SAS 2026 : Gina Oloa porte une vision collective de l'engagement humanitaire
Heure de publication 13:25 - Temps de lecture : 4 min 11 s
Les Unes de quelques journaux paraissant en Côte d'Ivoire. – © Paulina Zidi / RFI.
Texte par : Thalf Sall
À Paris, Gina Oloa porte une conviction qui prend racine dans la réalité de la rue : la solidarité ne doit pas rester un élan individuel, mais devenir une action collective, organisée et durable. À travers MISIMBA OF HUMANITY – M.O.H., sa fondatrice mobilise la diaspora africaine autour des personnes sans domicile fixe et en situation de précarité. Une démarche de proximité présentée à la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), les 23 et 24 octobre 2026, à la mairie du 16ᵉ arrondissement de Paris.
Dans les rues d'Île-de-France, certaines situations se répètent sans toujours susciter une mobilisation à la hauteur des besoins. Des personnes dorment dehors, affrontent le froid, la faim et l'isolement. Parmi elles, des ressortissants africains confrontés à des difficultés multiples : absence de logement, rupture familiale ou professionnelle, obstacles administratifs, barrières linguistiques et méconnaissance des dispositifs d'accompagnement.
C'est à partir de cette réalité que Gina OLOA a construit MISIMBA OF HUMANITY – M.O.H., association présentée sous l'appellation Diversité Multiculturelle Internationale. Son ambition : faire de la diaspora africaine une force de solidarité organisée, capable d'aller vers les personnes en difficulté et de contribuer à leur accompagnement.
Le projet repose sur un constat : les élans de générosité existent au sein des communautés, mais restent souvent individuels et dispersés. Les transformer en une dynamique collective constitue le point de départ de son engagement.
Aller vers, écouter, aider et orienter : une solidarité de proximité
La démarche de M.O.H. s'incarne d'abord dans des actions concrètes. Deux maraudes de jour sont organisées chaque mois. Les bénévoles vont directement à la rencontre des personnes en situation de précarité et leur distribuent des kits alimentaires, des produits d'hygiène et des kits de survie.
Les chiffres présentés à la SAS 2026 par la fondatrice donnent une première mesure de cette activité : entre 25 et 60 personnes rencontrées par maraude, soit un potentiel de 50 à 120 rencontres mensuelles, selon les périodes et les besoins du terrain.
Mais l'intervention ne s'arrête pas à la distribution. Elle comprend également l'écoute, l'identification des besoins, l'information et, lorsque cela est possible, l'orientation vers les structures compétentes. Une approche qui place la relation humaine au cœur de l'action.
« Nous ne prétendons pas que cela résout le sans-abrisme. Cela permet de répondre à une urgence sociale humanitaire et de rompre l'indifférence », souligne Gina OLOA, dans la salle des Commissions de la mairie du 16è arrondissement de Paris, lors de la 4è édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), le 24 octobre 2026.
Cette distinction est essentielle : apporter une aide immédiate tout en contribuant à rapprocher les personnes concernées des dispositifs susceptibles de les accompagner durablement.
Faire de chaque citoyen un relais de solidarité
L'une des particularités de M.O.H. réside dans sa volonté d'élargir la mobilisation au-delà du cercle associatif. La fondatrice invite chaque membre de la diaspora africaine à adopter des gestes simples lorsqu'il rencontre une personne en situation d'errance : offrir un sandwich, un fruit, une bouteille d'eau ou quelques minutes d'écoute.
Cette solidarité accessible à tous constitue le premier maillon d'une chaîne plus vaste. Une personne sensibilisée peut devenir bénévole, mobiliser son entourage, solliciter une entreprise ou mettre l'association en relation avec un partenaire.
Pour amplifier cette dynamique, M.O.H. entend aussi investir les conférences, soirées de gala caritatives, festivals, expositions, rencontres associatives et réseaux sociaux. Ces événements réunissent, selon les estimations communiquées par l'organisation, entre 100 et 300 personnes en moyenne. Autant d'occasions de sensibiliser de nouveaux publics et de transformer les participants en relais d'action.
La perspective de déploiement repose ainsi sur la mobilisation des citoyens, des associations, des entreprises, des mécènes, des collectivités et des représentations diplomatiques africaines en France.
De la solidarité communautaire à une mobilisation durable
Présentée lors de la 4ᵉ édition de la SAS, la démarche de Gina OLOA s'inscrivait dans une édition exceptionnelle réunissant 100 intervenants venus exposer leurs initiatives et leurs engagements selon les principes du journalisme de solutions. Tous étaient invités à dépasser le simple discours pour expliquer les problèmes auxquels ils répondent, les causes identifiées, le fonctionnement de leurs dispositifs, les résultats observés et les perspectives de développement.
Avec une présentation consacrée à la transformation de la solidarité de la diaspora africaine en action sociale humanitaire concrète, Gina OLOA a défendu une vision fondée sur la proximité, la mobilisation citoyenne et la coopération. Son intervention, particulièrement remarquée et chaleureusement applaudie, a mis en lumière une conviction forte : l'engagement humanitaire peut devenir une responsabilité partagée.
« Notre ambition n'est pas de créer une assistance parallèle, mais de faire de la diaspora africaine un acteur responsable de la solidarité humanitaire, capable d'aller vers les personnes en errance, de répondre à l'urgence et surtout de les orienter vers les solutions existantes », affirme-t-elle.
Pour franchir une nouvelle étape, M.O.H. souhaite structurer ses partenariats, mobiliser davantage de bénévoles et de ressources, financer les kits, développer les dons de produits et renforcer les capacités d'orientation. Le suivi des personnes rencontrées, des kits distribués et des orientations réalisées doit permettre de mieux documenter les résultats.
Au fond, le message porté par Gina OLOA dépasse le cadre d'une association. Il rappelle qu'une société plus solidaire se construit aussi dans les gestes quotidiens, les engagements collectifs et les alliances entre citoyens et organisations.
Un sandwich peut répondre à une urgence. Une écoute peut rompre l'isolement. Une chaîne de solidarité peut ouvrir de nouvelles perspectives. C'est cette ambition que résume la signature de MISIMBA OF HUMANITY – M.O.H. : « Aller vers eux, vers vous. Écouter. Aider. Orienter. Sensibiliser. Mobiliser. »
Deux jours de présence, une élégance africaine et une conviction qui rassemble
Durant les deux journées de la 4ᵉ édition de la Semaine l'Afrique des Solutions (SAS), Gina OLOA n'est pas passée inaperçue. Élégamment habillée à l'africaine, dans de magnifiques tenues qui mettaient en valeur les étoffes, les couleurs et le raffinement des styles du continent, la fondatrice de MISIMBA OF HUMANITY – M.O.H. a apporté à l'événement une présence aussi distinguée que chaleureuse. Son allure, son sourire et sa disponibilité ont accompagné ses échanges avec les participants, les intervenants et les autres acteurs engagés dans la promotion des initiatives à impact.
Mais derrière cette élégance se dessinait surtout une conviction profondément humaine. À travers les rencontres et les échanges, elle a fait connaître son engagement en faveur des personnes sans domicile fixe et de la mobilisation solidaire de la diaspora africaine. Sa prise de parole, particulièrement brillante, a donné une dimension concrète à cette ambition. Avec clarté et détermination, elle a exposé le fonctionnement des maraudes, la distribution des kits de première nécessité et la volonté de construire un réseau de solidarité capable de mobiliser citoyens, associations, entreprises et institutions. Son intervention a été chaleureusement applaudie.
Dans les allées de la manifestation, cette démarche a nourri les conversations. Plusieurs participants ont souligné l'importance d'une solidarité qui ne se limite pas aux intentions, mais se traduit par des gestes et des engagements concrets.
Quatre regards, une même conviction : faire de la solidarité une action collective
La démarche portée par Gina OLOA a trouvé un écho auprès des participants venus de différents horizons. Au fil des échanges, quatre regards se rejoignent autour d'une même idée : la solidarité prend toute sa portée lorsqu'elle se traduit par des initiatives concrètes, accessibles et capables de mobiliser durablement.
Pour Aïssata, participante, la première force de MISIMBA OF HUMANITY réside dans sa proximité avec les personnes concernées. « Ce qui me touche dans cette initiative, c'est cette volonté d'aller directement à la rencontre des personnes qui vivent dans la rue. C'est une solidarité qui commence par l'écoute, la présence et le respect de la dignité humaine. »
Venu du Togo, Samuel retient surtout la capacité de cette démarche à fédérer les énergies au sein de la diaspora. « La diaspora africaine dispose d'un formidable potentiel de mobilisation. Cette initiative montre comment transformer cette force collective en actions concrètes sur le terrain. C'est aussi une invitation à dépasser les gestes isolés pour construire une véritable dynamique d'entraide. »
Martiniquaise, Ameline Silmont met l'accent sur la dimension humaine et l'accompagnement proposés par l'association. « J'apprécie particulièrement le fait que l'association ne s'arrête pas à la distribution de produits alimentaires. L'écoute et l'orientation vers les structures adaptées sont tout aussi importantes. Cette approche donne davantage de profondeur à l'engagement humanitaire. »
David, arrivé du Sénégal, insiste quant à lui sur l'importance des alliances pour donner à cette initiative une nouvelle dimension. « C'est le type d'engagement qui mérite d'être davantage connu et soutenu. En réunissant des citoyens, des associations et des partenaires autour d'une même cause, on peut construire quelque chose de durable et multiplier les possibilités d'action. »
Ces quatre réactions illustrent les différentes dimensions de l'initiative : la proximité avec les personnes en difficulté, la mobilisation de la diaspora, la qualité de l'accompagnement et la nécessité de partenariats. Elles prolongent le message défendu par Gina OLOA pendant les deux journées de la SAS 2026 : la solidarité ne doit pas rester une intention généreuse. Elle peut devenir une force collective, structurée autour d'actions régulières et d'engagements partagés.
C'est aussi l'un des enseignements de cette rencontre parisienne : derrière chaque initiative de terrain se trouvent des possibilités de coopération, de mobilisation et de transformation sociale.
MISIMBA OF HUMANITY : une association engagée contre les injustices et les atteintes aux droits humains
Fondée autour des valeurs de solidarité, de dignité et de respect des droits humains fondamentaux, MISIMBA OF HUMANITY – M.O.H. (Diversité Multiculturelle Internationale) est une association à vocation sociale et humanitaire qui lutte contre les injustices et les violations des droits fondamentaux. Son action ne se limite pas à une problématique particulière : elle intervient sur différentes situations de précarité et de vulnérabilité, en apportant notamment un soutien ponctuel dans les situations d’urgence.
Dans ce cadre, l’association mène des actions auprès des personnes sans domicile fixe et des personnes en situation d’errance dans les rues de France. Ces interventions s’inscrivent dans un engagement humanitaire plus large, qui consiste à aller à la rencontre des personnes fragilisées, à répondre à certains besoins immédiats et à favoriser leur orientation vers les dispositifs d’accompagnement existants.
Cette approche généraliste traduit la volonté de M.O.H. de faire de la solidarité un engagement concret, attentif aux différentes formes d’exclusion et respectueux de la dignité de chaque personne.
Un sandwich, une écoute, un geste : Gina OLOA fait vivre la solidarité en actes
Gina OLOA à la SAS 2026 : retour en images sur les temps forts de ses interventions, ses prises de parole et ses rencontres autour de MISIMBA OF HUMANITY – M.O.H. et de la solidarité humanitaire
