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"Résistons" : un ouvrage unique à ouvrir chaque jour et à transmettre

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"Résistons" retrace la situation des droits humains, de la démocratie, des libertés et de l’Etat de droit au Bénin. – © Saint-Honoré Editions.

Texte par : Jean-Etienne Dirney

Un an après "Bénin : Le casse du siècle - Comment Patrice Talon fait main basse sur le Bénin, son élite, sa démocratie et son argent ", Léonce Houngbadji revient à la charge et sort "Résistons : Le Bénin à l’épreuve du dictateur Patrice Talon", le 22 octobre 2019, à Paris. Deux livres en deux ans. Dans cet ouvrage unique, un compagnon de route, un ami à garder, à ouvrir chaque jour, à transmettre, il y a mis cœur, talent, énergie et compétence. Un livre magnifique !

L'ouvrage de 277 pages est un essai politique. Edité par Saint-Honoré Editions à Paris, il retrace la situation des droits humains, de la démocratie, des libertés et de l’Etat de droit au Bénin : « chasse aux sorcières, crimes contre l’humanité avec les massacres des populations civiles, emprisonnements arbitraires des opposants, web-activistes et journalistes indépendants, persécutions personnelles… »

Il tire la sonnette d’alarme face à une gouvernance, selon lui, gangrenée par la corruption, le népotisme et le sang des populations civiles. « Terreur, répression, balles réelles, sang, sueur, larmes et désespoir. Ce sont les règles qui régissent désormais les relations que Patrice Talon entretient avec le peuple qui l’a élu », affirme l’auteur, preuves à l’appui, dans ce qui peut laisser présager le tome2 de son 1er livre.

Pour Léonce Houngbadji, Patrice Talon est « un grand dictateur de petite taille ». Il le compare à El Chapo en ces termes : « A 61 ans, Joaquin Guzman, alias El Chapo Le Courtaud, en référence à sa petite taille est le plus puissant narcotrafiquant depuis le Colombien Pablo Escobar, mort en 1993. Patrice Talon et El Chapo n’ont pas que la taille et l’âge en commun… ».

Plusieurs années après l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon, Léonce Houngbadji s’interroge sur ce qui reste des acquis démocratiques et répond en même temps que plus rien ne reste : « Le mercredi 1er mai 2019, l’armée du dictateur Patrice Talon a tiré sur une veuve, mère de sept enfants dont le plus âgé a 17 ans ; une nourrice d’un bébé de neuf mois, qui a eu le malheur de se trouver dans la rue du domicile de Thomas Boni Yayi, ancien président du Bénin. La victime, Prudence Vioutou Amoussou, allait chercher sa fille. Elle passait juste son chemin. Elle n’était pas armée et ne représentait aucun danger pour personne. Sept balles dans le dos. La foule horrifiée la vit s’écrouler dans une mare de sang. Sa fille en sueurs et en larmes prend conscience du drame qui se produit sous ses yeux.

Des dizaines de Béninois sont déjà tombés sous les balles réelles de Talon. On dénombre environ 2000 militants de la démocratie en prison, en exil ou dans la clandestinité.

Tel un cancer, la gouvernance totalitaire et mafieuse de Patrice Talon se répand par métastase. Elle prive les populations du minimum vital et le pays des fondamentaux d’une République. De Cotonou aux derniers villages, du nord au sud, de l’est à l’ouest, le Bénin exhale depuis trois ans, la faim, la détresse, la fin de la sérénité. Il n’y a plus rien, sauf Patrice Talon, son clan, ses entreprises, ses tribunaux avec ses procureurs aux ordres, son procureur spécial, ses avocats, ses prisons, sa Cour constitutionnelle, sa Cena (Commission électorale nationale autonome), sa Cour suprême, son ministre de l’Intérieur, ses hommes armés, son assemblée privée qui ne compte que des députés issus de son camp, l’opposition ayant été exclue des dernières législatives. »

Des thématiques factuelles

Préfacé par Omar Arouna, ancien ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin près les États-Unis d’Amérique, et rédigé dans le plus grand secret, l’essai politique de ce professionnel des médias parle de « La mort qui a frappé Kilibo », « Cadjèhoun et Tchaourou, places de la résistance », « Fermeture des médias et musèlement de la presse », « Chasse aux sorcières », « Persécutions personnelles » « L’affaiblissement de l’appareil judiciaire », « El Chapo : Un grand dictateur de petite taille », « La trahison des élus », « On achève bien les institutions »…et appelle tous les patriotes et démocrates à s’unir véritablement pour restaurer la démocratie et l’Etat de droit dans le pays : « Désunis, prévient-il, nous périssons : l’opposition doit être absolue, et si Talon donne un jour l’impression de tendre la main à l’opposition, cela suppose qu’il a un serpent sous la manche. Le dialogue sincère est au-dessus de ses principes de vie. Il faudra se hâter de couper cette main tendue pour éviter le piège. C’est au peuple qu’il devra tendre la main, par le biais d’élections transparentes et le rétablissement des libertés. »

Dans cet essai, l’homme de 36 ans s’adresse à ses concitoyens, en faisant appel à leur sens de responsabilité : « Les Béninois ont le devoir de trouver les ressources intérieures nécessaires pour opposer une résistance sans faiblesse à ce régime. C’est l’unique chemin du salut. Le peuple béninois a le choix entre la résignation qui sans doute mènera au péril de toute la nation ou le refus de la dictature qui mène à la terre promise par les pères de la démocratie béninoise. Chaque Béninois dans son milieu de vie et de travail, doit au quotidien poser des actes de nature à restaurer la démocratie. Le Bénin est la propriété de chacun de nous. Se muer dans le silence et l’inaction, c’est cautionner le vol de tout un peuple par un clan mafieux. Se muer dans le silence et l’inaction, c’est cautionner le vol de l’avenir de nos progénitures, c’est accepter la précarité à vie pour soi et pour les générations à venir. Se taire, c’est se trahir et trahir les autres. Face à la terreur, nous devons résister pacifiquement pour libérer notre pays. C’est un devoir patriotique. L’histoire nous enseigne que la victoire définitive ne revient qu’au peuple. La seule certitude qu’un dictateur puisse avoir, est que son temps est compté».

"Résistons" met un accent particulier sur des « faits palpables, preuves, indices, sources ». Les faits évoqués sont « réels et développés avec précisions », afin qu’ils ne restent pas impunis et que « les futures générations soient informées de ce que Patrice Talon et son pouvoir ont fait du pays et de ses fils qui ont défendu la démocratie ». L’ouvrage fait également le point complet des victimes des violations des droits de l’homme.

Lire "Résistons", c’est découvrir « toute la vérité sur les tueries de Cotonou, Savè, Tchaourou et Kandi ». C’est découvrir « l’auteur de l’assassinat de Prudence Amoussou et d’un autre jeune homme également tué à balle réelle dans la rue du président Boni Yayi à Cadjèhoun, à Cotonou ». C’est découvrir « la vérité sur les vraies raisons du limogeage de Nazaire Hounnonkpè à la tête de la police nationale ».

Ce nouvel ouvrage de Léonce Houngbadji est son ton, sa voix, son amour profond pour son pays d’origine, ses sacrifices et sa détermination à contribuer à restaurer la paix, l’unité nationale, la cohésion sociale et la démocratie avec tous les démocrates de l’intérieur du pays et de la diaspora. Comme son 1er livre, il s’est mis à écrire le second comme on enfile une tenue de combat, le combat pour la paix, la liberté et la justice.


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