EDUKIA : au cœur de la SAS 2026, une intelligence artificielle pour ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse africaine

Heure de publication 19:10 - Temps de lecture : 3 min 49 s

Abdoulaye Ba, cofondateur d’EDUKIA, présente à la SAS 2026 une solution EdTech qui mobilise l’intelligence artificielle pour faciliter la réussite scolaire, personnaliser l’accompagnement des étudiants et rapprocher la jeunesse africaine des opportunités de formation et d’emploi. – © Abdoulaye Ba.

Texte par : Thalf Sall

À Paris, les 23 et 24 octobre 2026, la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) a mis en lumière EDUKIA, une plateforme éducative conçue pour aider les étudiants à mieux préparer leurs examens, accéder aux opportunités et construire leur avenir professionnel. Présentée par Abdoulaye Ba, cette initiative illustre une conviction : le numérique prend tout son sens lorsqu’il répond à des difficultés concrètes et donne aux jeunes les moyens d’agir.

Un étudiant peut travailler avec détermination et pourtant manquer une occasion décisive. Une ancienne épreuve introuvable, une bourse découverte trop tard, un stage auquel il ne sait pas comment postuler : dans les parcours universitaires, l’accès à l’information peut peser lourd.

Au Bénin, comme dans d’autres pays africains, les étudiants doivent parfois composer avec des ressources pédagogiques dispersées, un accompagnement individualisé insuffisant et des opportunités d’études ou d’emploi difficiles à identifier. Le problème ne tient donc pas seulement à la qualité de l’apprentissage, mais aussi à la capacité de chacun à trouver les bonnes ressources au bon moment.

C’est à cette intersection entre éducation, orientation et insertion professionnelle qu’intervient EDUKIA. Initiée par Abdoulaye Ba, spécialiste de l’intelligence artificielle, avec une équipe aux compétences complémentaires, la plateforme ambitionne de rapprocher les étudiants des outils et des informations utiles à leur réussite.

 

Une application qui rassemble les ressources et personnalise l’accompagnement

 

À la Mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris, lors de la quatrième édition de la SAS, les 23 et 24 octobre, EDUKIA a présenté son approche aux côtés d’une centaine d’intervenants venus exposer leurs initiatives et leurs engagements. Tous étaient invités à appliquer, pour la première fois dans leur parcours à la SAS, la logique du journalisme de solutions : expliquer le problème, montrer le fonctionnement de la réponse proposée, documenter les résultats et préciser les perspectives de développement.

Le principe d’EDUKIA est simple : réunir dans une même application des ressources jusque-là difficiles à retrouver. Les étudiants peuvent consulter des épreuves et des annales, accéder à des informations sur les bourses, les stages et les emplois, et bénéficier d’un accompagnement personnalisé grâce à Ketsia, le mentor fondé sur l’intelligence artificielle.

Ketsia aide notamment à organiser les révisions, à répondre aux questions et à suivre la progression de l’apprenant. L’objectif est de rendre le travail plus structuré et de mieux adapter les ressources aux besoins de chacun. L’application est accessible sur les principales plateformes mobiles.

 

Des premiers indicateurs et un modèle appelé à changer d’échelle

 

EDUKIA annonce, en septembre 2026, 35 000 inscrits, environ 3 000 utilisateurs actifs par mois et une présence au Bénin, au Sénégal et au Congo. Ces chiffres, communiqués par le projet, témoignent d’une première dynamique de déploiement.

La plateforme propose une formule gratuite limitée à cinq épreuves par mois et une offre complète annoncée à 2 000 francs CFA par mois depuis le 26 septembre 2026. Ce modèle vise à concilier accès initial aux ressources et financement du développement du service. Des organisations, fondations ou entreprises pourraient également contribuer à financer l’accès des étudiants qui disposent de moyens limités.

En avril 2026, EDUKIA a remporté le prix de la meilleure startup EdTech aux Africa CIO Awards, à Marrakech, une reconnaissance qui a renforcé sa visibilité dans l’écosystème de l’innovation numérique africaine.

Le passage à l’échelle suppose désormais de consolider l’usage régulier de l’application, de tenir compte des inégalités d’accès au smartphone et à Internet et de mesurer plus précisément les effets sur les apprentissages. L’équipe estime avoir besoin de 50 millions de francs CFA sur trois ans pour viser 30 000 utilisateurs actifs mensuels. Ce financement recherché constitue un objectif de développement.

 

À la SAS, démontrer pour mieux connecter les solutions

 

Au-delà de la démonstration technologique, la présentation d’EDUKIA à la SAS 2026 met en lumière un enjeu majeur : concevoir une intelligence artificielle qui réponde aux réalités des jeunes Africains. Abdoulaye Ba, cofondateur de la plateforme, défend cette approche : « L’intelligence artificielle ne doit pas reproduire des biais extérieurs. Elle doit être nourrie par nos propres données, nos propres réalités. »

Cette vision se traduit par une ambition concrète : faciliter l’accès aux ressources pédagogiques, personnaliser l’accompagnement des étudiants et leur permettre de repérer plus facilement les bourses, les stages et les emplois. Mais pour tenir cette promesse, la technologie doit rester accessible et s’adapter aux besoins des apprenants, quels que soient leur pays et leurs moyens.

« L’Afrique n’a pas seulement l’opportunité d’utiliser ces technologies : elle peut inventer un nouveau modèle éducatif, plus inclusif, plus personnalisé et davantage connecté aux réalités locales », souligne Abdoulaye Ba.

 

Trois regards sur le potentiel d’EDUKIA

 

Les échanges autour de la plateforme font ressortir plusieurs attentes : mieux préparer les examens, centraliser les informations utiles et élargir l’accès aux opportunités. Trois participants, venus respectivement du Togo, du Maroc et d’Algérie, apportent des éclairages complémentaires sur ces enjeux.

Emmanuel, participant venu du Togo, insiste sur l’accès aux ressources pédagogiques : « EDUKIA apporte une réponse concrète aux difficultés que rencontrent de nombreux étudiants pour accéder aux annales corrigées et préparer leurs examens. Le fait de réunir ces ressources sur une même plateforme peut faciliter les révisions et aider les jeunes à mieux organiser leur parcours scolaire. »

Amina, participante venue du Maroc, met en avant la complémentarité des services : « L’intérêt d’EDUKIA réside dans la complémentarité de ses fonctionnalités. Au-delà de la préparation aux examens, l’accès aux informations sur les bourses, les stages et les emplois peut aider les étudiants à mieux anticiper leur avenir et à saisir des opportunités qu’ils n’auraient pas forcément identifiées. »

Kahina, participante venue d’Algérie, souligne l’importance de l’accessibilité : « Cette initiative montre comment le numérique et l’intelligence artificielle peuvent contribuer à rendre les ressources éducatives plus accessibles. Pour toucher davantage de jeunes, il sera important de renforcer la diffusion de la plateforme et de veiller à ce que son utilisation reste possible pour les étudiants disposant de moyens limités. »

Ces trois regards mettent en évidence des priorités complémentaires : faciliter les apprentissages, mieux orienter les étudiants et éviter que les contraintes financières ou numériques ne limitent l’accès aux services. Ils rappellent qu’un intérêt exprimé pour une innovation ne suffit pas à démontrer son impact : celui-ci doit être évalué à partir des usages réels et des progrès observés.

 

De la visibilité aux résultats mesurables

 

À la SAS 2026, EDUKIA est ainsi confrontée à une question centrale : comment transformer une innovation prometteuse en un service accessible, utilisé durablement et capable de produire des résultats tangibles ? La réponse repose notamment sur la fidélisation des utilisateurs, le suivi des progrès des apprenants, la documentation des résultats et la construction de partenariats pertinents.

Les associations, les fondations et les entreprises pourraient contribuer à élargir l’accès à la plateforme, en particulier pour les étudiants qui disposent de ressources limitées. De telles coopérations permettraient de rapprocher l’innovation des besoins du terrain et de favoriser son déploiement dans de nouveaux contextes.

Révéler une solution lui donne de la visibilité ; documenter ses résultats permet d’en apprécier l’utilité ; la connecter aux bons partenaires crée les conditions de son développement. C’est dans cette articulation entre innovation, preuves et coopération que se jouera la prochaine étape d’EDUKIA. 

Retrouvez en images les temps forts de la participation d'EDUKIA à la SAS 2026 dans nos prochains reportages.


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