Alors que l’intelligence artificielle redessine les équilibres économiques mondiaux, un paradoxe persiste : l’Afrique représente 19 % de la population mondiale mais moins de 1 % de la capacité de calcul global. C’est dans cet écart structurel que s’inscrit le combat de Kate Kallot. Ancienne dirigeante chez NVIDIA, Arm et Intel, la fondatrice d’Amini construit aujourd’hui une infrastructure souveraine de données et de calcul pour l’Afrique et le Sud global. Son ambition : permettre au continent de ne plus seulement consommer l’IA, mais de la produire, l’entraîner et la gouverner.
#souveraineténumérique
Finaliste du AI for Good Summit, la plateforme sénégalaise DandéPlay s’attaque à un défi méconnu mais majeur : l’invisibilité numérique d’une grande partie de la création culturelle africaine. Grâce à l’intelligence artificielle, cette innovation ambitionne de transformer des milliers d’œuvres oubliées en actifs identifiables, protégés et rémunérateurs pour leurs créateurs.
L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme l’un des moteurs majeurs de transformation économique et sociale dans le monde. Mais pour l’Afrique, la question ne se limite plus à l’adoption de ces technologies. Elle interroge désormais la capacité du continent à en maîtriser les usages, à structurer ses propres modèles et à en tirer une valeur durable. C’est dans ce contexte que l’expert et observateur des dynamiques numériques, Abdoulaye Ba, a été invité sur le plateau de l’émission « Ça dit quoi dans la presse africaine ? » diffusée sur MEDI1TV. Son intervention a permis de replacer le débat de l’intelligence artificielle dans une perspective africaine, loin des discours uniquement technologiques, en mettant l’accent sur les conditions structurelles nécessaires à son développement.
Entre la Côte d’Ivoire et la France, CERCO engage une transformation stratégique qui dépasse le cadre entrepreneurial classique. En articulant intelligence artificielle, formation des talents et industrialisation technologique, l’entreprise portée par Alain Capo-Chichi entend structurer un modèle de co-développement inédit entre l’Afrique et l’Europe. Soutenue par des partenaires institutionnels français, cette dynamique ambitionne de faire émerger un écosystème transcontinental capable de produire, innover et rivaliser à l’échelle internationale.
Derrière les infrastructures visibles du numérique se cache un levier stratégique encore largement sous-exploité en Afrique : les numéros fixes virtuels. Pour l’ingénieur et entrepreneur camerounais Pierre-François Kamanou, ces identifiants numériques pourraient devenir un outil majeur de modernisation des économies africaines, de sécurisation des services numériques et d’inclusion financière. À travers une série de propositions concrètes, fondées sur plusieurs décennies d’expérience dans les télécommunications, il invite les décideurs publics à repenser la régulation du secteur pour faire émerger un écosystème numérique plus souverain, plus compétitif et plus inclusif.
En donnant une place aux langues africaines dans les bases de données qui alimentent l’intelligence artificielle mondiale, la startup OneNine s’attaque à l’un des angles morts les plus persistants de la révolution numérique. Fondée par l’entrepreneur sénégalais Doudou Ba, l’entreprise développe une infrastructure linguistique destinée à rendre l’IA plus inclusive, plus représentative et plus utile pour des millions d’Africains. Une réponse concrète à un problème mondial encore largement sous-estimé : l’exclusion linguistique dans les technologies de demain.
Dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, des millions de personnes disposent d’un téléphone portable, utilisent quotidiennement le Mobile Money et participent à l’économie locale, mais restent exclues des paiements numériques internationaux. Sans carte Visa ou Mastercard, impossible de payer une formation en ligne, un abonnement Internet, un logiciel professionnel ou un service numérique mondial. Au Niger, la fintech SAMPAY Africa a choisi de partir de cette réalité pour construire une solution simple, accessible et adaptée au terrain. En connectant les portefeuilles Mobile Money aux réseaux de paiement internationaux, elle permet aujourd’hui à des milliers d’utilisateurs de « payer local pour vivre global ». Une initiative qui illustre comment l’innovation africaine peut répondre à des défis structurels tout en ouvrant de nouvelles perspectives économiques.
Cybersécurité en Afrique : quand les solutions locales deviennent un enjeu de souveraineté numérique
Dans un contexte où les cyberattaques exposent de manière croissante les fragilités des économies africaines, une nouvelle génération d’acteurs technologiques s’engage pour reprendre la maîtrise du numérique. Sur le continent, CyberSpector s’impose comme une réponse stratégique, repositionnant la cybersécurité comme un outil de gouvernance, de prévention et de souveraineté numérique.
Face aux enjeux croissants de sécurité des données, de dépendance technologique et de gouvernance numérique, le Mali engage une réponse structurante. En inaugurant un datacenter de dernière génération à Bamako, le pays affirme une ambition claire : reprendre le contrôle de ses données stratégiques et contribuer à l’émergence d’une souveraineté numérique renforcée au sein de l’espace AES.
Longtemps dépendants d’infrastructures numériques hébergées hors de leurs frontières, de nombreux États africains peinent à garantir la sécurité, la maîtrise et la valeur stratégique de leurs données publiques. En inaugurant deux datacenters modulaires de nouvelle génération à Ouagadougou, le Burkina Faso fait un choix structurant : reprendre le contrôle de ses données, moderniser son administration et inscrire sa transformation digitale dans une logique de souveraineté, d’efficacité et de durabilité.
Et si l’avenir de l’intelligence artificielle inclusive se dessinait depuis l’Afrique pour rayonner dans le monde entier ? À l’intersection de l’innovation, de l’éducation et de la souveraineté numérique, iYara et la Fondation Tamkine pour l’Excellence et la Créativité ont consolidé un partenariat stratégique ambitieux, incarnant une coopération Sud–Sud tournée vers un impact global et durable. Ce lien a été officiellement scellé lors du Pré-Sommet de Fès sur l’intelligence artificielle, le mercredi 21 janvier 2026, trois mois après la 3ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) à Paris, où les deux organisations avaient déjà jeté les bases de relations professionnelles solides et prometteuses.
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