“Village zéro déchet plastique” : à Lomé, une mobilisation citoyenne pour repenser la gestion des déchets
Heure de publication 16:08 - Temps de lecture : 3 min 48 s
Texte par : Anselme Ahli SODJI
Le 7 mars 2026, une vingtaine de jeunes activistes environnementaux ont lancé à Lomé la phase prototype du projet “Village zéro déchet plastique”. Initiée par le mouvement Let’s Do It Togo, cette action citoyenne vise à comprendre l’origine des déchets plastiques et à sensibiliser citoyens, entreprises et décideurs aux solutions durables pour préserver l’environnement.
Lomé, capitale du Togo, a accueilli le samedi 7 mars 2026 le lancement de la phase prototype du projet « Village zéro déchet plastique », une initiative citoyenne portée par des organisations de jeunesse engagées dans la protection de l’environnement. L’activité s’est déroulée dès 6h30 sur la plage de Lomé et a mobilisé pendant quatre heures une vingtaine de jeunes activistes issus de plusieurs organisations environnementales et associatives.
Placée sous le thème « Le masque tombe : qui produit vraiment nos déchets ? », cette première phase expérimentale avait pour ambition d’identifier les sources de pollution plastique tout en sensibilisant la population aux responsabilités collectives face à la crise environnementale.
Le projet est porté par Noël Nyadanu, président du mouvement Let’s Do It Togo, connu pour ses actions de mobilisation citoyenne en faveur de la propreté et de la protection de l’environnement. À travers cette initiative, les organisateurs entendent soutenir les efforts publics en matière d’assainissement et promouvoir des pratiques écologiques au niveau communautaire.
Autour de Let’s Do It Togo, plusieurs organisations de jeunesse et associations environnementales ont répondu à l’appel. Parmi elles figurent notamment Les Colibris du Togo, la Fondation Mille Tonne, IASS UL, Les Éclairs de la Jeunesse, JCI et Freshyx. Cette mobilisation collective illustre la montée en puissance de l’engagement des jeunes Togolais dans la lutte contre la pollution plastique.
Une action de terrain structurée et participative
La matinée d’activités a été organisée autour de plusieurs séquences visant à sensibiliser tout en collectant des données concrètes sur la production de déchets plastiques.
Les participants ont d’abord entamé la journée par une séance de fitness et d’échauffement, destinée à préparer physiquement les bénévoles aux activités de collecte. Cette approche conviviale a permis de créer une dynamique d’équipe avant de passer aux actions de terrain.
Les activistes se sont ensuite déployés sur une zone d’environ un kilomètre carré le long du littoral de Lomé, où ils ont procédé à une vaste opération de collecte de déchets plastiques. Les sacs, bouteilles, emballages alimentaires et autres résidus ont été récupérés puis regroupés pour une phase de tri.
Une étape essentielle de l’activité a consisté à trier et classer les déchets par catégorie, avant de réaliser un audit des déchets. Cette analyse visait à identifier les marques et entreprises associées aux produits retrouvés, ainsi qu’à estimer la quantité de déchets générés par chaque source.
Cette méthodologie permet non seulement de mieux comprendre l’origine des déchets plastiques, mais aussi d’ouvrir la voie à des actions de plaidoyer auprès des entreprises et des autorités publiques.
Sensibiliser pour transformer les comportements
Au-delà de la collecte de déchets, l’initiative avait également une dimension éducative et citoyenne. Les échanges entre participants ont permis de questionner les habitudes de consommation et d’identifier des solutions concrètes pour réduire la production de déchets.
Les organisateurs ont notamment insisté sur l’importance de gestes simples, tels que la réduction de l’utilisation des plastiques à usage unique, le tri des déchets ou encore la promotion d’alternatives durables.
Pour les initiateurs du projet, la lutte contre la pollution plastique nécessite une approche globale impliquant à la fois les consommateurs, les producteurs et les autorités publiques.
Cette première phase expérimentale constitue une étape clé dans la mise en œuvre du projet « Village zéro déchet plastique ». Les enseignements tirés de cette initiative permettront d’améliorer la logistique des opérations de collecte, de renforcer la mobilisation des bénévoles et de consolider les partenariats avec les organisations et institutions engagées dans la protection de l’environnement.
Selon les organisateurs, les résultats obtenus serviront de base pour le déploiement d’actions plus ambitieuses dans les mois à venir. Une nouvelle étape du projet est d’ailleurs envisagée d’ici avril 2026, avec l’objectif d’élargir la mobilisation et d’impliquer davantage les communautés locales.
Vers une culture écologique citoyenne
Face à l’augmentation des déchets plastiques dans les villes africaines, les initiatives citoyennes comme celle menée à Lomé illustrent l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs engagés pour la protection de l’environnement.
En plaçant les citoyens au cœur de l’action, le projet « Village zéro déchet plastique » ambitionne de transformer les pratiques et de promouvoir une culture écologique durable.
À travers cette phase prototype réussie, Lomé envoie un signal fort : la lutte contre la pollution plastique passe aussi par l’engagement collectif et la responsabilité partagée.
Note de la rédaction :
Ce compte rendu a été réalisé dans le cadre des activités préparatoires de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), prévue les 23 et 24 octobre 2026 à Paris. Son auteur, Anselme Ahli Sodji (Togo), suit depuis le 15 janvier une formation consacrée au journalisme de solutions. Ce travail s’inscrit dans une démarche pédagogique visant à renforcer la maîtrise des fondamentaux du métier de journaliste, tout en mettant en lumière des initiatives citoyennes et des actions concrètes qui contribuent positivement au développement et au bien-être des communautés africaines.
