De la gestion de projets à la mode, de l’entrepreneuriat à l’accompagnement transformationnel, puis à l’écriture, Kokoè Koussawo n’a jamais suivi une trajectoire linéaire. Franco-togolaise installée en Normandie, elle a fait de ses multiples expériences un terrain d’exploration et de transmission. Son parcours raconte moins une success story classique qu’une construction patiente : celle d’une femme qui a appris à transformer ses propres questionnements en espaces destinés à aider d’autres femmes à reprendre possession de leur trajectoire.
Dans les cacaoyères ivoiriennes, le Swollen Shoot ne menace pas seulement les arbres : il fragilise les revenus des producteurs et, à terme, la stabilité d’une filière stratégique pour l’économie nationale. Face à une maladie virale dont la réponse repose historiquement sur l’arrachage des plants infectés, une équipe de l’Université Nangui Abrogoua propose une autre voie. Les chercheurs ont mis au point une biosolution appelée Vital Plus, développée sous la direction du professeur Mamadou Doumbia, qui vise à agir sur les mécanismes de propagation de la maladie tout en renforçant les défenses naturelles du cacaoyer.
Et si la prochaine révolution du leadership féminin ne consistait pas à demander aux femmes de devenir plus fortes, mais à leur permettre enfin de déposer ce qu’elles portent ? À travers Le Pouvoir Caché des Femmes, Le Pouvoir Caché des Multipotentiel·les et La Solitude Invisible des Femmes Puissantes, l’autrice franco-togolaise Kokoè Koussawo construit, livre après livre, une réflexion singulière sur l’identité, la multipotentialité, la réussite et cette fatigue intérieure que les apparences de puissance ne suffisent pas toujours à révéler. Son œuvre ne se contente pas de parler des femmes : elle cherche à leur redonner des mots, des espaces et des clés pour reprendre la main sur leur trajectoire.
L’intelligence artificielle est déjà une réalité en Afrique : elle s’impose progressivement dans les banques, la santé, l’éducation, les administrations, les télécommunications ou encore les ressources humaines. Pour Abdoulaye Ba, expert en gouvernance de l’IA, l’Afrique ne peut donc plus opposer innovation et régulation : elle doit avancer simultanément sur ces deux fronts. Dans une tribune parvenue à notre rédaction, il propose la création d’un « Passeport africain de confiance IA », un mécanisme simple, progressif et harmonisable à l’échelle du continent, destiné à identifier les systèmes d’IA déployés, évaluer leurs risques, encadrer leurs usages, renforcer la transparence et garantir une véritable capacité de contrôle local.
Ils créent des entreprises, inventent de nouveaux usages, réorganisent des services, expérimentent des modèles et s’attaquent à des difficultés longtemps considérées comme insolubles. Mais faut-il pour autant les appeler créateurs, innovateurs ou solutionneurs ? Derrière ces mots se cachent des démarches différentes, parfois complémentaires. À l’approche de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), les 23 et 24 octobre 2026 à Paris, cette distinction permet de mieux comprendre une génération d’Africains qui ne se contente plus de décrire les défis du continent : elle cherche des réponses, les éprouve sur le terrain et travaille à leur diffusion.
Entre le champ et l’étal d’un marché africain, les produits frais parcourent encore un itinéraire semé d’intermédiaires, de pertes et d’incertitudes. Au Kenya, Twiga Foods a entrepris de réorganiser cette chaîne en s’attaquant moins à la production qu’au maillon longtemps négligé de la distribution. Depuis 2014, la start-up kényane combine plateforme numérique, données, approvisionnement et logistique pour rapprocher producteurs et petits commerçants. Son parcours montre autant le potentiel de l’agritech africaine que les défis économiques qui apparaissent lorsqu’une solution veut changer d’échelle.
Pour une entreprise africaine, vendre ne suffit pas encore : il faut pouvoir encaisser, rapprocher les transactions, payer ses partenaires et, de plus en plus, recevoir des clients situés au-delà de ses frontières. C’est précisément sur cette friction que s’est construite Paystack. Née à Lagos en 2015, la fintech transforme le paiement en infrastructure accessible aux startups, PME et grandes entreprises. Avec plus de 200 000 entreprises utilisatrices revendiquées par la plateforme et une présence opérationnelle qui s’étend désormais à cinq marchés africains, son ambition dépasse le simple traitement des cartes : construire une couche de paiement capable d’accompagner la croissance des entreprises africaines.
Pour une partie de la diaspora africaine, le désir d’investir sur le continent se heurte encore à la distance, à la complexité du foncier et à la difficulté de disposer d’informations fiables. En Côte d’Ivoire, Terrafrika Group entend lever ces barrières en proposant un accompagnement spécialisé dans l’investissement immobilier et foncier. À sa tête, Coumba Ba, après 21 années passées chez Orange, a choisi de transformer son expérience professionnelle en projet entrepreneurial, avec une ambition : rapprocher les capitaux, les compétences et les territoires africains.
Et si l’avenir des soins rénaux ne se jouait plus uniquement dans les centres de dialyse, mais aussi au domicile des patients ? C’est le pari porté depuis 2016 par le médecin et entrepreneur nigérian-américain Ikenna Okezie, cofondateur et PDG de Somatus. Son entreprise a développé aux États-Unis un modèle de prise en charge intégrée qui associe équipes médicales de proximité, suivi à domicile, données, intelligence artificielle et accompagnement des patients. Dix ans après sa création, Somatus accompagne désormais plus de 500 000 personnes dans les 50 États américains et le District de Columbia, avec une ambition qui dépasse largement la seule dialyse : retarder la progression des maladies chroniques et permettre aux patients de vivre davantage de jours en meilleure santé chez eux.
Longtemps reléguées au second plan de la recherche et de la formation cosmétique, les peaux mates à foncées font l’objet d’un intérêt croissant. À la croisée de la science, de la transmission et de l’entrepreneuriat, EwaTiwa, fondée par la Béninoise Badirou El Macsoudath, veut répondre à un angle mort : mieux comprendre ces peaux pour proposer des soins plus adaptés et lutter contre les pratiques dangereuses de dépigmentation.
À Lomé, une jeune entreprise veut transformer la manière dont circulent colis, documents et équipements. Sa plateforme associe véhicules électriques, suivi numérique des opérations et mesure progressive de l'impact carbone. Plus qu'une application de livraison, NAKA ambitionne de devenir une infrastructure de confiance pour la mobilité urbaine en Afrique.
Une phrase sexiste publiée sur les réseaux sociaux a ravivé une blessure que des millions de femmes portent encore dans leur chair. Roukiata Ouedraogo a choisi de répondre, non par le silence, mais par la mémoire, les faits et un appel à l’action. Victime d’excision à l’âge de trois ans, comme elle l’a elle-même raconté dans plusieurs interviews, l’humoriste et comédienne franco-burkinabè a progressivement transformé cette expérience intime en un combat public contre les mutilations génitales féminines. Sa nouvelle prise de parole rappelle une évidence : face aux mutilations génitales féminines, la solution n’est pas de banaliser la violence, mais de changer les normes qui la perpétuent.
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