One Digital Health : quand l’innovation numérique africaine fait de la prévention sanitaire une priorité
Heure de publication 20:00 - Temps de lecture : 3 min 02 s
One Digital Health Innovation Challenge : quand le numérique devient un levier de prévention sanitaire en Afrique. À la SAS 2026, Erick Maville mettra en lumière des innovations africaines qui conjuguent santé, environnement et technologies pour transformer les défis sanitaires en solutions concrètes. – © SEE.
Texte par : Thalf Sall
De la surveillance de la pollution atmosphérique à la lutte contre le paludisme, des entrepreneurs africains développent des réponses technologiques à des défis sanitaires majeurs. Porté par Santé en Entreprise (SEE), le One Digital Health Innovation Challenge entend accélérer ces initiatives en rapprochant santé, environnement et innovation numérique. Une dynamique qu’Erick Maville présentera à la 4ᵉ édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS), les 23 et 24 octobre 2026 à Paris.
La santé ne se joue pas uniquement dans les hôpitaux et les centres de soins. Elle dépend aussi de la qualité de l’air, de l’environnement, des interactions entre humains et animaux et des conditions de vie des populations. C’est le principe de l’approche « One Health », ou « Une seule santé », défendue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses partenaires internationaux. Elle repose sur une idée fondamentale : la santé humaine, animale, végétale et celle des écosystèmes sont étroitement liées.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le One Digital Health Innovation Challenge, porté par l’association Santé en Entreprise (SEE), à travers son programme HealthTech For Good. Son ambition est d’identifier, de promouvoir et d’accompagner des solutions numériques capables de mieux prévenir les risques sanitaires et environnementaux, en particulier dans les territoires et le monde professionnel.
Intelligence artificielle, objets connectés, observation de la Terre et plateformes numériques deviennent ainsi des outils potentiels de détection précoce, de surveillance et d’aide à la décision. L’enjeu consiste à faire dialoguer des univers encore trop souvent cloisonnés : professionnels de santé, ingénieurs, entreprises, chercheurs, entrepreneurs et investisseurs.
Trois innovations africaines face à des défis concrets
Le 9 octobre 2026, à Rabat, au Maroc, la quatrième édition du Forum Afrique, RSE & Santé a accueilli une session participative du challenge, donnant au public la possibilité d’évaluer trois solutions numériques. Un module de notation développé par le pôle Digital & Innovation de SEE a permis de comparer les projets selon cinq critères : qualité de la présentation, pertinence de la solution, potentiel de développement, modèle économique et impact.
Parmi les initiatives présentées, NAANA TECHNOLOGIES, au Burkina Faso, porte MALARIA SAFE, une solution mobilisant l’intelligence artificielle, les drones et la traçabilité pour renforcer la lutte contre le paludisme. L’approche présentée privilégie l’intervention en amont, notamment par l’identification des gîtes larvaires des moustiques, afin de compléter les stratégies de prévention existantes.
Autre projet, HENDDU, fondé par l’entrepreneur Soulemane Halif Ngagine, associe objets connectés, observation de la Terre et expertise environnementale pour aider les États, les collectivités et les entreprises à surveiller la pollution atmosphérique. La qualité de l’air devient ainsi un enjeu mesurable, susceptible d’éclairer les décisions publiques et privées.
Enfin, VMDEEP, initiative guinéenne accompagnée en 2024 par HealthTech For Good dans le cadre d’un hackathon consacré à One Health, s’intéresse aux effets des expositions environnementales sur les populations vivant dans des zones fortement polluées.
Selon les résultats communiqués par SEE, NAANA TECHNOLOGIES arrive en tête du vote du public avec 19,4 points sur 25, devant VMDEEP (18,6/25) et HENDDU (16,8/25). Ces scores témoignent de l’appréciation exprimée lors de cette session ; ils ne constituent pas, à eux seuls, une mesure indépendante de l’efficacité sanitaire des technologies présentées.
De l’innovation à l’impact : le défi du déploiement
L’intérêt de ce challenge dépasse la compétition entre startups. Il pose une question décisive pour l’avenir de la santé numérique : comment passer d’une technologie prometteuse à une solution réellement accessible, adaptée aux besoins locaux et durablement opérationnelle ?
La réponse suppose de vérifier les performances des outils, de mesurer leurs effets, de construire des modèles économiques viables et d’associer les communautés concernées. Elle implique aussi de prendre en compte la protection des données, les infrastructures disponibles et les compétences nécessaires à l’utilisation de ces technologies.
L’accompagnement et la mise en réseau sont donc déterminants. Dans cette logique, SEE annonce que le lauréat NAANA TECHNOLOGIES sera invité à participer à GITEX Digi Health & Biotech 2027, ouvrant une perspective de visibilité et de connexions professionnelles.
C’est cette dynamique qu’Erick Maville, président de Santé en Entreprise, viendra mettre en lumière lors de la 4è édition de la Semaine l’Afrique des Solutions (SAS, à Paris, les 23 et 24 octobre 2026. Sa présentation s’inscrit dans une ambition plus large : montrer que l’Afrique ne se contente pas de faire face à ses défis sanitaires, mais développe aussi des réponses technologiques susceptibles d’inspirer d’autres territoires.
La prévention sanitaire de demain se construira par le décloisonnement des expertises, la coopération et l’évaluation rigoureuse des solutions. En rapprochant innovation numérique, santé et environnement, le Semaine l’Afrique des Solutions (SAS) et le One Digital Health Innovation Challenge contribuent à faire émerger une génération d’entrepreneurs qui place la technologie au service des populations.
