De la pollution à l’opportunité : l’enquête de Papy Bwabuy sur une solution écologique made in RDC
Heure de publication 17:15 - Temps de lecture : 3 min 08 s
Papy Bwabuy, journaliste à Digital Congo et apprenant en journalisme de solutions, a présenté lors du webinaire international de la SAS 2026 son reportage consacré à Makala Bio, une initiative innovante qui transforme les déchets ménagers en charbon écologique, contribuant ainsi à l’assainissement de Kinshasa, à la création d’emplois et à la protection de l’environnement. – © Notre Voix.
Texte par : Thalf Sall
À l’occasion du webinaire international consacré au thème « Journalisme de solutions : raconter ce qui fonctionne pour inspirer le changement et révéler une autre Afrique », organisé dans le cadre de la préparation de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), le journaliste congolais Papy Bwabuy a présenté son reportage de fin de formation consacré à Makala Bio. Son enquête met en lumière l’initiative portée par le jeune entrepreneur Cédric Onoya, qui transforme les déchets ménagers en charbon écologique, tout en créant des emplois et en contribuant à l’assainissement de Kinshasa. Une démonstration concrète de la manière dont le journalisme de solutions permet d’identifier, d’analyser et de valoriser des réponses innovantes aux défis du continent.
Webinaire sur le journalisme de solutions
Pitch de Papy BWABUY
Bonsoir à toutes et à tous,
Je suis Papy BWABUY, journaliste à Digital Congo, média audiovisuel basé à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
J’ai découvert le journalisme de solutions grâce à une consœur, Rita Bitota, qui a participé à la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) en 2024 et en 2025 et qui a bénéficié de cette formation innovante. À travers nos échanges, j’ai été particulièrement interpellé par cette approche éditoriale qui propose un regard plus complet sur l’actualité. Au-delà de l’identification des problèmes, elle s’attache à analyser les réponses concrètes développées par les citoyens, les entrepreneurs, les associations et les autres acteurs du changement. Cette vision du journalisme, à la fois rigoureuse, constructive et tournée vers l’impact, a immédiatement suscité mon intérêt et renforcé ma conviction que les médias ont aussi un rôle à jouer dans la valorisation des solutions qui contribuent à faire progresser nos sociétés.
Dans un pays souvent associé aux conflits, aux crises et aux difficultés, j’ai compris qu’il était essentiel de montrer aussi les initiatives qui fonctionnent, les innovations locales et les solutions qui améliorent la vie des populations.
La formation en journalisme de solutions organisée dans le cadre de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) a profondément enrichi ma pratique professionnelle. Aujourd’hui, lorsque je mène une enquête, je vais au-delà du constat. Je cherche à comprendre les causes profondes d’un problème, à identifier les solutions expérimentées sur le terrain, à analyser leur efficacité, leurs résultats et leurs limites. Cette démarche m’a permis de renforcer mes compétences en investigation, en analyse d’impact et en vérification des faits.
Pour mon reportage de fin de formation, déjà publié sur la plateforme Notre Voix (www.notrevoix.info), j’ai choisi de traiter la question de la gestion des déchets ménagers à Kinshasa. Mon angle consistait à analyser la réponse développée par Cédric Onoya, un jeune entrepreneur qui transforme les déchets collectés en charbon écologique, connu sous le nom de Makala Bio.
Le reportage part d’un constat bien connu des habitants de Kinshasa : l’accumulation des déchets dans de nombreux quartiers, aggravée par l’insuffisance des infrastructures de traitement et certaines pratiques d’incivisme. Face à cette situation, Cédric Onoya a mis en place un système de collecte, de tri et de valorisation des déchets permettant de produire une énergie alternative tout en réduisant la pollution.
Mon enquête explique le fonctionnement de cette solution, depuis la collecte des déchets jusqu’à leur transformation en combustible écologique. Elle analyse également les résultats obtenus : l’assainissement progressif de certaines zones, la création d’emplois pour une douzaine de jeunes et la contribution à la protection de l’environnement.
Fidèle aux principes du journalisme de solutions, je me suis aussi intéressé aux limites du modèle. J’ai notamment examiné les contraintes financières, les capacités encore limitées de traitement des déchets et la nécessité d'un soutien plus important des pouvoirs publics pour permettre à cette initiative de changer d’échelle et d’être reproduite dans d’autres villes. L’analyse d’un expert en économie verte a permis d’apporter ce regard critique indispensable.
Cette formation m’a convaincu que le journalisme de solutions n’est pas un journalisme de promotion ou de bonnes nouvelles. C’est un journalisme exigeant qui documente les réponses aux défis de nos sociétés avec rigueur, esprit critique et souci de l’impact.
Je suis fier de faire partie de cette dynamique portée par la Semaine l’Afrique des Solutions, qui a déjà permis de former 200 professionnels africains à cette approche innovante. Je remercie chaleureusement Léonce Houngbadji pour cette initiative visionnaire, ainsi que l’ensemble des formateurs et des participants pour la richesse des échanges et des apprentissages partagés.
En tant que journaliste, je suis convaincu que notre responsabilité est non seulement d'informer sur les problèmes, mais aussi d'éclairer les solutions qui contribuent à construire l'Afrique de demain.
Je vous remercie de votre attention.
