Qualité de l’eau et des produits de santé : le Bénin se dote d’un laboratoire de référence
Heure de publication 15:53 - Temps de lecture : 3 min 02 s
Texte par : Thalf Sall
Face aux défis persistants de la qualité de l’eau et de la circulation des produits de santé contrefaits, le Bénin franchit une étape stratégique avec la construction d’un laboratoire national de référence à Abomey-Calavi, soutenu par la Banque mondiale. Dotée d’équipements de pointe et conçue pour garantir des analyses fiables et incontestables, cette infrastructure ambitionne de renforcer la sécurité sanitaire des populations et de structurer durablement le système de contrôle qualité dans le pays.
Dans de nombreuses régions du Bénin, l’accès à une eau potable de qualité reste un défi quotidien. À cela s’ajoute la prolifération de produits de santé contrefaits ou de qualité douteuse sur les marchés, exposant les populations à des risques sanitaires graves. Infections hydriques, inefficacité des traitements, résistance aux médicaments : les conséquences sont multiples et parfois mortelles.
Les causes sont connues. Elles tiennent notamment à l’insuffisance des infrastructures de contrôle, au manque d’équipements modernes de laboratoire, ainsi qu’à la difficulté de traçabilité des produits importés ou distribués localement. À cela s’ajoute une pression croissante sur les systèmes de santé publique, souvent contraints de réagir plutôt que d’anticiper.
C’est dans ce contexte que l’Etat, avec l’appui de la Banque mondiale, a lancé la construction d’un laboratoire national moderne de contrôle de la qualité de l’eau et des produits de santé à Abomey-Calavi, à proximité de Cotonou.
Une infrastructure de pointe pour sécuriser la santé publique
Le vendredi 17 avril 2026, une mission de contrôle s’est rendue sur le site en vue de la réception provisoire de l’ouvrage. L’équipe a procédé à une inspection minutieuse de l’ensemble des installations : bâtiments principaux, structures techniques, dispositifs de sécurité et espaces de support.
Composé de 39 pièces au rez-de-chaussée et de 41 à l’étage, le laboratoire impressionne par sa modernité et son organisation fonctionnelle. Chaque espace a été conçu pour répondre aux exigences des analyses microbiologiques et physico-chimiques les plus rigoureuses.
Construit sous l’autorité contractante de l’ANAEPMR au profit de l’ANCQ, ce laboratoire de référence sous-régional intègre des technologies de pointe destinées à garantir des résultats fiables, rapides et incontestables. Il ambitionne de devenir un pilier central du dispositif national de contrôle qualité.
Un levier de transformation pour la sécurité sanitaire
Au-delà de sa dimension technique, cette infrastructure constitue un véritable outil de prévention et de protection des populations. En renforçant la capacité du Bénin à contrôler la qualité de l’eau et des produits de santé, elle contribue à réduire les risques sanitaires, à lutter contre les contrefaçons et à restaurer la confiance des citoyens dans les systèmes de santé.
Les impacts attendus sont significatifs : amélioration de la surveillance sanitaire, réduction des maladies liées à l’eau contaminée, sécurisation du circuit pharmaceutique et renforcement de la souveraineté sanitaire nationale. À terme, le laboratoire pourrait également servir de référence pour d’autres pays de la sous-région.
Entre espoir et vigilance : les défis de la durabilité
Si cette avancée est saluée comme un tournant majeur, elle soulève néanmoins plusieurs enjeux. La réussite du projet dépendra fortement de la qualité de sa gouvernance, de la formation continue des équipes techniques et de la maintenance des équipements de haute technologie.
Par ailleurs, l’efficacité réelle du laboratoire reposera sur sa capacité à s’intégrer dans un système global de régulation et de contrôle, impliquant les douanes, les autorités sanitaires et les acteurs privés du secteur pharmaceutique et de l’eau.
En somme, ce laboratoire de référence ne représente pas seulement une infrastructure moderne, mais un engagement stratégique : celui de garantir à chaque citoyen béninois un accès plus sûr à l’eau et aux soins de santé.
