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Vie chère, pluviométrie et Covid-19 en Afrique de l’ouest


Tout coûte cher actuellement en Afrique de l’Ouest, notamment les denrées alimentaires. – © Le Mérite Africain.

Texte par : Kafoun Barry

Le fait est que tout ou presque coûte désormais cher sur les marchés populaires d'une grande partie de l'Afrique de l'Ouest notamment les denrées alimentaires (Côte d’Ivoire, Bénin, Togo, Niger, Burkina Faso, Mali, Ghana, Nigeria…). En échos à une tendance inflationniste avec des fortunes diverses d'une région à une autre. Sauf qu'en l'occurrence il s'agit essentiellement de la hausse exponentielle sur les produits alimentaires à Cotonou, Lomé, Accra et environs.

Mais au-delà du constat que les repas des citoyens sont de plus en plus dégarnis, c'est sur les actions pour en conjurer les effets que portent les préoccupations. Encore une fois, tous les regards sont orientés sur la dualité rédhibitoire entre la pluviométrie et l'agriculture. Alors qu'en réalité les produits sont disponibles mais hors de portée du pouvoir d'achat. D'un pays à un autre, les mesures tiennent presque toutes à l'interdiction de faire sortir des céréales du territoire national avec l'espoir que le retour de la pluie pourrait faire baisser les prix sur les marchés.

Si ce diagnostic s'avérait réellement justifié on se demande alors pourquoi chaque Etat ne procède pas à une réévaluation des investissements en matière de maîtrise de l'eau dans le secteur agricole. En effet, plusieurs ressources ont été allouées à des projets d'irrigation de terres cultivables ces dernières années. En consentant ces budgets à la technologie hydro-agricole, les États devraient pouvoir réduire considérablement la dépendance de l'agriculture vis-à-vis de la pluviométrie très éprouvée par les dérèglements climatiques. Les objectifs de ces projets d'irrigation sont de préserver l'activité des producteurs des aléas climatiques en cas de pluviométrie abondante ou en cas de retard voire rareté de la pluie. Dans ce domaine, les États du Sahel ont acquis une certaine expertise en ce qui concerne les techniques de retenue d'eau en vue de la production en toute saison.

Le diagnostic global des phénomènes à l'origine de la cherté des produits vivriers semble également manqué d'efficience, ce qui ne permet pas de faire prospérer les politiques communes élaborées par les instances sous régionales telles que la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ou l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour ne pas parler d'absence totale de coordination face à plusieurs facteurs pouvant perturber les agriculteurs. En effet, au-delà de la question de l'eau dans l'agriculture, les États ne parviennent toujours pas à coordonner leurs politiques face aux manifestations de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), par exemple. Bien que les mouvements des populations soient soumis à des tracasseries multiples aux frontières avec des risques évidents de renchérissement des coûts des transports des denrées et du commerce transfrontalier en général.

Par ailleurs, les gouvernements manquent terriblement de marge de manœuvre afin de relancer la consommation, première grande victime de la cherté. Aucune perspective visible pour les travailleurs des différents secteurs, les agriculteurs et les opérateurs économiques. Tout est fait comme si l'inflation devait disparaître d'elle-même sans mesures particulières des pouvoirs publics. A peine si on sent des efforts d'évaluation de la crise sur les économies africaines.

Il s'agit avant tout de se rendre maître de son propre destin à travers des décisions consenties entre les divers acteurs économiques et les autorités en charge des politiques publiques. De faire face à la crise tout simplement. Et non de la subir telle une fatalité.


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