Retraite : et si la diaspora reprenait le pouvoir sur son avenir financier ?

Heure de publication 17:35 - Temps de lecture : 3 min 06 s

Préparer sa retraite, c’est déjà construire son avenir. À Paris, les Jeudis du Pouvoir ouvrent le débat sur la retraite, l’investissement et les choix qui permettent de reprendre le pouvoir sur son avenir, ici comme là-bas. – © Carole da Silva.

Texte par : Thalf Sall

Longtemps abordée sous l’angle des droits sociaux, des cotisations ou du vieillissement, la retraite pose aussi une question de stratégie patrimoniale : comment préparer suffisamment tôt cette nouvelle étape de la vie, notamment lorsque l’on évolue entre plusieurs pays ? Le 24 septembre 2026 à Paris, les Jeudis du Pouvoir, initiative portée par Femme & Pouvoir de Carole da Silva, consacreront leur prochaine rencontre à cette problématique avec un regard particulier sur les parcours des diasporas africaines. Une soirée qui entend déplacer le débat : passer de la retraite subie à une retraite anticipée, pensée et construite.

La retraite paraît souvent lointaine tant que la fin de carrière n’est pas en vue. Pourtant, sa préparation engage des décisions qui se prennent bien en amont : niveau d’épargne, diversification des investissements, protection du patrimoine, transmission, choix du lieu de résidence et compréhension des règles sociales et fiscales applicables.

Pour les personnes vivant entre la France et un pays d’origine, cette anticipation prend une dimension supplémentaire. Une carrière peut être construite dans plusieurs systèmes, une partie de l’épargne investie dans différents territoires et un projet de retraite envisagé dans un autre pays que celui où l’activité professionnelle s’est déroulée.

La question n’est donc plus seulement de savoir combien l’on percevra demain, mais de déterminer quelles ressources, quels actifs et quelles protections permettront de conserver une autonomie financière et une qualité de vie cohérente avec ses projets.

Cette réalité concerne particulièrement les diasporas africaines, dont les liens économiques avec le continent dépassent largement les transferts familiaux. Un rapport des Nations unies souligne que la diaspora africaine comptait environ 40,5 millions de personnes en 2020, contre 20,6 millions en 1990, et rappelle son potentiel en matière d’investissement et de développement.

 

De l’épargne familiale à une stratégie patrimoniale

 

L’un des enjeux du débat consiste précisément à dépasser une logique où l’argent envoyé vers le continent répond principalement à des besoins immédiats ou familiaux. La question devient alors celle de la transformation d’une partie de cette capacité financière en patrimoine durable.

Le sujet commence d’ailleurs à intéresser davantage les acteurs financiers africains. En février 2026, UBA annonçait ainsi vouloir faciliter le passage d’une logique de transferts vers les proches à une logique d’investissement formalisé dans des actifs situés en Afrique.

Pour autant, investir en Afrique ou envisager d’y passer sa retraite ne peut se résumer à rechercher un rendement ou à profiter d’un coût de la vie potentiellement inférieur. Les choix doivent tenir compte du risque, de la liquidité des placements, de la fiscalité, de la réglementation, de la couverture santé, des conditions de résidence et de la solidité juridique des investissements.

C’est précisément là que l’approche du rendez-vous du 24 septembre prend son intérêt : poser les bonnes questions avant de prendre des décisions. La rencontre réunira Olga Johnson, responsable politique et ancienne élue locale, et Djimmy Cladec-Laguesse, conseiller en investissement financier, autour des enjeux de retraite « ici et là-bas ».

L’objectif n’est pas de proposer une recette universelle. Il s’agit plutôt de favoriser une culture de l’anticipation et de permettre aux participants de confronter leurs expériences à des expertises différentes.

 

Reprendre la main sur un avenir qui se prépare

 

L’approche par les solutions suppose justement de ne pas s’arrêter au constat. Oui, les parcours internationaux peuvent rendre les questions de retraite plus complexes. Mais cette complexité peut aussi devenir un motif pour mieux s’informer, planifier et diversifier ses choix.

La préparation peut commencer par un diagnostic simple : quels droits ont déjà été acquis ? Quels revenus seront disponibles à terme ? Quelle épargne peut être mobilisée sans fragiliser le présent ? Quels investissements correspondent réellement au profil de risque ? Et surtout, quel projet de vie souhaite-t-on financer ?

Pour les personnes ayant une carrière internationale, les règles de coordination entre systèmes de retraite méritent également une attention particulière. Selon les situations, les périodes travaillées dans différents pays, les conventions internationales et les dispositifs de cotisation volontaire peuvent avoir des conséquences importantes sur les droits futurs. La Caisse des Français de l’étranger propose notamment, sous certaines conditions, une assurance volontaire vieillesse permettant à certains expatriés de continuer à cotiser au régime français.

Le défi est donc autant financier que pédagogique. Une décision pertinente commence par une information fiable et personnalisée, plutôt que par la recherche d’un placement présenté comme miraculeux.

Le rendez-vous parisien veut ainsi ouvrir un espace de dialogue autour d’une question finalement très concrète : comment transformer le temps qui précède la retraite en temps de préparation ?

Organisée le jeudi 24 septembre 2026, de 18h30 à 22h, à l’espace Diasporâs, dans le 2ᵉ arrondissement de Paris, cette nouvelle édition des Jeudis du Pouvoir sera accessible sur réservation, au tarif annoncé de 30 euros.

Au-delà d’une rencontre consacrée à la retraite, l’enjeu est de faire émerger une autre représentation de cette étape de vie : non pas comme une rupture qui arrive au terme du parcours professionnel, mais comme un projet qui se construit progressivement.

Anticiper, diversifier, s’informer et décider : quatre leviers pour passer d’une retraite que l’on découvre à une retraite que l’on prépare.


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