De Kinshasa à la SAS 2026 : comment un reportage sur Poubob illustre la puissance du journalisme de solutions

Heure de publication 11:45 - Temps de lecture : 3 min 05 s

À Paris, lors de la SAS 2024, Rita Bitota reçoit la Médaille d'Honneur d'Ambassadrice de Solutions pour l'Afrique. Une reconnaissance méritée pour une journaliste engagée qui choisit de raconter les réponses, les innovations et les réussites qui contribuent à changer le regard porté sur l'Afrique. – © Notre Voix.

Texte par : Thalf Sall

Formée au journalisme de solutions lors de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) 2024, la journaliste congolaise Rita Bitota a choisi de consacrer son reportage de fin de formation à Poubob, une initiative innovante qui transforme des bouteilles plastiques abandonnées en poubelles écologiques. À travers cette enquête rigoureuse, elle démontre comment le journalisme peut non seulement révéler les problèmes, mais aussi mettre en lumière des réponses concrètes, mesurables et porteuses d’espoir pour les communautés africaines.

Dans le cadre de la préparation de la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), prévue les 23 et 24 octobre 2026 à Paris, un webinaire international stratégique s'est tenu le 15 juillet 2026 autour du thème : « Journalisme de solutions : raconter ce qui fonctionne pour inspirer le changement et révéler une autre Afrique ».

À cette occasion, Rita Bitota, journaliste et coordonnatrice du média Digital Congo en République démocratique du Congo, a partagé son parcours, son expérience du journalisme de solutions et les enseignements tirés de son reportage consacré à Poubob, une initiative locale de lutte contre la pollution plastique.

Son intervention a illustré avec force comment le journalisme de solutions permet de dépasser la simple couverture des crises pour enquêter sur les réponses apportées aux défis sociaux, environnementaux et économiques. En mettant en lumière des initiatives à impact, tout en conservant l'exigence critique propre au métier de journaliste, cette approche contribue à faire émerger une autre narration de l'Afrique : plus équilibrée, plus constructive et plus fidèle aux dynamiques de transformation à l'œuvre sur le continent.

À travers l'exemple de Poubob, Rita Bitota a montré que les solutions existent déjà sur le terrain et que le rôle des médias est aussi de les documenter avec rigueur, d'en évaluer les résultats, d'en analyser les limites et d'en favoriser la visibilité. Une démonstration concrète de la manière dont le journalisme de solutions peut inspirer le changement et renforcer la confiance dans la capacité des Africains à répondre eux-mêmes aux défis auxquels ils sont confrontés.

 

Pitch de Rita Bitota


 

Chers participants au webinaire,

 

Je suis Rita Bitota, journaliste de formation et de profession, et Coordonnatrice du média Digital Congo en République démocratique du Congo.

J’ai découvert le journalisme de solutions grâce à ma consœur Aurélie Mazongelo, lors de la deuxième édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) à Paris. Cette approche a immédiatement retenu mon attention, car elle propose une autre manière de raconter le réel : une information qui ne s’arrête pas au constat des problèmes, mais qui explore également les réponses, les méthodes et les résultats obtenus par celles et ceux qui agissent.

Ce qui m’a particulièrement convaincue, c’est que le journalisme de solutions ne demande pas d’abandonner notre exigence critique de journaliste. Au contraire, il nous invite à enquêter autrement : comprendre les causes profondes d’un problème, analyser la pertinence d’une réponse, mesurer son impact et identifier ses limites.

Dans ma pratique professionnelle, cette approche a profondément changé ma manière de choisir mes sujets et de construire mes reportages. Je ne cherche plus uniquement à documenter ce qui ne fonctionne pas, mais aussi à révéler les initiatives qui apportent des réponses concrètes aux défis de nos communautés. Cela permet de donner une visibilité nouvelle aux acteurs du changement et de proposer des récits plus équilibrés sur notre pays et notre continent.

Les impacts sont déjà visibles. Le public, souvent exposé à des informations dominées par les crises, manifeste un réel intérêt pour des histoires qui montrent des solutions crédibles et inspirantes. Les porteurs d’initiatives, quant à eux, trouvent un espace de reconnaissance et de dialogue. Pour nous, journalistes, ces contenus ont également une valeur durable : ils dépassent l’urgence de l’actualité et continuent d’être utiles dans le temps.

Pour illustrer cette démarche, je vous présente mon reportage réalisé à l’issue de cette formation, consacré à Poubob.

À Kinshasa, une ville de plus de 15 millions d’habitants, la gestion des déchets plastiques représente un défi majeur. Face à l’accumulation des bouteilles abandonnées et aux insuffisances des mécanismes de recyclage, Poubob propose une réponse locale : une poubelle écologique fabriquée à partir de bouteilles plastiques récupérées.

Mon reportage analyse cette initiative sous plusieurs angles : le problème des déchets plastiques et ses causes, la solution développée par son promoteur Bobo Bob Benza présent parmi nous, son mode de fonctionnement, ainsi que ses premiers résultats. Mais il porte aussi un regard critique sur les conditions nécessaires à son changement d’échelle : un accompagnement institutionnel, des moyens financiers adaptés et une sensibilisation accrue des citoyens.

À travers ce travail, j’ai voulu montrer qu’en RDC, comme ailleurs en Afrique, des solutions existent déjà. Notre rôle de journalistes est de les documenter avec rigueur, de questionner leur impact et de contribuer à faire émerger de nouveaux récits fondés sur l’action et les possibilités.

 

Je vous remercie.


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