Boolofood : quand une assiette devient un moteur d’inclusion, d’espoir et de transformation sociale

Heure de publication 21:56 - Temps de lecture : 3 min 14 s

Nathalie Brigaud Ngoum, ingénieure marketing, consultante culinaire internationale, présidente d’Envolées Gourmandes Academy et fondatrice de la Maison des Terroirs Croisés. – © DR.

Texte par : Thalf Sall

Peut-on lutter simultanément contre l’exclusion professionnelle, le gaspillage alimentaire, la sous-valorisation des produits africains et les causes profondes de la migration irrégulière ? C’est la question au cœur du reportage présenté par Nathalie Brigaud Ngoum lors du webinaire international sur le journalisme de solutions, organisé dans le cadre de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS). À travers son enquête consacrée à Boolofood, un restaurant solidaire fondé à Paris par l’entrepreneure sénégalaise Codou Ba, elle met en lumière une initiative qui conjugue impact social, inclusion, durabilité et entrepreneuriat responsable. Un récit rigoureux et inspirant qui illustre toute la force du journalisme de solutions : documenter ce qui fonctionne, mesurer son impact et révéler une autre Afrique, créative, innovante et résolument tournée vers l’action.

Webinaire stratégique sur le Journalisme de solutions

 

Pitch de Nathalie Brigaud Ngoum

 

Paris, le 15 juillet 2026

 

Bonsoir Mesdames et Messieurs,

 

Je suis Nathalie Brigaud Ngoum, ingénieure marketing, consultante culinaire internationale, présidente d’Envolées Gourmandes Academy, centre de formation spécialisé dans l’alimentation sans allergènes, et fondatrice de la Maison des Terroirs Croisés, un projet dédié à l’alimentation consciente, aux rencontres interculturelles et à l’entrepreneuriat responsable. Je suis également enseignante, conférencière, auteure et blogueuse depuis plus de onze ans sur envoleesgourmandes.com. Écrire a toujours été au cœur de mon activité. C’est donc tout naturellement que j’ai intégré la quatrième promotion du Journalisme de Solutions.

J’ai découvert le journalisme de solutions en octobre 2023, lors de la première édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS). Cette approche m’a immédiatement séduite parce qu’elle propose une autre manière de raconter le monde : une information qui ne s’arrête pas au constat des difficultés, mais qui s’intéresse aussi aux réponses concrètes, aux initiatives qui fonctionnent et aux personnes qui agissent pour transformer la réalité.

Lorsque j’ai débuté la formation le 15 janvier 2026, je ne mesurais pas encore à quel point elle allait enrichir ma pratique. Pendant plus de cinq mois, j’ai appris à adopter une démarche plus rigoureuse et plus exigeante. Désormais, lorsque j’aborde un sujet, je cherche systématiquement à comprendre le problème et ses causes profondes, à analyser la solution mise en œuvre, à évaluer son fonctionnement, à mesurer son impact réel à travers des preuves et des données, tout en examinant ses limites et ses possibilités de reproduction ailleurs. Cette méthode a profondément transformé ma façon d’enquêter, de sélectionner mes sujets et de raconter les histoires.

Pour mon reportage de fin de formation, j’ai choisi de m’intéresser à Boolofood, un restaurant solidaire situé dans le 19ᵉ arrondissement de Paris et fondé par Codou Ba, entrepreneure d’origine sénégalaise.

Le reportage part d’un constat : plusieurs défis apparemment distincts sont en réalité liés. D’un côté, des jeunes Sénégalais confrontés au manque de perspectives économiques prennent parfois des routes migratoires dangereuses. De l’autre, en France, des personnes éloignées de l’emploi peinent à retrouver leur place dans le monde professionnel. À cela s’ajoutent le gaspillage alimentaire et la faible valorisation des produits et savoir-faire issus des terroirs africains.

Face à ces défis, Boolofood apporte une réponse originale fondée sur l’économie sociale et solidaire. Le restaurant crée des opportunités d’insertion professionnelle, développe des partenariats avec des producteurs sénégalais et africains, privilégie les circuits courts et propose une alimentation inclusive adaptée à différents besoins alimentaires, notamment sans gluten, sans lactose ou végétale.

Mon enquête souligne qu’il est possible de concilier impact social, durabilité environnementale et viabilité économique grâce à un modèle fondé sur l’Économie Sociale et Solidaire. Elle montre également que la lutte contre le gaspillage alimentaire, les circuits courts, les partenariats avec des producteurs sénégalais et africains, ainsi que l’inclusion alimentaire peuvent coexister au sein d’une même entreprise.

Sans occulter les difficultés et les défis auxquels ce modèle reste confronté, ce reportage démontre que derrière chaque assiette se joue bien plus qu’un projet alimentaire : un véritable projet de vie, d’insertion et de transformation sociale.

À travers ce travail, j’ai voulu démontrer qu’il est possible de raconter des initiatives inspirantes sans tomber dans la promotion ou l’optimisme naïf. Le journalisme de solutions nous invite à documenter les réponses qui existent, à mesurer leur efficacité et à partager les enseignements qu’elles peuvent offrir à d’autres acteurs.

Cette formation constitue pour moi un véritable tournant. Elle nourrira les projets éditoriaux que je porte depuis plusieurs années, notamment le lancement d’un podcast consacré aux parcours de reconversion professionnelle et la création d’un magazine dédié aux croisements entre les terroirs, les cultures et les innovations alimentaires.

Le reportage sera prochainement disponible dans son intégralité sur la plateforme de Notre Voix : www.notrevoix.info.

Je vous remercie pour votre attention.


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