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Mireille Kasonga Binena : une vie au service des autres, du soin médical à la solidarité sociale

Heure de publication : 17:30 - Temps de lecture : 3 min 52 s

Joie et convivialité au cœur de la communauté : femmes et enfants réunis dans un moment de rire et de partage, symbolisant l’énergie et la résilience des populations bénéficiaires des actions de Mireille Kasonga Binena. – © DR.

Texte par : Nonon Manseku Lusende

Dans les couloirs animés de la Direction générale de la Migration, à Kinshasa, un surnom revient souvent dans les conversations : « Maman Sociale ». C’est ainsi que collègues et agents appellent Mireille Kasonga Binena. Derrière cet hommage affectueux se dessine le portrait d’une femme dont la vie professionnelle et personnelle est profondément marquée par le sens du service et de l’attention portée aux autres.

Infirmière pédiatre de formation, Mireille Kasonga cumule plus de 32 années d’expérience dans le domaine de la santé. Mais pour ceux qui la côtoient au quotidien, son rôle dépasse largement celui d’une professionnelle du soin. Elle est devenue, au fil du temps, une figure de soutien moral et social pour toute une communauté.

Pour comprendre cet engagement, il faut remonter à son enfance. Aînée d’une fratrie de dix enfants, Mireille Kasonga a grandi dans un environnement où la responsabilité et l’entraide étaient des valeurs essentielles. Très tôt, elle apprend à veiller sur ses cadets, à organiser la vie familiale et à prendre soin des autres. « Dans une grande famille, chacun doit jouer son rôle. Le mien a toujours été de protéger et d’aider », confie-t-elle.

Ce sens des responsabilités devient rapidement une vocation. La jeune femme choisit naturellement la voie des soins infirmiers. Pendant plus de trois décennies, elle accompagne des générations d’enfants malades, rassure les parents et apporte une présence humaine dans des moments souvent difficiles.

Son humanisme et son sens de l’écoute finissent par être reconnus au sein de son institution. Ses collègues la sollicitent régulièrement pour s’occuper des questions sociales concernant les agents du service.

 

Un engagement qui dépasse l’hôpital

 

Mais l’action de Mireille Kasonga ne s’arrête pas aux murs de son lieu de travail. Dans le quartier Camp Munganga, situé dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, elle s’investit activement au sein de l’Association sans but lucratif « Famille Camp Munganga » (FACAM). Cette organisation communautaire œuvre pour l’encadrement de la jeunesse et le développement social du quartier.

Nommée deuxième vice-présidente de l’association, Mireille Kasonga transforme son sens du partage en initiatives concrètes. « J’aime travailler dans le social parce que j’aime donner. Faire du bien aux autres me rend heureuse », explique-t-elle simplement.

Parmi les actions qu’elle a initiées, l’une a particulièrement marqué la communauté : le projet « Merci Mamans ». L’objectif est clair : soutenir les veuves du quartier, souvent confrontées à des difficultés économiques après la disparition de leur conjoint.

Avec l’appui du comité directeur de la FACAM, dirigé par le coordonnateur Marc Itope, le projet vise à accompagner 90 veuves de la communauté. La mobilisation est importante. Grâce aux contributions internes et à l’engagement des membres de l’association, chaque bénéficiaire reçoit un pagne, des vivres ainsi qu’une enveloppe financière destinée à lancer une petite activité génératrice de revenus.

Pour Mireille Kasonga, il ne s’agit pas seulement d’une aide ponctuelle, mais d’un moyen de redonner dignité et autonomie à ces femmes. « Nous avons été bénis financièrement et matériellement pour réaliser ce projet. C’était un défi immense, mais nous avons tenu bon », raconte-t-elle.

Pour Marc Itope, cette initiative représente bien plus qu’une assistance matérielle. « Ce geste est une manière de dire merci à ces femmes pour les sacrifices qu’elles ont consentis pour leurs familles et leur communauté. Elles méritaient d’être soutenues », explique-t-il.

Parmi les bénéficiaires, l’émotion est palpable. Sekabuhoro, l’une des veuves soutenues par le programme, se souvient de ses doutes au départ. « Au début, je pensais que c’étaient des promesses sans lendemain. Aujourd’hui, je vois que c’est réel. Cette aide nous redonne de l’espoir », témoigne-t-elle. Une autre bénéficiaire ajoute, sourire aux lèvres : « C’est une grande joie de voir nos enfants penser à nous. »

 

Une nouvelle mission : soutenir les orphelins

 

Encouragée par le succès du projet « Merci Mamans », Mireille Kasonga et l’équipe sociale de la FACAM souhaitent désormais élargir leur action. Leur prochaine initiative vise les enfants orphelins âgés de 7 à 15 ans vivant dans le quartier. Le projet, actuellement en préparation, prévoit une action d’accompagnement social et éducatif pour ces enfants vulnérables, afin de leur offrir soutien, encadrement et perspectives d’avenir.

Mais face à l’ampleur des besoins, Mireille Kasonga sait que la solidarité locale ne suffira pas. Elle lance ainsi un appel aux partenaires et aux personnes de bonne volonté pour soutenir cette initiative. « Nous avons besoin de tous ceux qui peuvent nous aider. Ces enfants ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls », explique-t-elle.

Après plus de trois décennies consacrées aux soins et à l’action sociale, Mireille Kasonga Binena reste convaincue d’une chose : la plus grande richesse ne se mesure pas en biens matériels. Pour elle, le véritable remède aux blessures de la vie se trouve dans l’attention portée aux autres.

Debout aux côtés de ses collaborateurs et de sa communauté, « Maman Sociale » poursuit son engagement avec la même conviction. Car, comme elle aime le rappeler : « Celui qui donne ne s’appauvrit jamais. Il s’enrichit de la joie des autres. »  


Note de la rédaction :
Ce reportage a été réalisé dans le cadre des activités préparatoires de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), prévue les 23 et 24 octobre 2026 à Paris. Son auteure, Nonon Manseku Lusende (RDC), suit depuis le 15 janvier une formation consacrée au journalisme de solutions. Ce travail s’inscrit dans une démarche pédagogique visant à renforcer la maîtrise des fondamentaux du métier de journaliste, tout en mettant en lumière des initiatives citoyennes et des actions concrètes qui contribuent positivement au développement et au bien-être des communautés africaines.


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