Darline Cothière au Ghana : une nouvelle mission pour celle qui a fait de l’écoute un levier d’action

Heure de publication 16:44 - Temps de lecture : 3 min 03 s

Darline Cothière ouvre une nouvelle page de son parcours au Ghana. Après 15 années à la tête de la Maison des journalistes à Paris, elle rejoint le réseau diplomatique et culturel français comme Conseillère de coopération et d’action culturelle et Directrice de l’Institut français du Ghana. – © Darline Cothière.

Texte par : Thalf Sall

Après quinze années à la tête de la Maison des journalistes à Paris, Darline Cothière ouvre une nouvelle page de son parcours. Nommée Conseillère de coopération et d’action culturelle et Directrice de l’Institut français du Ghana, elle entend mettre son expérience de la transmission, de la liberté d’expression et du dialogue interculturel au service du renforcement des relations entre la France et le Ghana. Une trajectoire qui illustre une même conviction : les ponts entre les sociétés se construisent d’abord par l’éducation, la culture, l’écoute et la capacité à agir.

La nouvelle a été annoncée par l’intéressée elle-même : Darline Cothière rejoint le réseau diplomatique et culturel français au Ghana. Après quinze années consacrées à la Maison des journalistes (MDJ), à Paris, elle prend désormais la responsabilité de la coopération et de l’action culturelle françaises dans le pays, tout en dirigeant l’Institut français du Ghana.

Cette évolution professionnelle ne constitue pas une rupture avec son parcours. Elle en prolonge au contraire les lignes de force : transmettre, créer des connexions, accompagner les trajectoires et transformer les espaces de rencontre en leviers d’action.

Docteure en sciences du langage, formée notamment à la Sorbonne Nouvelle, Darline Cothière a développé une expertise à la croisée de l’enseignement, des politiques linguistiques, de la communication et de la gestion de projets. Son parcours universitaire l’a notamment conduite à travailler sur l’acquisition du français en contexte créolophone.

Mais c’est à la Maison des journalistes que son engagement prend une dimension particulièrement forte.

 

Quinze années à transformer l’exil en espace de reconstruction

 

Créée en 2002, la Maison des journalistes accueille et accompagne en France des professionnels des médias contraints à l’exil en raison des menaces pesant sur leur liberté d’informer. En 2018, Darline Cothière indiquait que la structure avait déjà accueilli et accompagné 384 journalistes venus de 70 pays.

L’enjeu dépasse l’hébergement. Accompagnement administratif, accès aux droits, reconstruction professionnelle, expression journalistique et sensibilisation à la liberté de la presse composent un dispositif destiné à permettre aux journalistes exilés de retrouver progressivement leur autonomie et leur capacité d’action.

Sous la direction de Darline Cothière, cette expérience devient aussi un laboratoire du dialogue entre les cultures. La MDJ réunit des journalistes de nationalités et de parcours différents, mais liés par une même expérience de l’exil et de la répression. Elle les aide à poursuivre leur travail et à continuer à défendre la liberté d’informer.

Cette approche explique la cohérence de sa nouvelle mission. La coopération culturelle ne se résume pas à diffuser une langue ou à programmer des événements. Elle suppose de créer des espaces où les savoirs circulent, où les artistes et les chercheurs se rencontrent, où les étudiants construisent des passerelles et où les industries créatives peuvent devenir des moteurs de développement.

C’est précisément sur ces leviers que Darline Cothière souhaite désormais concentrer son action au Ghana. Elle cite la langue française, l’enseignement supérieur et la recherche, la culture et les industries culturelles et créatives parmi les principaux champs de sa mission.

 

Du refuge parisien au Ghana : changer d’échelle sans changer de méthode

 

Le changement de décor est considérable. Le principe directeur, lui, demeure. « Écouter, connecter, faciliter, agir » : les quatre verbes choisis par Darline Cothière pour définir cette nouvelle étape résument une conception de la coopération fondée moins sur les discours que sur la construction de relations durables.

Dans un pays anglophone comme le Ghana, où la coopération avec la France mobilise notamment la culture, l’enseignement supérieur, la recherche et les industries créatives, la question linguistique peut devenir un outil de rapprochement plutôt qu'une simple politique de diffusion. L’enjeu consiste à créer des espaces de circulation entre les communautés universitaires, artistiques, entrepreneuriales et culturelles.

Son expérience auprès de journalistes exilés apporte à cette mission une dimension supplémentaire : celle d’une professionnelle habituée à travailler avec des trajectoires complexes, à écouter avant d’agir et à faire émerger des solutions à partir des besoins réels des personnes.

Cette philosophie rejoint d’ailleurs pleinement celle de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), dont Darline Cothière est Ambassadrice de Solutions pour l’Afrique. Elle avait rejoint dès 2023 ce réseau créé pour mettre en lumière des femmes et des hommes engagés dans des initiatives constructives et porteuses d’impact.

Sa nomination comme Ambassadrice de Solutions pour l’Afrique n’était donc pas seulement honorifique. Elle reconnaissait déjà un parcours fondé sur la défense des libertés, la transmission et la création de liens entre les sociétés.

Quelques mois après avoir été élevée au grade de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, en juin 2026, cette nouvelle responsabilité internationale donne une portée supplémentaire à cette trajectoire. Lors de cette cérémonie à l’Hôtel de Ville de Paris, elle avait insisté sur la place de l’éducation, de la culture et de la langue dans le rapprochement entre les peuples.

Son parcours dessine ainsi une continuité remarquable : partir de l’expérience de l’exil pour accompagner ceux qui le vivent ; travailler à la défense de la liberté d’expression ; transmettre par l’éducation ; puis contribuer, à une autre échelle, à la coopération entre deux pays et deux sociétés.

Au Ghana, Darline Cothière devra désormais transformer cette expérience en nouvelles alliances, de nouveaux projets et de nouvelles opportunités. Sa mission sera aussi d’identifier les initiatives qui méritent d’être accompagnées, de connecter les talents et de favoriser les échanges entre les écosystèmes français et ghanéens.

L’approche est résolument tournée vers l’impact. Il ne s’agit pas seulement de représenter une institution, mais de faire de la culture, de l’éducation, de la recherche et de la création des instruments concrets de rapprochement.


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