Paris célèbre la puissance des mots : une nouvelle génération francophone fait vibrer l’art de l’éloquence
Heure de publication 20:40 - Temps de lecture : 3 min 17 s
Sous le regard attentif d’un jury d’experts, la 4ᵉ édition du Concours d’Éloquence Francophone a célébré bien davantage que la seule maîtrise de l’art oratoire : une francophonie vivante, inclusive et résolument tournée vers l’avenir, où la parole des jeunes s’est harmonieusement mêlée aux arts, aux cultures et aux valeurs du dialogue et du vivre-ensemble. – © ANEWS.
Texte par : Thalf Sall
À l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, au cœur du 16ᵉ arrondissement de Paris, la 4ᵉ édition du Concours d’Éloquence Francophone a réuni de jeunes talents venus de dix pays. Entre prises de parole inspirantes, engagements culturels et solidarité internationale, l’événement a confirmé que la francophonie demeure un espace vivant de dialogue, de transmission et d’espoir partagé.
Paris, jeudi 2 avril, dans le prestigieux écrin de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, située rue La Pérouse, la langue française s’est faite passerelle entre les continents. La 4ᵉ édition du Concours d’Éloquence Francophone a rassemblé des élèves âgés de 9 à 19 ans, venus de dix pays francophones, autour d’un thème ambitieux et profondément actuel : « Comment les mots d’ici et d’ailleurs dessinent votre monde ? »
Bien plus qu’une compétition oratoire, l’événement s’est imposé comme un espace d’expression citoyenne où la parole des jeunes devient un levier de réflexion sur le monde et ses transformations. À travers des vidéos de prises de parole et des prestations vivantes, les candidats ont démontré une maîtrise étonnante de la langue française, mais surtout une capacité rare à penser, questionner et proposer.
La cérémonie, ponctuée de lectures et d’interludes culturels, a donné à l’ensemble une dimension artistique et pédagogique. Chaque intervention a rappelé que la francophonie ne se limite pas à une langue commune, mais constitue un espace de diversité culturelle et d’intelligence collective.
L’originalité de cette édition résidait dans son engagement solidaire. L’entrée, gratuite, invitait les participants à apporter un livre afin de contribuer à la création d’une bibliothèque à Madagascar. Ce geste symbolique a transformé le public en acteur concret de la transmission du savoir, renforçant la dimension éducative du projet.
Porté par une équipe engagée, le concours a bénéficié du soutien de plusieurs acteurs institutionnels et culturels. L’accueil de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, incarné par son Secrétaire perpétuel, Dominique Barjot, ainsi que l’implication de partenaires associatifs et éducatifs, ont permis d’ancrer cette édition dans un cadre à la fois prestigieux et ouvert.
Les organisateurs ont salué la participation active d’établissements scolaires, notamment le Cours Charlemagne du réseau Espérance Banlieues, dont les élèves ont apporté énergie et spontanéité à la cérémonie. Les échanges ont aussi été enrichis par la présence de personnalités engagées dans la promotion de la francophonie, de l’éducation et de la jeunesse.
Un jury d’excellence et une francophonie en action
Le jury, présidé par une experte reconnue de l’éloquence, Mahi Traoré, a réuni plusieurs figures du monde académique et culturel, chargées d’évaluer la qualité des discours, la force argumentative et la capacité des candidats à incarner leur propos. Leur mission : distinguer non seulement la performance orale, mais aussi la profondeur du message porté par chaque jeune orateur.
Au-delà des distinctions, c’est l’esprit du concours qui a dominé cette journée : celui d’une francophonie ouverte, inclusive et tournée vers l’avenir. Les interventions des partenaires institutionnels ont souligné l’importance du dialogue interculturel et de la coopération entre les pays francophones.
Moment fort de la cérémonie, la diversité des performances a été sublimée par des interludes musicaux et artistiques, rappelant que la parole ne vit jamais seule, mais s’inscrit dans un écosystème culturel riche et partagé. Le buffet proposé par une équipe culinaire engagée a prolongé cette immersion dans les cultures du monde, offrant un véritable voyage sensoriel aux participants.
En refermant cette édition, une conviction s’impose : la jeunesse francophone ne se contente plus d’apprendre à parler, elle apprend à penser le monde et à le transformer par les mots. Dans un contexte global marqué par les fractures et les replis identitaires, ce concours rappelle avec force que la langue française peut encore être un espace de rencontre, de construction et d’espérance.
