Pré-Sommet de Fès : iYara, une illustration concrète de l’IA au service du capital humain
Heure de publication : 12:45 - Temps de lecture : 3 min 02s
Kamari Martial Pascal Batcho présentant la plateforme iYara sur son stand d’exposition lors de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) 2025 à Paris. – © DR.
Texte par : Thalf Sall
Dans un monde où l’intelligence artificielle redéfinit simultanément l’éducation, la santé et les équilibres sociaux, le Pré-Sommet de Fès sur l’IA s’impose comme un rendez-vous stratégique pour penser une transformation inclusive et responsable. Dédié à l’éducation, cet événement accueille des acteurs dont les initiatives illustrent concrètement l’impact d’une IA bien enseignée et bien gouvernée. C’est dans ce cadre que s’inscrit la participation de Kamari Martial Pascal Batcho, entrepreneur et ingénieur béninois, fondateur d’ALPH TECHNOLOGIES et créateur de iYara, une plateforme de e-santé innovante qui fait le lien entre compétences numériques, accès aux soins et développement humain.
L’intelligence artificielle s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux leviers de transformation des sociétés contemporaines. Mais son déploiement rapide pose une question centrale, au cœur du Pré-Sommet de Fès organisé par la Fondation Tamkine, en partenariat avec la prestigieuse Université Euromed de Fès : comment former des citoyens, des professionnels et des institutions capables de comprendre, d’utiliser et de gouverner l’IA de manière éthique, inclusive et adaptée aux réalités locales ? En choisissant de consacrer ce Pré-Sommet exclusivement à l’éducation, ses organisateurs affirment une conviction forte : sans investissement massif dans le capital humain, l’IA risque d’accentuer les inégalités plutôt que de les réduire.
C’est précisément à cette articulation entre éducation et usages concrets de l’IA que répond la participation de Kamari Martial Pascal Batcho. Déjà présent au Maroc à l’invitation de la Fondation Tamkine, avec laquelle il a signé un partenariat stratégique lors de la troisième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) à Paris, l’entrepreneur vient à Fès pour partager une expérience de terrain. Avec iYara, il démontre comment une éducation numérique pertinente peut se traduire par des solutions à fort impact social, notamment dans le secteur de la santé.
Dans de nombreuses régions africaines, l’accès aux soins reste entravé par des obstacles structurels : éloignement géographique des structures médicales, manque de coordination entre les acteurs, difficultés d’accès aux médicaments et faiblesse des infrastructures numériques. Ces défis ne sont pas uniquement sanitaires ; ils sont aussi éducatifs. Ils révèlent des lacunes en matière de formation, de maîtrise des outils numériques et d’appropriation des technologies émergentes par les professionnels comme par les citoyens.
iYara, une innovation technologique pensée pour être comprise et utilisée
iYara s’inscrit dans cette réalité. La plateforme, dévoilée à Paris lors de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) 2025, centralise la téléconsultation, l’e-prescription, la mise en relation avec les pharmacies, la livraison de médicaments et des fonctionnalités d’intelligence artificielle conçues pour fluidifier les parcours de soins. Mais au-delà de l’innovation technologique, iYara repose sur un principe fondamental : rendre la technologie compréhensible, accessible et utile. En cela, elle incarne l’un des objectifs majeurs du Pré-Sommet de Fès : former des écosystèmes capables d’intégrer l’IA dans des services essentiels, sans exclure les populations les plus vulnérables.
La santé numérique, telle que pensée par iYara, est indissociable d’une éducation numérique inclusive. Pour fonctionner, une plateforme de ce type suppose des professionnels de santé formés aux outils digitaux, des patients capables d’interagir avec des interfaces intelligentes, et des institutions aptes à encadrer l’usage des données. Elle illustre ainsi un principe clé du débat éducatif sur l’IA : l’apprentissage ne se limite plus à l’école ou à l’université, mais s’étend à l’ensemble de la société, à travers des usages concrets et quotidiens.
Dans un contexte international marqué par la montée des préoccupations éthiques liées à l’IA, la question de la protection des données occupe également une place centrale. iYara est autorisée par l’Autorité de Protection des Données Personnelles et conforme aux standards internationaux en matière de protection des informations personnelles. Cet engagement rejoint les préoccupations éducatives du Pré-Sommet de Fès, qui insiste sur la nécessité de former des décideurs, des développeurs et des utilisateurs conscients des enjeux de gouvernance, de sécurité et de responsabilité liés à l’intelligence artificielle.
Du débat éducatif aux orientations stratégiques
Le Pré-Sommet de Fès, affilié au Sommet Inde–IA Impact, ne se veut ni un forum technologique de plus ni un espace de discours théoriques. Il ambitionne de produire des orientations éducatives concrètes, capables d’influencer les politiques publiques et les stratégies de formation à l’échelle internationale. En ce sens, la présence d'initiatives comme iYara enrichit la réflexion collective. Elle montre que l’éducation à l’IA ne peut être dissociée de ses applications sociales, qu’il s’agisse de santé, d’emploi ou de services publics.
À travers sa participation, Kamari Martial Pascal Batcho défend une vision claire : l’Afrique ne doit pas être un simple terrain d’expérimentation pour des technologies conçues ailleurs, mais un espace de création, de formation et d’innovation responsable. iYara devient alors un cas d’école, au sens noble du terme, illustrant ce que peut produire une éducation orientée vers la résolution de problèmes concrets, l’impact social et la souveraineté numérique.
À Fès, au Maroc, le 21 janvier 2026, l’intelligence artificielle ne sera pas abordée comme une finalité technologique, mais comme un levier stratégique au service du développement humain. En plaçant l’éducation au cœur des débats et en la mettant en résonance avec des secteurs essentiels comme la santé, le Pré-Sommet rappellera une évidence souvent négligée : la réussite de l’IA repose d’abord sur la capacité des sociétés à former des femmes et des hommes aptes à la comprendre, à la maîtriser et à l’orienter vers l’intérêt général. Dans cette dynamique, iYara s’impose moins comme une simple plateforme de e-santé que comme l’illustration concrète d’une éducation numérique aboutie – une éducation enracinée dans les réalités du Sud global, attentive aux enjeux d’équité et résolument tournée vers un avenir plus juste et plus inclusif.
