SAS : dix chantiers pour révéler les talents africains et afrodescendants

Heure de publication 18:22 - Temps de lecture : 4 min 11 s

La jeunesse africaine et afrodescendante au cœur d'une nouvelle dynamique d'action et d'opportunités. À travers dix grands chantiers lancés dès 2027, la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) entend connecter les talents, accompagner les initiatives, valoriser les parcours inspirants et créer des passerelles concrètes entre l’Afrique, ses diasporas et le reste du monde. – © IG.

Texte par : Thalf Sall

Dès 2027, la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) franchit un nouveau cap avec dix grands chantiers structurants pour révéler le potentiel, libérer les talents et accélérer l’avenir des jeunes africains et afrodescendants. African Talent Impact 100, un Programme panafricain de mentorat, un Répertoire numérique des talents africains à l’étranger, un Magazine consacré aux étudiants et jeunes diplômés africains à l’international, un livre des 100 parcours étudiants africains et afrodescendants inspirants, la Web TV « Retour en Afrique », le Talent Lab Afrique, l’Observatoire des talents africains en mobilité, l’African Students & Talents Forum et le programme « Les Solutions africaines près de chez vous ». Une ambition structurante : connecter les compétences aux opportunités, accompagner les projets à impact, documenter les nouvelles générations et porter l’innovation africaine et afrodescendantes au cœur des territoires. Au-delà de son rendez-vous annuel, la SAS construit un écosystème international qui fonctionne toute l’année.

Dans la Salle des Fêtes de la Mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris, les 23 et 24 octobre 2026, la quatrième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) a une nouvelle fois mis en lumière des femmes et des hommes qui inventent, entreprennent, recherchent et construisent des réponses aux défis africains. Mais derrière les présentations, les témoignages et les rencontres se dessine une question essentielle : comment faire durer les connexions créées pendant un événement ? Comment permettre aux initiatives présentées de trouver des partenaires, des financements, des compétences et de nouveaux publics ?

Car une innovation, aussi pertinente soit-elle, ne change pas durablement la société par sa seule existence. Elle doit être connue, comprise, accompagnée, financée et parfois adaptée à d'autres territoires. Les talents, eux aussi, ont besoin de réseaux, de mentors et de passerelles pour transformer leurs connaissances en réalisations.

C'est sur cette continuité que la SAS souhaite désormais travailler. Fidèle à son ADN, le journalisme de solutions, elle veut associer son expertise éditoriale à des programmes de coopération, d'accompagnement et de transmission. Sa singularité : ne pas se limiter à raconter les initiatives, mais contribuer à rapprocher les personnes et les ressources susceptibles de leur donner une nouvelle portée.

 

Connecter, accompagner et faire émerger : trois leviers pour libérer le potentiel des talents

 

Premier dispositif fédérateur, African Talent Impact 100 porte une ambition lisible : 100 talents, 100 mentors, 100 opportunités. Chaque année, des étudiants, jeunes diplômés, chercheurs et professionnels africains seront intégrés à un réseau international leur donnant accès à des stages, emplois, bourses, financements, collaborations scientifiques ou partenariats entrepreneuriaux. L'enjeu est de transformer les mises en relation en possibilités concrètes et mesurables.

Pour donner de la profondeur à cette démarche, un Programme panafricain de mentorat mobilisera des professionnels de l'entreprise, de la recherche, de la finance, des institutions, de la technologie et de la diaspora. Chaque bénéficiaire sera accompagné par un mentor correspondant à son domaine et à ses ambitions. Au-delà d'une rencontre ponctuelle, il s'agira de construire une relation dans la durée : conseils, ouverture de réseau, préparation à l'emploi, orientation entrepreneuriale et partage d'expérience.

Le troisième levier, le Talent Lab Afrique, s'adressera aux porteurs de projets qui souhaitent franchir le cap entre l'idée et la réalisation. Formations, expertise sectorielle, structuration économique, gouvernance, communication, préparation au financement et rencontres avec des investisseurs constitueront les principales composantes de ce parcours. Les initiatives les plus abouties seront présentées à la SAS. La finalité est de contribuer à faire émerger des projets solides, capables de répondre à des besoins identifiés et de changer d'échelle.

 

Identifier, documenter et raconter : mieux connaître les talents africains dans le monde

 

Des milliers d'étudiants, doctorants, chercheurs et jeunes professionnels africains construisent leurs compétences à l'étranger. Leurs expériences, leurs expertises et leurs projets constituent une ressource considérable, mais souvent dispersée. La SAS envisage donc un Répertoire numérique des talents africains à l'étranger. Avec le consentement des intéressés, cet outil recensera leurs formations, spécialités, recherches, compétences, expériences et possibilités de collaboration avec l'Afrique et ses diasporas.

À cette cartographie s'ajoutera un Observatoire des talents africains en mobilité. Sa vocation sera de produire des données et des analyses sur les destinations d'études, les disciplines, les parcours professionnels, les difficultés rencontrées, les intentions de retour et les différentes formes de contribution aux pays d'origine. Cette connaissance éclairera les universités, les entreprises, les institutions et les organisations de la diaspora.

Mais les données ne racontent pas tout. Il faut aussi donner un visage à ces parcours. C'est le rôle du Magazine annuel, consacré aux étudiants et jeunes diplômés africains à l'international. Réussites, échecs, reconversions, recherches, engagements, difficultés et projets y seront documentés sans idéaliser les trajectoires.

Un livre annuel, « 100 parcours étudiants africains et afrodescendants inspirants », prolongera ce travail. À travers cent portraits, il s'agira de montrer les chemins parcourus, les obstacles surmontés, les rencontres décisives et les contributions envisagées pour les sociétés africaines et leurs diasporas.

Enfin, la Web TV « Retour en Afrique » explorera une réalité souvent réduite à l'alternative entre partir et revenir. Elle montrera celles et ceux qui rentrent créer une entreprise, enseignent dans une université, rejoignent un laboratoire, investissent dans leur pays ou développent une startup. Elle racontera également les retours temporaires, les collaborations transnationales et les transferts de compétences. Son message : on peut vivre ailleurs et construire avec l'Afrique.

 

Transmettre les solutions aux nouvelles générations : des territoires aux réseaux internationaux

 

La SAS veut aussi sortir des espaces habituels de rencontre pour aller directement vers les jeunes. Avec « Les Solutions africaines près de chez vous », elle envisage de diffuser dès l’année prochaine des innovations africaines et afrodescendantes dans les écoles, collèges, lycées, universités, quartiers populaires et associations.

Rencontres avec des entrepreneurs, témoignages de chercheurs, ateliers, expositions, projections et challenges étudiants permettront de découvrir des réponses concrètes dans la santé, l'éducation, l'agriculture, le numérique, l'environnement ou l'emploi. L'objectif est de susciter des vocations, de rapprocher les jeunes de modèles inspirants et de montrer que l'Afrique est aussi un espace de recherche, de créativité et de production de solutions.

Cette démarche sera prolongée par des journées dédiées aux solutions africaines et afrodescendantes, un réseau d'établissements partenaires et un Passeport des Solutions africaines permettant aux participants de découvrir différentes initiatives et de prendre part à des ateliers.

Dixième dimension de cette architecture, l'African Students & Talents Forum réunira chaque année étudiants, chercheurs, entrepreneurs, universités, entreprises, investisseurs, institutions publiques et représentants de la diaspora. Quatre questions structureront les échanges : qui sont les talents africains ? Que font-ils ? De quoi ont-ils besoin ? Comment peuvent-ils contribuer au continent ? Ce rendez-vous deviendra un espace de dialogue, de coopération et de construction de partenariats entre les différents acteurs.

 

Dix chantiers, une même ambition : construire un écosystème actif toute l'année

 

Ces dix programmes ont vocation à fonctionner de manière complémentaire. African Talent Impact 100 connectera les compétences aux opportunités ; le mentorat et le Talent Lab accompagneront les parcours et les projets ; le répertoire et l'Observatoire rendront les talents plus visibles et mieux connus ; le magazine, le livre et la Web TV documenteront leurs expériences ; les Solutions africaines près de chez vous assureront la transmission auprès des jeunes ; l'African Students & Talents Forum favorisera les rencontres et les coopérations.

Le défi sera désormais de transformer cette ambition en réalisations. Cela suppose de mobiliser des partenaires académiques, économiques, institutionnels et associatifs, de définir des responsabilités, de sécuriser les ressources nécessaires et de suivre des indicateurs précis : opportunités obtenues, projets accompagnés, collaborations engagées, talents mobilisés et établissements touchés.


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