MoTiVi à la SAS 2026 : quand le numérique devient un outil d’éveil culturel et éducatif
Heure de publication 11:54 - Temps de lecture : 3 min 56 s
Yolaine Yeck-Pang, fondatrice de MoTiVi, venue spécialement de Guyane française pour présenter sa solution à la SAS 2026, elle porte une ambition forte : faire du numérique un allié de l’éducation, de l’éveil culturel et de l’épanouissement des enfants. – © MoTiVi.
Texte par : Thalf Sall
Et si les écrans devenaient des alliés de l’éducation, capables d’éveiller la curiosité des enfants, de transmettre leur patrimoine et de leur ouvrir de nouveaux horizons ? C’est l’ambition de MoTiVi, une chaîne audiovisuelle éducative imaginée par Yolaine Yeck-Pang. Venue spécialement de Guyane française pour présenter son initiative à la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), les 23 et 24 octobre 2026, à la mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris, la fondatrice a défendu une vision engagée du numérique : faire des contenus courts, ludiques et éducatifs des leviers d’apprentissage, de transmission culturelle et de sensibilisation à l’environnement. De la Guyane à l’Afrique, MoTiVi entend montrer que la culture peut rapprocher les territoires et aider les enfants à grandir sans perdre le lien avec leurs racines.
Dans l’univers numérique des enfants, les images, les vidéos et les histoires façonnent une partie de leur imaginaire. Mais que se passe-t-il lorsque les contenus qu’ils regardent parlent peu de leur environnement, de leurs langues, de leurs traditions ou de leur histoire ? Comment grandir en connaissant son territoire si celui-ci reste peu représenté dans les productions audiovisuelles accessibles au jeune public ?
C’est à cette question que Yolaine Yeck-Pang, fondatrice de MoTiVi, entend apporter une réponse. Venue spécialement de Guyane française pour présenter son initiative à la SAS 2026 à Paris, elle porte une conviction : l’éducation peut aussi passer par des formats qui éveillent la curiosité, stimulent l’imagination et donnent aux enfants le goût de découvrir leur propre patrimoine.
La démarche prend une résonance particulière en Guyane, territoire amazonien marqué par une grande diversité culturelle et linguistique. La fondatrice évoque notamment les difficultés d’accès à l’éducation rencontrées par certains enfants et les enjeux de maîtrise de la lecture et de l’écriture. Dans ce contexte, MoTiVi entend faire du numérique un outil complémentaire de transmission, capable de rapprocher les savoirs du quotidien des plus jeunes.
Des formats courts pour apprendre en s’amusant
MoTiVi propose des contenus audiovisuels éducatifs, pédagogiques et ludiques, conçus avec l’appui de l’intelligence artificielle. D’une à cinq minutes, ses séquences abordent des sujets culturels, patrimoniaux et environnementaux dans des formats courts, pensés pour éveiller la curiosité des enfants tout en maîtrisant le temps d’écran.
À travers ses personnages et ses productions, notamment Miss Yo et les Motitoons, la chaîne cherche à rendre l’apprentissage plus accessible, vivant et attractif. L’ambition est claire : faire du divertissement un levier de transmission, sans se substituer à l’école ni aux adultes qui accompagnent les enfants dans leur développement.
Pour Yolaine Yeck-Pang, cette démarche repose sur une conviction forte : « Les enfants méritent qu’on les instruise, qu’on les inspire et qu’on leur donne envie de découvrir le monde sans oublier d’où ils viennent. » Cette vision associe l’éveil intellectuel à la valorisation des identités culturelles et à la sensibilisation aux enjeux environnementaux. Elle rappelle aussi l’importance de proposer aux jeunes des histoires dans lesquelles ils peuvent reconnaître leur territoire, leur patrimoine et leur diversité.
Lancée le 30 janvier 2026, MoTiVi revendique près de 20 000 abonnés. La chaîne a aussi engagé des collaborations avec le Zoo de Guyane, la compagnie Air Caraïbes et Radio Télé Péyi Guyane. Ces premiers indicateurs témoignent d’un intérêt pour le projet, même si ses effets éducatifs à long terme restent à mesurer.
À l’issue de sa présentation à la SAS 2026, l’initiative a suscité des réactions encourageantes parmi les participants. Pour Dorcas, participante à l’événement venue de la Côte d’Ivoire, « MoTiVi montre que les outils numériques peuvent devenir de véritables supports d’apprentissage lorsqu’ils sont conçus avec une intention éducative. Valoriser les cultures locales dès l’enfance est essentiel pour nourrir la curiosité et renforcer le sentiment d’appartenance. »
Aurélie de la République démocratique du Congo, entrepreneure présente à la rencontre, retient quant à lui le potentiel de développement de cette démarche : « Ce projet a une identité forte et une ambition qui dépasse les frontières de la Guyane. En nouant des partenariats avec les acteurs de l’éducation et de la culture, MoTiVi pourrait toucher davantage d’enfants et faire circuler les savoirs entre les territoires. »
De la Guyane à Grand-Popo, l’éducation crée des passerelles
L’ambition de MoTiVi ne s’arrête pas aux frontières guyanaises. En août 2026, Yolaine Yeck-Pang et une délégation venue de Guyane se sont rendues au Bénin, où elles ont été reçues par le maire de Grand-Popo, Carlos Yao Ayikpe. Les échanges ont notamment porté sur la jeunesse, l’éducation, la culture et les possibilités de coopération entre collectivités.
À Grand-Popo, une activité organisée à la Villa Karo a permis à plus d’une soixantaine d’enfants de maternelle et du primaire de participer à une rencontre mêlant découverte et divertissement. Bandes dessinées, films ludiques et contenus audiovisuels ont servi de supports pour aborder l’histoire, le patrimoine et la protection de l’environnement. Les enfants ont notamment découvert Miss Yo et les Motitoons.
Cette expérience donne une dimension concrète à la vocation internationale de MoTiVi. Elle montre comment un contenu conçu dans un territoire peut être mobilisé ailleurs, à condition de tenir compte des réalités culturelles et éducatives locales. La perspective n’est pas d’uniformiser les imaginaires, mais de permettre à chaque communauté de transmettre ses propres récits et de découvrir ceux des autres.
« Notre ambition est de faire rayonner notre patrimoine bien au-delà des frontières de la Guyane », affirme la fondatrice dans la présentation de son projet. Le Bénin constitue ainsi un terrain de coopération et une occasion d’explorer les conditions d’adaptation de cette démarche à d’autres contextes africains.
À la SAS 2026, une solution à accompagner et à développer
À Paris, la présentation de Yolaine Yeck-Pang a pris place au cœur d’une édition inédite de la SAS, qui a réuni 100 intervenants, tous invités à présenter leurs initiatives et leurs engagements selon les principes du journalisme de solutions. Pour chacun, l’enjeu dépassait le simple exercice de prise de parole : il s’agissait de démontrer la pertinence de sa démarche en partant d’un problème concret, en identifiant ses causes profondes, en exposant la solution mise en œuvre et son fonctionnement, puis en précisant les résultats obtenus, les limites rencontrées, les possibilités de reproduction à plus grande échelle et les prochaines étapes. Une première pour ces 100 intervenants, appelés à passer du discours à la démonstration et à faire de leurs initiatives des solutions mieux comprises, évaluées et susceptibles d’être déployées.
La présentation de MoTiVi a été fortement applaudie. Au-delà de l’intérêt pour les contenus, son potentiel repose désormais sur sa capacité à consolider son modèle économique, à augmenter ses moyens de production, à développer ses relais de diffusion et à mesurer les apprentissages auxquels ses programmes peuvent contribuer.
La fondatrice identifie des besoins en financement, en partenariats et en diffusion pour pérenniser la production et toucher davantage d’enfants. Des collaborations avec les écoles, les associations, les acteurs culturels et les collectivités pourraient favoriser la reproduction de la démarche dans d’autres territoires, en laissant à chacun la place de ses langues, de ses histoires et de son patrimoine.
MoTiVi porte ainsi une idée simple : le numérique ne doit pas seulement divertir les enfants ; il peut aussi leur donner des clés pour comprendre le monde et leur permettre de mieux connaître leurs origines. De la Guyane au Bénin, l’initiative esquisse une coopération où la culture devient un support d’apprentissage et où la jeunesse constitue un trait d’union entre les territoires.
Faire grandir MoTiVi, c’est donner davantage de place aux histoires qui aident les enfants à apprendre, à s’émerveiller et à se construire. La prochaine étape sera de transformer les premiers signes d’intérêt en résultats éducatifs documentés et de réunir les partenaires capables de faire vivre cette ambition à plus grande échelle.
Retrouvez en images les temps forts de la participation de Yolaine Yeck-Pang à la SAS 2026 dans nos prochains reportages.
