Journée des droits des femmes : à Kinshasa, une ONG éveille les consciences des plus jeunes
Heure de publication 15:40 - Temps de lecture : 3 min 14 s
Lors d’une rencontre d’échange organisée à Kinshasa, Eloge Luyela sensibilise des enfants aux droits des filles et à l’importance de l’éducation, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes. – © DR.
Texte par : Papy BWABUY/RDC
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque année le 8 mars, une initiative citoyenne a réuni à Kinshasa une vingtaine d’enfants autour d’un moment d’échange et de sensibilisation. À l’initiative d’Eloge Luyela, présidente de l’ONG Sourire dans nos villages, cette rencontre visait à expliquer aux plus jeunes l’importance de l’égalité entre filles et garçons et la nécessité de défendre les droits fondamentaux dès le plus jeune âge.
Dans un contexte où les inégalités de genre restent encore une réalité dans plusieurs sociétés, notamment en Afrique subsaharienne, les initiatives de sensibilisation auprès des jeunes générations jouent un rôle déterminant. C’est dans cet esprit qu’Eloge Luyela a organisé, dans l’après-midi du 8 mars 2026, une rencontre d’échange avec des enfants accompagnés par son organisation Sourire dans nos villages (SDV).
L’activité, organisée à son domicile dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, a réuni une vingtaine d’enfants bénéficiaires de l’association. Pendant près d’une heure, ces derniers ont participé à un moment de discussion et de sensibilisation autour du thème retenu cette année pour la Journée internationale des droits des femmes : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles ».
Dans une atmosphère conviviale et pédagogique, Eloge Luyela a pris le temps d’expliquer aux enfants, en lingala – la langue la plus parlée dans la capitale congolaise – la signification de ce thème et les enjeux qu’il soulève.
L’éducation des filles au cœur du message
Au cours de cet échange, la responsable associative a insisté sur l’importance de garantir l’égalité entre les filles et les garçons, en particulier dans l’accès à l’éducation et aux opportunités d’avenir.
Dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo, certaines traditions et réalités socio-économiques continuent en effet de limiter les perspectives des jeunes filles. Selon les données de l’UNESCO, les filles sont encore plus exposées que les garçons au risque d’abandon scolaire, souvent en raison de mariages précoces ou de contraintes familiales.
Face à cette situation, Eloge Luyela a rappelé que l’éducation constitue l’un des leviers les plus puissants pour renforcer l’autonomie des femmes et favoriser le développement des sociétés.
« Les filles doivent comprendre très tôt qu’elles ont les mêmes droits que les garçons et qu’elles peuvent aussi poursuivre leurs études et réaliser leurs ambitions », a-t-elle expliqué aux enfants.
Pour elle, le thème international de cette année appelle non seulement à la reconnaissance des droits des femmes, mais aussi à des actions concrètes pour surmonter les obstacles qui freinent encore l’égalité dans plusieurs domaines, notamment l’éducation, la justice et la protection sociale.
Un dialogue direct avec les enfants
L’échange s’est également voulu participatif. Les enfants présents ont pu poser des questions et partager leurs préoccupations, notamment sur l’école, les droits des filles et les valeurs à défendre dans leur quotidien.
Encouragés par l’animatrice de la rencontre, ils ont été invités à cultiver des valeurs essentielles telles que le respect, la solidarité et la justice.
Pour les responsables de l’ONG Sourire dans nos villages, ces moments de dialogue constituent un outil essentiel pour accompagner les jeunes dans leur développement personnel et citoyen.
Au-delà du soutien scolaire que l’organisation apporte aux enfants issus de milieux défavorisés, l’association s’engage également dans des actions de sensibilisation sur les droits humains, l’éducation et la protection de l’enfance.
Former une génération consciente de ses droits
À travers cette initiative, Eloge Luyela souhaite contribuer à un changement progressif des mentalités, en commençant par les plus jeunes. Pour elle, sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge constitue une étape essentielle pour bâtir une société plus juste et plus équilibrée.
Dans un pays où les inégalités de genre demeurent un défi majeur, notamment dans les zones rurales, la promotion de l’éducation et des droits des filles apparaît comme une priorité.
La rencontre organisée à Kinshasa rappelle ainsi que la défense des droits des femmes ne se limite pas aux discours institutionnels. Elle se construit aussi, jour après jour, dans les actions locales, les initiatives citoyennes et l’éducation des nouvelles générations.
Car c’est peut-être dans ces échanges simples avec les enfants que se dessinent les fondations d’un avenir plus équitable pour les femmes et les filles en République démocratique du Congo.
Note de la rédaction :
Ce compte rendu s’inscrit dans le cadre de la préparation de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), prévue les 23 et 24 octobre 2026 à Paris. Son auteur, Papy Bwabuy (RDC), suit depuis le 15 janvier une formation consacrée au journalisme de solutions. Cette production journalistique relève d’une démarche pédagogique visant à mettre en pratique les fondamentaux du métier de journaliste, tout en mettant en lumière des initiatives locales porteuses d’impact positif au sein des communautés africaines.
