Ben Konaté : le journalisme africain à l’épreuve du terrain et de l’exigence

Heure de publication 19:52 - Temps de lecture : 3 min 03 s

Ben Konaté, journaliste et présentateur, engagé pour une information africaine rigoureuse, accessible et mieux contextualisée. – © Ben Konaté.

Texte par : Thalf Sall

De la Côte d’Ivoire à la France, Ben Konaté construit un parcours de journaliste porté par une ambition claire : raconter l’actualité africaine avec davantage de rigueur, de contexte et de pédagogie. Formé à Abidjan puis à Paris, présent sur plusieurs rendez-vous majeurs de l’actualité, il entend faire du journalisme un espace de compréhension, loin des lectures réductrices d’un continent souvent raconté à travers ses seules crises.

Dans le paysage médiatique africain francophone, certains parcours se construisent moins par les effets d’annonce que par l’accumulation patiente d’expériences. Celui de Ben Konaté appartient à cette catégorie. Journaliste, passionné par la télévision et attentif aux mutations de l’information, il avance avec une conviction qui traverse son parcours : la qualité du regard porté sur l’Afrique dépend aussi de la capacité des professionnels des médias à documenter les faits, à les contextualiser et à les rendre compréhensibles.

Cette exigence prend d’abord forme dans sa formation. Diplômé de l’ISTC-Polytechnique d’Abidjan, où il termine major de promotion avec la mention Très bien, il poursuit son parcours à l’Institut européen de journalisme à Paris, avant d’intégrer l’École de journalisme de Sciences Po Paris. Cette trajectoire entre la Côte d’Ivoire et la France lui permet de confronter différentes pratiques journalistiques et de consolider une culture professionnelle fondée sur l’enquête, la vérification et la transmission.

Son passage par l’ISTC-Polytechnique s’inscrit également dans un contexte où les écoles de journalisme africaines cherchent à rapprocher davantage la formation de la réalité du terrain. L’expérience menée par l’Institut français de Côte d’Ivoire et l’ISTC-Polytechnique autour du forum Notre Futur en fournit une illustration : les étudiants y ont été associés à la production de contenus en photographie, vidéo, podcast et presse écrite, avec l’objectif de porter un regard générationnel sur les transformations du monde. Ben Konaté y avait notamment animé une table ronde consacrée aux rapports entre influence et culture, exercice qui l’a conduit à interroger les frontières entre journalisme, opinion et influence.

 

Du terrain ivoirien aux grandes scènes de l’actualité

 

Le parcours de Ben Konaté se distingue ensuite par la diversité des terrains abordés. Il a notamment couvert la Coupe d’Afrique des nations 2023, organisée en Côte d’Ivoire, ainsi que le 19ᵉ Sommet mondial de la Francophonie. Il a aussi suivi l’élection présidentielle ivoirienne de 2025 et le Salon international de l’Agriculture 2026. Ces expériences l’exposent à des univers journalistiques très différents : sport et mobilisation populaire, diplomatie et coopération internationale, vie politique, agriculture et enjeux économiques.

La CAN 2023 constitue, à cet égard, un terrain particulièrement révélateur. Dans un témoignage publié après la compétition, Ben Konaté décrivait l’intensité de l’événement et la mobilisation populaire qui avait accompagné le parcours des Éléphants, jusqu’au sacre de la sélection ivoirienne. Ce regard montre une autre dimension du métier : être au contact des événements pour restituer non seulement leur dimension factuelle, mais aussi leur portée sociale et collective.

Cette expérience du terrain nourrit une conception du journalisme qui refuse les raccourcis. Pour lui, traiter de l’Afrique ne consiste pas simplement à rapporter des faits produits sur le continent. Il s’agit aussi de donner aux lecteurs et aux téléspectateurs les éléments nécessaires pour comprendre les dynamiques politiques, économiques, sociales et culturelles qui les sous-tendent.

Cette approche prend une résonance particulière dans un environnement médiatique où la vitesse de circulation de l’information peut parfois entrer en tension avec le temps nécessaire à sa vérification et à sa mise en perspective. Son positionnement privilégie au contraire une information documentée, nuancée et accessible.

 

Transmettre, présenter et donner de la visibilité aux nouvelles générations

 

À cette activité journalistique s’ajoute une autre compétence : la présentation et la modération d’événements. Ben Konaté intervient comme maître de cérémonie et animateur de rencontres, notamment dans des initiatives consacrées à l’excellence et à la valorisation des parcours africains.

Il est ainsi associé au Prix d’Excellence de l’Étudiant Africain, dispositif consacré à la mise en lumière des étudiants africains en France. Des publications liées au PEEA le présentent comme membre de son équipe de communication et comme modérateur de rencontres consacrées à l’excellence africaine.

Cette dimension complète naturellement son identité professionnelle. Le journaliste recueille, vérifie et restitue l’information ; le présentateur crée les conditions de sa transmission ; le modérateur organise la rencontre entre des voix, des expériences et des points de vue. Dans ces différents rôles, Ben Konaté travaille finalement sur une même matière : la parole.

Son engagement dans ces espaces consacrés aux étudiants, aux talents et aux initiatives africaines révèle aussi une attention particulière portée aux nouvelles générations. La visibilité constitue en effet un enjeu majeur pour de nombreux jeunes professionnels et porteurs de projets dont les parcours restent insuffisamment documentés ou médiatisés.

C’est dans cette continuité qu’il rejoindra la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) les 23 et 24 octobre 2026 à Paris. Son expérience journalistique et son aisance dans la conduite de rencontres trouveront ici un terrain cohérent avec sa conception du métier : mettre en récit les initiatives, favoriser la compréhension et donner une place aux acteurs qui construisent des réponses concrètes.

Le parcours de Ben Konaté raconte ainsi davantage qu’une progression professionnelle. Il dessine une certaine idée du journalisme africain : exigeant sans être inaccessible, rigoureux sans être déconnecté du terrain, attentif aux faits mais également aux réalités humaines qui leur donnent leur sens. Dans une époque où l’Afrique cherche aussi à maîtriser davantage ses récits, cette génération de journalistes porte une responsabilité particulière : documenter le présent avec précision pour contribuer à mieux comprendre les futurs possibles du continent.


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