Sidonie N’Guessan à propos du SIIMMOAF : « nous voulons faire de l’investissement immobilier en Afrique une véritable opportunité de confiance et de développement »

Heure de publication 13:55 - Temps de lecture : 3 min 51 s

Sidonie N’Guessan, présidente du Club Immobilier EuroP’Afrique (CIEPA), fondatrice de Bel Avenir Consulting et ambassadrice de solutions pour l’Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), porte une ambition : faire de l’investissement immobilier en Afrique une démarche mieux informée, plus transparente et créatrice de valeur. – © CIEPA.

Texte par : Thalf Sall

À Paris, le 19 novembre 2026, la quatrième édition de la Soirée internationale de l’investissement immobilier en Afrique (SIIMMOAF) réunira investisseurs, professionnels de l’immobilier, experts et acteurs économiques autour d’une question essentielle : comment transformer l’épargne des diasporas en investissements immobiliers sécurisés, structurés et créateurs de valeur sur le continent ? À l’initiative de Sidonie N’Guessan, présidente du Club Immobilier EuroP’Afrique (CIEPA), fondatrice de Bel Avenir Consulting, conseillère en immobilier en France et ambassadrice de solutions pour l’Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), cette rencontre entend rapprocher les marchés africains des investisseurs internationaux. Le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Guinée seront au cœur de cette édition placée sous le signe de l’information, du financement et de la confiance. Entretien.

L’investissement immobilier en Afrique suscite un intérêt croissant auprès des diasporas. Mais entre volonté de contribuer au développement des pays d’origine, constitution d’un patrimoine et recherche d’opportunités économiques, les investisseurs ont besoin de repères, de professionnels compétents et de dispositifs adaptés. C’est précisément à cette attente que répond la SIIMMOAF. Dans cet entretien, Sidonie N’Guessan explique sa démarche, présente les ambitions du CIEPA et dévoile les enjeux de cette quatrième édition.

 

Vous êtes à l’origine de la création du Club Immobilier EuroP’Afrique (CIEPA). Quel constat et quelle ambition ont motivé cette initiative ?

 

Je suis moi-même issue de la diaspora et professionnelle de l’immobilier en France. Mon activité entre la France et la Côte d’Ivoire m’a permis d’observer les attentes des investisseurs, mais également les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés lorsqu’ils souhaitent concrétiser un projet immobilier en Afrique.

Beaucoup disposent d’une capacité d’épargne et d’une réelle volonté d’investir dans leur pays d’origine. Pourtant, ils ne savent pas toujours vers quels interlocuteurs se tourner, comment vérifier les informations foncières, suivre un chantier à distance ou identifier des professionnels fiables.

Avec Alassane Dembélé, vice-président du CIEPA, nous avons donc décidé de créer un espace de rapprochement entre les investisseurs et les professionnels du secteur. Notre ambition est de favoriser un environnement dans lequel les compétences, la transparence et la responsabilité occupent une place centrale.

Lorsque j’affirme que « la diaspora n’est pas une vache à lait », je rappelle une conviction profonde : derrière chaque investissement, il y a des années de travail, d’épargne et de sacrifices. La diaspora mérite des partenaires professionnels, des informations accessibles et des engagements respectés. Son apport financier doit être considéré comme un véritable investissement économique, et non comme une ressource que l’on sollicite sans contrepartie.

 

Comment le CIEPA transforme-t-il cette conviction en actions concrètes ?

 

Nous construisons progressivement un réseau de professionnels référencés dans différents marchés africains et européens. Nous comptons aujourd’hui une dizaine de professionnels représentés sur plusieurs territoires. Notre rôle consiste à faciliter les mises en relation, encourager les recommandations et rapprocher les compétences.

Nous voulons aussi contribuer à une meilleure circulation de l’information sur les marchés immobiliers africains. Un investisseur bien informé comprend mieux les possibilités qui s’offrent à lui, prépare son financement et peut dialoguer plus efficacement avec les professionnels.

La confiance se construit dans la durée, par la qualité des prestations, la transparence des démarches et le respect des engagements.

 

Pourquoi avoir choisi la Côte d’Ivoire, le Bénin et la Guinée pour cette quatrième édition de la SIIMMOAF ?

 

Notre thème, « Investir dans l’immobilier en Afrique de l’Ouest : où saisir les meilleures opportunités ? », traduit notre volonté de proposer une lecture comparative de plusieurs marchés.

La Côte d’Ivoire bénéficie d’une dynamique économique et urbaine qui nourrit des perspectives dans différents segments immobiliers. Le Bénin connaît des transformations et développe des initiatives qui méritent davantage de visibilité. La Guinée présente également des perspectives à explorer et des acteurs qui contribuent à structurer son environnement immobilier.

Nous ne souhaitons pas désigner un pays comme étant le meilleur. Nous voulons donner aux participants les moyens de comprendre les spécificités de chacun, d'identifier les possibilités correspondant à leurs objectifs et de prendre des décisions mieux préparées.

La soirée permettra notamment d'aborder les données du crédit immobilier dans l'espace UEMOA, les opportunités par pays et les perspectives de l'immobilier commercial en Côte d'Ivoire. Des professionnels présenteront des projets au Bénin, en Côte d'Ivoire et en Guinée.

 

Le financement constitue un autre temps fort. Quelle place lui accordez-vous ?

 

C'est une question fondamentale. Une opportunité immobilière ne devient un investissement réalisable que lorsqu'elle s'accompagne d'une solution de financement adaptée.

Nous consacrerons donc un temps spécifique aux mécanismes de financement, à l'accès au crédit immobilier et aux conditions permettant aux membres des diasporas de préparer leurs acquisitions depuis l'Europe.

Nous accueillerons notamment des représentants d'Expertise France autour du programme DIASDEV, consacré à la mobilisation de l'épargne des diasporas au service du développement économique africain. Ce programme, financé par l'Agence française de développement, accompagne plusieurs Caisses des dépôts et consignations africaines.

Nous souhaitons que les participants repartent avec une meilleure compréhension des dispositifs existants, des interlocuteurs à solliciter et des démarches à entreprendre. Je remercie chaleureusement tous les intervenants et partenaires qui contribuent à la qualité de cette programmation.

 

Pourquoi avoir privilégié une soirée à taille humaine plutôt qu'un grand salon immobilier ?

 

Parce que nous voulons privilégier la qualité des échanges et la proximité avec les experts. L'investissement immobilier engage souvent des sommes importantes et des décisions qui concernent toute une famille. Les participants doivent pouvoir poser leurs questions, confronter leurs idées et obtenir des éclairages directement auprès des professionnels.

La SIIMMOAF est conçue comme un rendez-vous de travail, de rencontres et de connexions. Après les conférences et les présentations de projets, le cocktail dînatoire et le networking permettront de prolonger les échanges, de découvrir les partenaires et d'initier de nouvelles collaborations.

 

Vous êtes également ambassadrice de solutions pour l'Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas de la Semaine l'Afrique des Solutions (SAS). En quoi cet engagement rejoint-il votre démarche ?

 

Cette distinction portée par la Semaine l'Afrique des Solutions (SAS) représente pour moi une responsabilité et un encouragement. Elle rejoint pleinement ma conviction que nos territoires disposent de compétences, d'initiatives et de ressources qui méritent d'être mieux connues, valorisées et connectées.

L'immobilier est un secteur particulièrement stratégique, car il touche au logement, à l'aménagement urbain, à l'entrepreneuriat et à la création de patrimoine. Il peut aussi mobiliser des savoir-faire et des financements venus de plusieurs horizons.

Je partage avec la SAS cette volonté de dépasser les constats pour mettre en lumière les initiatives concrètes et les personnes qui font avancer les choses. La SIIMMOAF participe à cette dynamique en créant des espaces de dialogue entre les diasporas, les professionnels et les marchés africains.

 

Quelle est votre ambition à long terme pour le CIEPA et la SIIMMOAF ?

 

Nous voulons faire du CIEPA un réseau professionnel de référence entre l'Europe et l'Afrique et installer la SIIMMOAF comme un rendez-vous annuel incontournable de l'investissement immobilier africain.

Notre ambition est de multiplier les partenariats, les échanges de compétences et les joint-ventures, tout en favorisant une meilleure connaissance des marchés africains auprès des investisseurs européens. Le secteur privé a un rôle important à jouer, aux côtés des institutions, pour accompagner les besoins en logements et soutenir le développement des territoires.

 

Quel message adressez-vous aux investisseurs de la diaspora et aux professionnels qui souhaitent participer à cette dynamique ?

 

Aux investisseurs, je recommande de prendre le temps de préparer leurs projets, de s'informer sur les marchés, de vérifier les documents et de s'entourer de professionnels compétents. L'investissement immobilier doit être une décision réfléchie, fondée sur des informations vérifiables.

Aux professionnels, je lance une invitation à construire une relation durable avec les diasporas. La transparence, la qualité du service et le respect des engagements sont des atouts essentiels pour développer le marché.

Le 19 novembre prochain, nous voulons réunir toutes ces énergies autour d'une même ambition : faire émerger des investissements mieux préparés, des partenariats solides et des opportunités concrètes.

 

Un dernier mot pour inviter le public à cette quatrième édition ?

 

J'invite les investisseurs, les membres des diasporas, les professionnels de l'immobilier, les institutions et tous ceux qui s'intéressent à l'avenir économique de l'Afrique à nous rejoindre à Paris.

La SIIMMOAF26 sera une occasion de découvrir trois marchés ouest-africains, de rencontrer des experts, de mieux comprendre les possibilités de financement et d'établir des connexions utiles pour ses projets.

Nous avons besoin de bâtir une nouvelle culture de l'investissement immobilier en Afrique : une culture fondée sur la confiance, la compétence et la responsabilité. Préparer l'avenir grâce aux investissements d'aujourd'hui, c'est précisément le sens de notre engagement.


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