Chilly-Mazarin : EFAPO fait de la mémoire de l’esclavage un enjeu citoyen

Heure de publication : 13:20 - Temps de lecture : 3 min 11 s

Autour d’Awa Ba, présidente de l’association EFAPO, plusieurs personnalités institutionnelles et associatives, dont Rafika Rezgui, maire de Chilly-Mazarin, ainsi que les maires de Massy et de Morsang-sur-Orge, ont pris part à cette semaine de commémoration dédiée à la mémoire de l’esclavage et à la transmission des valeurs de dialogue et de vivre-ensemble. – © Ville de Chilly-Mazarin.

Texte par : Thalf Sall

À Chilly-Mazarin, en région parisienne, la mémoire de l’esclavage s’est invitée au cœur de l’espace public à travers une semaine de commémoration marquée par des échanges citoyens, des expressions culturelles et une forte mobilisation associative. Portée par l’association EFAPO, cette initiative a réuni élus, artistes, habitants et acteurs engagés autour d’un même objectif : transmettre l’histoire pour mieux construire le vivre-ensemble.

Depuis le 4 mai 2026, la ville de Chilly-Mazarin vit au rythme d’une semaine de commémoration consacrée à l’histoire de l’esclavage et à la transmission des mémoires. Organisée par l’association EFAPO, en partenariat avec la municipalité et plusieurs associations locales telles que Rayons Soleil et O’Bel Karaïbes, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions célébrée chaque 10 mai en France.

Point central de cette mobilisation, la journée du samedi 9 mai 2026 a rassemblé un large public à la salle du parc de l’Hôtel de Ville autour du thème : « L’histoire de l’esclavage ». Dès l’ouverture, plusieurs personnalités institutionnelles et associatives ont marqué leur présence, notamment Awa Ba, présidente de l’association EFAPO, Rafika Rezgui, maire de Chilly-Mazarin, ainsi que les maires des villes de Massy et de Morsang-sur-Orge, aux côtés des partenaires associatifs engagés dans cette démarche mémorielle.

Au-delà de sa dimension symbolique, l’événement s’est voulu accessible, participatif et profondément humain. Des stands de restauration et d’artisanat ont permis de mettre en lumière les cultures africaines et caribéennes dans une atmosphère conviviale, propice aux rencontres et aux échanges intergénérationnels. Cette approche a contribué à faire de cette journée un véritable espace de dialogue citoyen autour de l’histoire, de la mémoire et du vivre-ensemble.

 

Comprendre le passé pour construire l’avenir

 

Tout au long de la journée, conférences, discussions et prises de parole ont nourri une réflexion collective sur les héritages de l’esclavage et leurs résonances contemporaines. Les échanges, animés notamment par l’auteur-conférencier Alain Kenfack et Maître Ngwanza Nathan, avocat au barreau de l’Essonne, ont permis d’aborder les enjeux historiques, sociaux et éducatifs liés à la mémoire de l’esclavage.

Les intervenants ont rappelé l’importance de transmettre cette histoire aux jeunes générations afin de lutter contre l’oubli, les discriminations et les préjugés persistants. En France, cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la loi Taubira de 2001, qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.

À Chilly-Mazarin, cette volonté pédagogique s’est également traduite par une exposition consacrée à l’histoire de la négritude et des résistances afro-descendantes, présentée tout au long de la semaine. À travers documents, récits et supports visuels, le public a pu mieux comprendre les combats menés pour la liberté, la dignité et l’égalité.

Dans un contexte international marqué par les débats sur les mémoires coloniales et les questions identitaires, les organisateurs ont insisté sur la nécessité de créer des espaces de dialogue apaisés, capables de rapprocher les générations et les cultures autour d’une mémoire partagée.

 

La culture et le recueillement au cœur de la transmission

 

La clôture de la journée du 9 mai a accordé une place importante à l’expression artistique, considérée comme un puissant vecteur de mémoire et de résilience. Le groupe O’Bel K’raïbes a offert une prestation saluée par le public, portée par des rythmes et des sonorités inspirés des traditions caribéennes. La chanteuse Aïssata Baldé a aussi livré une performance empreinte d’émotion et de spiritualité, rappelant la force de la culture dans la transmission des mémoires.

Mais cette semaine de commémoration ne s’arrêtera pas là. Elle s’achèvera ce dimanche 10 mai 2026 par un moment de recueillement autour de l’Arbre de Liberté, dans le parc de l’Hôtel de Ville de Chilly-Mazarin. Ce dépôt de gerbe, organisé en partenariat avec la municipalité, constituera un temps fort à la fois solennel et symbolique en hommage aux victimes de l’esclavage et de la traite négrière.

La cérémonie sera suivie d’un moment convivial pensé comme un espace de rencontre et de partage entre les habitants, dans le prolongement de l’esprit de cohésion, de transmission et de dialogue porté tout au long de cette semaine mémorielle.

À travers cette initiative, l’association EFAPO et ses partenaires rappellent que la mémoire de l’esclavage ne relève pas uniquement du passé. Elle demeure un enjeu contemporain majeur pour promouvoir l’éducation, la justice, la fraternité et la construction de sociétés plus inclusives.


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