Intelligence artificielle : la diaspora africaine mobilisée pour propulser l’entrepreneuriat féminin
Heure de publication 18:40 - Temps de lecture : 3 min 01 s
Texte par : Thalf Sall
À Paris, le Réseau Business Femmes Actives ouvre un débat stratégique sur le rôle de l’IA dans la transformation des entreprises portées par des femmes africaines et afrodescendantes. Une rencontre à haute valeur ajoutée, entre innovation technologique, transmission diasporique et ambition économique.
Le 21 mars 2026, au 208 rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, le Réseau Business Femmes Actives (BFA) réunira entrepreneures, expertes, chercheuses et membres de la diaspora autour d’un thème résolument contemporain : « L’intelligence artificielle, un accélérateur d’entrepreneuriat féminin ? ». Dans un contexte mondial marqué par la transformation numérique et l’automatisation des marchés, la question n’est plus de savoir si l’intelligence artificielle influencera l’économie africaine, mais comment les femmes entrepreneures peuvent s’en saisir pour créer de la valeur, innover et gagner en compétitivité.
Longtemps sous-représentées dans les filières technologiques, les femmes africaines investissent désormais des secteurs à forte intensité numérique. L’intelligence artificielle offre des opportunités inédites : optimisation des chaînes de production, analyse prédictive des marchés, automatisation des services clients, personnalisation des offres ou encore accès élargi aux financements grâce à la data.
Pour le BFA, l’IA ne doit pas être perçue comme une technologie élitiste réservée aux grandes entreprises, mais comme un outil démocratisable au service des TPE, PME et start-up dirigées par des femmes. Les panels exploreront ainsi des applications concrètes dans trois domaines stratégiques : l’agro-business et les industries, la technologie et la science, ainsi que la culture et l’information.
Agro-business, tech et culture : des secteurs en mutation
Dans l’agro-business, l’IA permet d’améliorer la productivité agricole grâce à l’analyse climatique, à la gestion intelligente des stocks ou à la traçabilité des produits. Pour les entrepreneures rurales ou engagées dans la transformation alimentaire, ces innovations représentent un gain d’efficacité et une meilleure insertion dans les chaînes de valeur internationales.
Dans les secteurs technologique et scientifique, l’enjeu est double : encourager les femmes à devenir créatrices de solutions et non simples utilisatrices, et favoriser leur accès aux compétences numériques avancées. L’événement mettra en lumière des parcours inspirants et des stratégies de formation adaptées aux réalités africaines et diasporiques.
Quant à la culture et à l’information, l’IA redéfinit la production de contenus, la diffusion médiatique et la monétisation des œuvres. Les entrepreneures créatives peuvent désormais utiliser ces outils pour élargir leur audience, analyser les tendances et structurer des modèles économiques durables.
La diaspora comme passerelle d’expertise
À la tête du Réseau BFA, Anna Isis Mbengue incarne cette dynamique transnationale. Lauréate du Trophée de l’EES Paris 2024 et distinguée lors de la Journée Internationale de la Femme Africaine à l’UNESCO en 2025, elle œuvre pour créer des ponts entre les talents africains et les opportunités européennes.
Sa conférence consacrée à Rose Dieng-Kuntz, pionnière africaine de l’intelligence artificielle, rappellera l’importance des modèles féminins dans les sciences et la technologie. En valorisant ces figures d’excellence, le BFA inscrit l’innovation dans une continuité historique et intellectuelle.
Au-delà des débats, l’objectif est clair : structurer un écosystème où l’intelligence artificielle devient un outil d’autonomisation économique et de leadership. Cela suppose un accès à la formation, au financement, aux réseaux et aux partenariats stratégiques.
À travers cette initiative, la diaspora africaine affirme son rôle moteur dans la circulation des compétences et des opportunités. L’événement du 21 mars ne se limite pas à un simple panel ; il s’inscrit dans une vision plus large d’une Afrique innovante, inclusive et technologiquement souveraine.
À l’heure où l’économie mondiale se redessine sous l’impulsion de l’IA, les femmes africaines ne demandent plus une place à la table : elles contribuent à la construire.
