qui influencent non seulement l’opinion publique, mais aussi les dynamiques économiques et les investissements sur le continent.
Fondateur de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), il a expliqué que son engagement consiste à « changer le narratif » en valorisant des initiatives concrètes et porteuses d’impact. Il a cité de nombreux exemples illustrant cette dynamique : innovations dans la santé (télémédecine, dispositifs médicaux mobiles), technologies agricoles (drones, outils connectés), solutions environnementales (poubelles écologiques, mobilité durable) ou encore applications numériques facilitant l’accès aux services essentiels.
« Raconter l’Afrique autrement, c’est redonner la parole aux Africains sur leurs propres réussites », a-t-il insisté. Il a rappelé que la SAS a déjà permis de révéler et valoriser plus de 300 solutions innovantes et de former 200 journalistes au journalisme de solutions, contribuant ainsi à transformer durablement les pratiques médiatiques.
Un journalisme en mutation, entre innovation et exigence éthique
Au cœur des échanges, la question de l’évolution du journalisme en Afrique a occupé une place centrale. Léonce Houngbadji a souligné que le métier connaît une mutation profonde :
« Le journalisme ne peut plus se limiter à relayer l’information. Il doit innover, contextualiser et créer de l’engagement. »
À travers le média Notre Voix et ses initiatives, il développe des formats diversifiés – reportages interactifs, interviews, portraits, événements éditoriaux – visant à rendre l’information plus accessible et plus engageante, notamment auprès des jeunes publics.
Il a également insisté sur la responsabilité des journalistes dans des contextes sensibles. Face aux conflits et aux tensions, il a plaidé pour un journalisme rigoureux et responsable :
« Informer sans sensationnalisme, protéger les sources et respecter l’éthique est essentiel. »
Selon lui, un journalisme bien exercé contribue à la cohésion sociale, en favorisant la compréhension, le dialogue et la reconstruction des sociétés.
Indépendance des médias : entre contraintes et opportunités
L’émission a aussi permis d’aborder les défis structurels auxquels sont confrontés les médias africains. Léonce Houngbadji a évoqué les contraintes liées au financement, aux ressources humaines et à l’accès aux technologies, qui peuvent fragiliser l’indépendance éditoriale.
Toutefois, il a défendu une approche résolument constructive : « L’innovation, la collaboration et les partenariats sont des leviers essentiels pour transformer ces défis en opportunités. Il est indispensable de structurer des entreprises de presse solides, d’avoir de grands groupes, tout en développant des modèles économiques participatifs et innovants, garants de leur indépendance et de leur pérennité. »
Il a notamment cité la SAS comme un exemple de dynamique collective mobilisant journalistes, entrepreneurs et acteurs du changement à l’échelle africaine et internationale. Cette approche collaborative vise à faire des médias de véritables leviers de transformation sociale et économique. Dans cette perspective, il a lancé un appel à l’engagement des professionnels des médias, mais aussi des citoyens, afin de bâtir un écosystème médiatique plus solide, crédible et indépendant.
Au-delà de l’événement, un appel à transformer les récits
En conclusion, Léonce Houngbadji a rappelé que la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), dont la quatrième édition se tiendra à Paris les 23 et 24 octobre 2026, s’inscrit dans une dynamique plus large. « Ce n’est pas seulement un événement, c’est un mouvement », a-t-il affirmé, visant à réinventer la manière dont l’Afrique est racontée et à encourager des actions concrètes.
Cette intervention sur Medi1 TV met en lumière un enjeu majeur : face à la désinformation et aux récits dominants souvent réducteurs, promouvoir une information fiable, équilibrée et constructive apparaît comme une nécessité. Elle souligne le rôle central des médias dans la construction des imaginaires et dans la valorisation des initiatives porteuses d’avenir.
