Jean-Célestin Edjangué sur Telesud : « l’Afrique ne manque pas de solutions »
Heure de publication 08:15 - Temps de lecture : 3 min 08 s
Jean-Célestin Edjangué, membre du comité d’organisation de la SAS, répond aux questions de la journaliste de Global Africa Telesud et présente les enjeux de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), prévue les 23 et 24 octobre 2026 à Paris. – © Global Africa Telesud.
Texte par : Thalf Sall
Invité du JT de Global Africa Telesud, mercredi 23 septembre 2026, Jean-Célestin Edjangué a présenté les enjeux de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), prévue les 23 et 24 octobre à Paris. Au fil de son intervention, le journaliste, auteur et formateur a défendu une conviction : l’Afrique ne manque ni d’initiatives ni de talents, mais nombre de ses solutions restent insuffisamment documentées, visibles, connectées et accompagnées vers le changement d’échelle.
Dès son intervention, Jean-Célestin Edjangué invite à regarder le continent dans toute sa diversité. Avec ses 54 pays, l’Afrique connaît des trajectoires économiques, sociales, technologiques et politiques différentes. Il évoque notamment la progression spectaculaire du numérique, du mobile money, des solutions énergétiques décentralisées et de l’entrepreneuriat, autant de transformations qui témoignent d’une capacité croissante à produire des réponses adaptées aux réalités locales.
Cette dynamique ne doit toutefois pas conduire à occulter les difficultés persistantes. Accès à l’électricité, industrialisation, emploi, éducation, santé, infrastructures, financement, inclusion ou encore égalité entre les femmes et les hommes demeurent des enjeux majeurs. Pour Edjangué, l’enjeu consiste précisément à tenir ensemble ces deux réalités : documenter les défis sans réduire l’Afrique à ses problèmes et rendre visibles les réponses qui émergent sur le terrain.
C’est dans cette perspective qu’il défend, au nom de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), une approche fondée sur les « pôles de solutions » plutôt que sur une compétition entre pays africains. Kenya, Rwanda, Ghana, Sénégal, Côte d’Ivoire, Maroc, Égypte, Afrique du Sud ou Nigeria présentent chacun des expériences et des écosystèmes différents. L’intérêt est, selon cette logique, de faire circuler les expériences et les savoir-faire plutôt que de désigner un modèle unique.
Le journalisme de solutions, de l’information à l’impact
L’un des axes forts de l’intervention concerne le journalisme de solutions. Jean-Célestin Edjangué insiste sur une distinction essentielle : cette démarche n’est ni du journalisme positif ni une opération de communication. Elle part d’un problème réel, en examine les causes, puis cherche à comprendre qui agit, comment la réponse fonctionne, quels résultats elle produit, quelles sont ses limites et dans quelles conditions elle pourrait être reproduite ou développée.
Cette méthode constitue l’un des piliers de la SAS. Depuis 2023, l’initiative a formé 200 journalistes en Afrique et dans la diaspora, avec une ambition de 50 journalistes formés chaque année. L’École panafricaine de journalisme de solutions, lancée au Maroc en 2024, s’inscrit dans cette dynamique, avec la perspective d’un écosystème médiatique comprenant notamment télévision, radio, magazine et agence de presse.
Le programme officiel de la SAS 2026 donne une traduction concrète à cette ambition. Une Newsroom internationale du journalisme de solutions réunira étudiants, enseignants, journalistes et professionnels des médias pour produire des contenus en conditions réelles. L’École panafricaine de journalisme de solutions, la promotion du journalisme de solutions en Afrique et le projet de Groupe international de presse 100 % solutions figurent également parmi les projets structurants présentés à Paris.
« Génération Solutions » : passer du rendez-vous à l’écosystème
Pour Jean-Célestin Edjangué, la 4ᵉ édition de la SAS doit précisément permettre ce changement d’échelle. Placée sous le thème « Génération Solutions : l’Afrique qui crée, ose et transforme », elle se tiendra les 23 et 24 octobre 2026 à la Mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris. Le programme prévoit pitchs, ateliers, Labs, témoignages, expositions, formations, reportages, émissions, rencontres, distinctions, dédicaces et mises en relation.
Mais derrière cette diversité de formats, l’ambition présentée à l’antenne est plus large : faire de la SAS une plateforme où les idées peuvent rencontrer des compétences, des médias, des investisseurs, des institutions et des partenaires.
Le programme officiel prévoit la présentation de huit projets structurants sur les vingt projets phares de la SAS, avec présentation des acteurs engagés, signature de conventions et mobilisation de financements. Parmi eux figurent le Musée digital des solutions africaines, la Bande dessinée des solutions africaines, le programme Jeunes Citoyens Médias et Vérité, la promotion du journalisme de solutions et African Talent Impact 100, destiné à connecter 100 talents africains à 100 mentors et 100 opportunités structurantes.
Le deuxième jour, le Lab des Médias de Solutions – « Raconter l’Afrique autrement : de l’information à l’impact » prolongera cette réflexion avec une question centrale : comment produire des médias capables de transformer les perceptions et les réalités ? Des rencontres B2B, des signatures de partenariats et des dispositifs de mise en relation entre solutionneurs, investisseurs et partenaires compléteront cette logique.
Ainsi, le message porté par Jean-Célestin Edjangué rejoint directement la philosophie de cette 4ᵉ édition : « L’Afrique ne manque pas de solutions ». Le véritable enjeu est de mieux les identifier, les documenter, les raconter, les connecter et créer les conditions de leur développement.
Avec « Génération Solutions », la SAS entend donc dépasser le cadre d’un rendez-vous de deux jours pour construire progressivement un écosystème durable, dans lequel les rencontres débouchent sur des collaborations, des financements, du mentorat, de la visibilité médiatique et de nouveaux projets.
