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Léonce Houngbadji sur la Deutsche Welle : « La Semaine l’Afrique des Solutions valorisera les initiatives innovantes africaines à impact positif »


Heure de publication 21:15- Temps de lecture : 4 min 58 s

Léonce Houngbadji, Président du Comité d’organisation de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS). – © Notre Voix.

Propos recueillis et transcris par Nafissa Amadou (Deutsche Welle)

Le Président du Comité d’organisation de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) est l’invité de la semaine sur la radio internationale allemande, Deutsche Welle (DW), ce 9 août 2023. Léonce Houngbadji a été interrogé par Nafissa Amadou. Au menu des échanges, l’organisation de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) à Paris, du 23 au 28 octobre 2023. Découvrez l’intégralité de cet entretien constructif.

DW : Léonce Houngbadji bonjour. Vous êtes le principal promoteur de la "Semaine l'Afrique des Solutions" qui se tiendra au mois d'octobre à Paris. Pourquoi avez-vous choisi Paris et non une capitale africaine ?

Léonce Houngbadji : D'abord parce que c'est la première édition et nous avons beaucoup de solutionneurs africains qui sont installés en France, en Europe, de façon générale.

Pour l'édition 2024, ça pourra être au Mali, ça peut être au Sénégal, au Maroc, c'est partout où il y a des Africains qui participent à la mise en place de solutions concrètes qui répondent aux problématiques sociales, sociétales, écologiques.

DW : La SAS a pour but de regrouper des entrepreneurs africains et différents médias qui font bouger le continent. Comment ces acteurs contribuent-ils à mettre en lumière une Afrique positive ?

Léonce Houngbadji : Nous sommes partis d'un constat simple qui est que la plupart des grands événements, que ce soit les conférences, que ce soit les sommets qui sont organisés en Afrique ou en dehors de l'Afrique et qui concernent l'Afrique, mettent l'accent beaucoup plus sur des sujets problématiques.

C'est vrai que nous avons des problèmes en Afrique, comme ici et ailleurs, mais on oublie souvent de mettre l'accent sur les initiatives constructives qui se développent de plus en plus sur le continent.

Aujourd'hui, en Afrique, vous avez des Africains qui fabriquent des drones agricoles, des applications mobiles, des ordinateurs, des téléphones portables à commande vocale, des objets connectés. Il y a beaucoup d'initiatives sur le continent actuellement, mais très peu de place leur est donnée.

Donc, nous avons décidé d'organiser la "Semaine l'Afrique des Solutions" pour révéler et valoriser les initiatives porteuses de solutions. Nous voulons aussi faire prendre conscience aux journalistes sur la responsabilité sociétale qu'ils ont dans la diffusion des connaissances à impact positif. Nous voulons réinventer les médias en Afrique.

DW : Réinventer les médias africains à travers votre initiative ? Est-ce que cela veut dire que les médias africains ne sont pas suffisamment impliqués dans la recherche des solutions innovantes sur le continent ?

Léonce Houngbadji : Malheureusement, la réponse est non. Nous devons tous travailler ensemble pour doter le continent de véritables, et j'insiste là-dessus, de véritables entreprises de presse qui puissent se mettre au service du développement.

Les médias ne doivent pas passer tout le temps à ne parler que des sujets problématiques. Quand quelqu'un qui va travailler le matin, il rentre à la maison à 22 heures et lorsqu'il allume sa radio, il a envie qu'on lui parle de choses inspirantes. Mais si chaque 30 minutes, il doit entendre que des sujets problématiques, il aura envie de ne rien faire.

DW : Très souvent c'est l'actualité qui commande...

Léonce Houngbadji : Oui, le journalisme de solutions ne veut pas dire mettre une croix sur les problèmes. Oui, on évoque les problèmes, mais il faut aussi évoquer des solutions.

DW : Lors de cette semaine aussi, il y aura des discussions autour de l'alimentation saine et durable avec les céréales africaines. Est-ce que la guerre en Ukraine, notamment l'accès aux céréales ukrainiennes, a motivé votre choix pour aborder ce thème ?

Léonce Houngbadji : Vous avez parfaitement raison. L'Afrique dispose de tout ce dont elle a besoin pour permettre à ses fils et filles de vivre décemment. Il nous faut juste tirer les leçons de tout ce qui se passe autour de nous pour faire en sorte que nous puissions utiliser à bon escient ces potentialités, ces richesses, ce que nous avons sur le continent.

Nous avons des terres qui ne sont mêmes pas exploitées, nous avons une population jeune.

En vérité, des solutions existent et il s'agit de dire : voici les solutions qui existent dans tel domaine, et les solutions qui n'existent pas, nous allons les envisager ensemble.

Plus important : il faut faire en sorte aussi, pour ceux qui créent ces solutions, qu'ils puissent rester sur le continent, parce qu'aujourd'hui faute de moyens, faute d'un certain nombre de choses, la plupart de nos solutionneurs sur le continent, à un moment donné, d'une manière ou d'une autre, sont obligés de quitter le continent pour aller s'installer ailleurs.

DW : Mais comment faire pour appliquer ces solutions pour que l'Afrique ne soit plus dépendante ?

Léonce Houngbadji : Je vais vous donner des exemples, prenons le cas de la crise sanitaire.

La plupart de nos Etats africains étaient obligés d'aller acheter des masques en Chine ou dans d'autres pays, alors que nous avons nos artisans, nous pouvons les mettre au travail.

Cela reviendra moins cher à nos populations, créer de l'emploi, créer de la richesse et favoriser le développement.

Nos jeunes, aujourd'hui, créent des ordinateurs portables, pourquoi ne pas mettre en place une politique publique qui puisse permettre à ce que, au niveau de l'administration, on puisse retrouver ces ordinateurs-là ? Ça, c'est des solutions pratiques, qu'on n'a pas besoin que quelqu'un vienne de quelque part pour nous dire de le faire.

DW : D'où certainement aussi votre collaboration avec les médias qui, à leur tour, peuvent sensibiliser, peuvent faire passer le message du "consommons local".

Léonce Houngbadji : Bien sûr, nous avons réussi, et ça, je remercie votre média et d'autres médias également qui nous accompagnent dans le cadre de cet événement.

Chaque année, nous allons former 50 journalistes africains au journalisme de solutions. Et nous n'allons pas les laisser, nous allons les maintenir dans un écosystème qui puissent nous permettre de les encadrer, de continuer à faire la formation. Ces journalistes vont produire le magazine "l'Afrique des solutions" en version française et anglaise.

Et nous allons plus loin en créant une web télévision et une web radio 100% solutions. Donc les journalistes que nous allons former vont animer la radio et la web télévision, parce que si vous formez un journaliste qui travaille pour un média, le média ne lui appartient pas, si son patron n'est pas intéressé aux questions de solutions, qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse ? Il doit faire la formation chaque année, mais il ne pourra pas avoir un organe dans lequel il pourra travailler convenablement.


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