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Rosine Soglo : hommage à une femme politique exceptionnelle

Chronique

Rosine Soglo a positivement marqué la scène politique béninoise pendant 30 ans.

Texte par : Arimi Choubadé

Décédée le dimanche 25 juillet 2021 à Cotonou, à l’âge de 87 ans, l’avocate Rosine Vieyra Soglo fut une puissante femme politique au Bénin. Présidente fondatrice du parti la Renaissance du Bénin (RB), présidente de l’association Vidolé, ancienne députée à l’Assemblée nationale, elle a marqué l’histoire de son pays, ces trente dernières années.

Femme courageuse, dynamique, vaillante, attentionnée, elle a un grand cœur. Epouse de Nicéphore Dieudonné Soglo, ancien président du Bénin (1991-1996), Rosine Vieyra Soglo, jusqu’à sa mort, a combattu le bon combat. Son objectif : un Bénin libre, juste, solidaire et prospère.

Rosine a laissé à chaque Béninois, l'occasion de découvrir sa vérité à elle, unique, immuable, la vérité tout court ; quoi que cela puisse lui coûter. Lorsqu'elle dit que les députés de son pays ont reçu de l'argent pour voter en faveur de la révision de la Constitution, elle été conspuée, stigmatisée, dénoncée, à tort. Pas parce que les liasses n'avaient pas circulé dans les travées du Palais des gouverneurs à Porto-Novo, siège du Parlement béninois. Mais parce que c'est elle, une femme, qui le dit ; elle, la doyenne d'âge, depuis 5 législatures consécutives, en plein hémicycle. Pendant que le monde entier suivait les débats sur radio hémicycle elle-même câblée sur le net.

Lorsqu'elle fustige les intrigues souterraines des "princes" d'Abomey, une ville du sud du Bénin, les concernés eux-mêmes ne doutent pas un seul instant de la pertinence de cette impertinence. Mais la matraque est pourtant tombée sur la brave dame parce que justement c'est la femme d'un ancien chef de l’Etat qui parle.

Elle portait sa posture galiléenne comme une croix pendue à son cou. Jamais dans la demi-mesure. Toujours attachée à ce qu'elle croit être la vérité, même si cela lui coûtait énormément. La conviction chevillée à ses prunelles malgré la souffrance, l'hostilité, le brouillard et l'impotence. Elle a tout affronté de face au risque d'y perdre la vue... puis la vie.

Lorsqu'elle dit d'un député béninois qu'il est un « délinquant », c'est qu'elle y croit vraiment. Lorsqu'elle refuse de suivre le discours de Laurent Gbagbo devant le Parlement béninois, à Porto-Novo, la capitale du Bénin, c'est qu'elle était convaincue que le concept de « l'ivoirité », alors en vogue, allait détruire cette Côte d'Ivoire si chère à elle.

Toujours la même détermination lorsqu'elle arpente le pays, de village en village, à la rescousse des enfants mis au monde dans le dénouement. A chaque fois les faits devaient lui donner raison plus tard.

S'il existe vraiment une vie après la mort, Rosine n'a jamais fait mystère de sa prochaine occupation au cours de sa réincarnation : traquer tous les fossoyeurs de la démocratie et de la liberté dans son pays.

Toutes ces vérités dites crûment, publiquement, avec solennité, sans transiger ont parachevé sa stature d'amazone, de guerrière, de combattante tout simplement en sus de toutes les autres qualifications que chacun de ses concitoyens voudrait lui porter. Elle a promis que l'extinction de son souffle ne mettrait pas fin à l'odyssée.

 

Nous t'attendons, Rosine !


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