Diabète : l’innovation non invasive de Khadidja Fellah Arbi qui transforme la surveillance glycémique
Heure de publication : 14:15 - Temps de lecture : 2 min 31 s
Khadidja Fellah Arbi, docteure en instrumentation biomédicale, développe une solution innovante et non invasive basée sur l’ECG et l’intelligence artificielle pour transformer la gestion du diabète et améliorer durablement la qualité de vie des patients. – © DR.
Texte par : Thalf Sall
Le diabète s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux défis de santé publique en Afrique et au Moyen-Orient, avec des taux de mortalité encore alarmants. Face à une maladie chronique souvent mal diagnostiquée et dont le suivi demeure contraignant, une jeune chercheuse algérienne propose une rupture technologique décisive : un glucomètre intelligent, non invasif, reposant sur l’analyse de l’ECG et la puissance de l’intelligence artificielle. À seulement 32 ans, Khadidja Fellah Arbi incarne une nouvelle génération d’innovateurs engagés, capables de repenser l’expérience du patient et de tracer la voie vers une médecine plus préventive, accessible et durable.
Le diabète représente un défi sanitaire, économique et social considérable dans de nombreux pays d’Afrique et du Moyen-Orient. La prévalence de la maladie ne cesse d’augmenter, portée par les changements de modes de vie, la sédentarité, le stress et les déséquilibres alimentaires. Pourtant, malgré les progrès médicaux, la surveillance glycémique demeure contraignante, coûteuse et parfois dissuasive pour les patients.
Les méthodes traditionnelles reposent majoritairement sur des prélèvements sanguins répétés, souvent perçus comme douloureux, invasifs et incompatibles avec une surveillance continue. Résultat : une observance insuffisante, des diagnostics tardifs et des complications évitables, notamment cardiovasculaires, rénales ou neurologiques.
Au-delà de l’enjeu strictement médical, la gestion du diabète se heurte à des obstacles structurels majeurs. L’invasivité des dispositifs de mesure existants décourage souvent un suivi régulier et rigoureux. À cela s’ajoute le coût élevé des consommables, qui reste hors de portée pour une partie significative de la population. Par ailleurs, les solutions actuellement disponibles sont rarement adaptées aux besoins spécifiques des personnes âgées, des sportifs ou des patients récemment diagnostiqués, dont les exigences diffèrent en matière de confort et de fréquence de contrôle. Enfin, le manque de technologies véritablement préventives, capables d’anticiper les variations glycémiques avant l’apparition de complications graves, limite considérablement l’efficacité des stratégies de prise en charge. Ces constats soulignent l’urgence de repenser la surveillance du diabète à travers des outils plus simples, plus intelligents et résolument centrés sur le patient.
Une solution innovante née de la science et de l’expérience humaine
C’est précisément à cette intersection entre rigueur scientifique et vécu personnel que s’inscrit l’innovation de Khadidja Fellah Arbi. Docteure en instrumentation biomédicale, passionnée par les nouvelles technologies, elle s’appuie sur une expérience familiale marquante liée au diabète pour concevoir une solution radicalement différente. Sa réponse : un glucomètre portable, non invasif, utilisant l’électrocardiogramme (ECG) et l’intelligence artificielle pour estimer les niveaux de glucose dans le sang. Contrairement aux dispositifs classiques, cet appareil ne nécessite aucune piqûre. Il analyse les signaux électrophysiologiques du cœur, dont certaines variations sont corrélées aux fluctuations glycémiques.
Cette approche ouvre un champ inédit dans la surveillance métabolique, en transformant un examen médical courant – l’ECG – en outil prédictif et préventif.
La solution développée par Khadidja s’appuie sur une méthodologie scientifique rigoureuse, conçue pour allier précision technologique et facilité d’usage. Elle repose sur la collecte de données ECG à partir d’un dispositif portable, suivie d’un traitement avancé des signaux biologiques permettant d’identifier les marqueurs pertinents liés aux variations de la glycémie. Ces données sont ensuite analysées à l’aide d’algorithmes d’intelligence artificielle capables d’apprendre en continu, d’ajuster leurs calculs et d’affiner les estimations au fil du temps. Les résultats sont restitués en temps réel, dans une logique de confort, de simplicité et de continuité, afin de favoriser une utilisation régulière et intuitive.
Pensé pour un usage quotidien, cet appareil s’adresse à un public large : personnes diabétiques, patients récemment diagnostiqués, seniors, sportifs ou encore individus désireux de surveiller leur santé métabolique de manière proactive.
Un impact positif réel et mesurable
L’innovation de Khadidja Fellah Arbi dépasse largement la prouesse technologique. Elle génère un impact concret et mesurable, tant sur la qualité de vie des patients que sur les systèmes de santé. Grâce à son caractère non invasif, la solution favorise une meilleure adhésion au suivi médical, condition essentielle à une prise en charge efficace du diabète. Elle permet également une détection plus précoce des déséquilibres glycémiques, contribuant ainsi à réduire significativement les risques de complications. Son accessibilité, rendue possible par un dispositif à la fois abordable et durable, élargit l’accès à la surveillance glycémique à des populations souvent exclues des solutions existantes. En renforçant la prévention, cette innovation participe aussi à l’allègement de la charge pesant sur les structures de santé. Enfin, elle redonne aux patients un rôle central dans la gestion de leur maladie, en les rendant pleinement acteurs de leur suivi médical. En proposant une alternative crédible aux méthodes traditionnelles, cette solution contribue à démocratiser l’innovation médicale dans des régions où les besoins sont immenses.
À travers son glucomètre intelligent basé sur l’ECG, Khadidja Fellah Arbi démontre que l’innovation la plus puissante est celle qui place l’humain au centre de la technologie. Son projet illustre une nouvelle voie pour la gestion des maladies chroniques : plus préventive, plus inclusive et plus respectueuse du vécu des patients.
Dans un contexte mondial marqué par l’explosion des maladies non transmissibles, cette solution algérienne incarne une promesse forte : celle d’une santé connectée, éthique et accessible, capable de transformer durablement la vie de millions de personnes.
