De mère engagée à marraine officielle : Sylvie Garcia met son combat pour l’autisme au service de la République centrafricaine
Heure de publication 15:16 - Temps de lecture : 3 min 06 s
En devenant marraine officielle de l'ONG Vision Trust Centrafrique, Sylvie Garcia met son expérience et son engagement au service des personnes autistes et de leurs familles. – © Sylvie Garcia.
Texte par : Mathias Houngbadji
La nomination de Sylvie Garcia comme marraine officielle de l’ONG Vision Trust Centrafrique dépasse le cadre d’une distinction honorifique. Elle traduit la volonté de renforcer la sensibilisation, l’accompagnement des familles et l’inclusion des personnes autistes dans un pays où les besoins restent considérables. Forte d’un parcours forgé par l’expérience personnelle et l’action de terrain, cette militante française, ambassadrice de solutions pour l’Afrique, ouvre un nouveau chapitre de son engagement en Afrique.
Pendant des années, son combat a été celui d’une mère refusant que le diagnostic de son fils soit synonyme de résignation. Aujourd’hui, cette détermination franchit une nouvelle étape. L’ONG Vision Trust Centrafrique a annoncé la nomination de Sylvie Garcia en qualité de marraine officielle pour le bien-être des personnes autistes en République centrafricaine. Une décision qui s’inscrit dans la stratégie de l’organisation visant à renforcer l’accompagnement des personnes vivant avec des troubles du spectre de l’autisme, des personnes en situation de handicap et de leurs proches.
En acceptant cette mission, Sylvie Garcia affiche une ligne de conduite fidèle à son engagement : agir avec humilité, construire des partenariats durables et contribuer à une société où la différence n’est plus un facteur d’exclusion mais une richesse collective.
Une reconnaissance d'un engagement construit sur l'expérience
L’histoire de Sylvie Garcia ne commence pas dans une institution ni au sein d’une organisation internationale. Elle prend racine dans une expérience familiale. Lorsque son fils Valentin est diagnostiqué autiste, elle découvre les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles : isolement, manque d’information, insuffisance des dispositifs d’accompagnement et regard souvent stigmatisant porté sur le handicap.
Face à cette réalité, elle choisit l’action. En 2015, elle crée l’association Liberté Autisme QUAD 01, dont le nom s’inspire de la passion de son fils pour le quad. L'association développe progressivement des actions de sensibilisation, d'accompagnement administratif, d'activités inclusives et de soutien aux familles. Parmi ses initiatives emblématiques figure la participation de Valentin au Mondial du Quad de Pont-de-Vaux, une première pour un jeune autiste en France et en Europe, devenue un symbole des possibilités offertes lorsque les barrières sociales sont levées.
Au fil des années, cette expérience personnelle s'est transformée en une expertise reconnue dans le domaine de l'inclusion.
Une mission qui dépasse les frontières
La nomination annoncée par Vision Trust Centrafrique intervient dans un contexte où les acteurs associatifs cherchent à renforcer la prise en charge des personnes autistes tout en développant une culture de l'inclusion.
Pour l'organisation centrafricaine, l'arrivée de Sylvie Garcia constitue un levier supplémentaire afin d'amplifier les actions de sensibilisation, de favoriser les partenariats et d'améliorer l'accompagnement des familles concernées.
Dans son message publié à la suite de cette annonce, la nouvelle marraine officielle résume l'esprit de son engagement : elle ne prétend pas changer le monde, mais estime que transformer positivement la vie d'un seul enfant donne déjà un sens à toute une vie de mobilisation.
Cette approche, centrée sur les résultats concrets plutôt que sur les discours, rejoint les attentes des organisations engagées dans le secteur du handicap, où les avancées reposent souvent sur des initiatives locales, des coopérations durables et un dialogue permanent avec les familles.
En République centrafricaine, plusieurs partenaires nationaux et internationaux développent déjà des programmes destinés à renforcer l'inclusion sociale des populations vulnérables, notamment des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap. La mobilisation de la société civile apparaît ainsi comme un complément essentiel aux politiques publiques.
Une figure de l'inclusion reconnue en Afrique
Cette nomination ne constitue pas une première reconnaissance internationale pour Sylvie Garcia. En 2025, elle avait été distinguée comme Ambassadrice de Solutions pour l'Afrique lors de la 3è édition de la Semaine l'Afrique des Solutions (SAS), rendez-vous consacré à la valorisation des initiatives à impact. Cette distinction saluait un parcours fondé sur la promotion de la neurodiversité, la défense des droits des personnes autistes et le développement de projets inclusifs en Afrique.
Depuis, son engagement s'est renforcé à travers plusieurs collaborations internationales et des actions de sensibilisation menées auprès des institutions, des associations et des collectivités.
Au-delà de son parcours personnel, Sylvie Garcia défend une vision selon laquelle l'inclusion ne relève pas uniquement du secteur médico-social. Elle implique également l'éducation, le sport, la culture, l'emploi, l'entrepreneuriat et la participation citoyenne. Une approche transversale qui correspond aux nouvelles orientations promues par de nombreuses organisations internationales spécialisées dans les politiques du handicap.
Construire une société où chacun trouve sa place
L'annonce de Vision Trust Centrafrique envoie un signal fort aux familles concernées par l'autisme. En faisant appel à une personnalité dont la crédibilité repose avant tout sur l'expérience vécue et les réalisations concrètes, l'ONG affirme sa volonté de placer les personnes concernées et leurs proches au cœur de son action.
Pour Sylvie Garcia, cette nouvelle responsabilité représente davantage qu'un titre. Elle offre l'opportunité de poursuivre un travail engagé depuis plus d'une décennie : changer le regard porté sur l'autisme, favoriser la coopération entre les acteurs de terrain et rappeler que chaque enfant mérite d'accéder à l'éducation, à la dignité et à une pleine participation à la vie sociale.
Dans un contexte où les enjeux liés à l'inclusion prennent une place croissante dans les politiques de développement, cette nomination illustre aussi l'émergence d'une coopération fondée sur le partage d'expériences, la solidarité internationale et la diffusion de solutions éprouvées. Une dynamique qui pourrait contribuer, à terme, à renforcer les capacités des acteurs locaux et à faire progresser la reconnaissance des droits des personnes autistes en République centrafricaine.
