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Me Aboubakar Baparapé : tout pour le Bénin

Société

Me Aboubakar Baparapé, avocat et militant infatigable des droits humains au Bénin. – © Notre Voix.

Texte par : Léonce Houngbadji

Depuis une cinquantaine d’années, Aboubakar Baparapé, avocat au Barreau de Cotonou, se dresse contre l’injustice au Bénin. C’est l’une des icônes des mouvements sociaux et politiques dans son pays. Il se bat pour la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance. Découverte d’un militant très engagé.

Durant la période révolutionnaire, sous l’ancien président feu Mathieu Kérékou, Me Aboubakar Baparapé a été torturé et emprisonné à plusieurs reprises. Les séquelles sont toujours sur son corps. C’est un secret de Polichinelle.

Après 12 années de clandestinité puis d’emprisonnement à la prison de haute sécurité de Ségbana, au nord-est du Bénin, il prend la route de l’exil. C’est d’abord à Paris, en France, qu’il déposa ses valises avant de se rendre ensuite en Côte d’Ivoire où il décrocha son doctorat en droit et son Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat, sortant major de sa promotion.

Revenu plus tard dans son pays, il est admis au stage d’avocat. Sortant encore major de sa promotion, il remporte le premier prix du concours d’art oratoire du Centre international de formation des avocats francophones (Cifaf), en 2003. Aujourd’hui, il exerce à plein temps dans son cabinet d’avocat à Cotonou, intervenant devant les cours et tribunaux sur l’ensemble du territoire national pour défendre ses clients.

Plaidoirie, lobby, dialogue, communication, sensibilisation, marche, meeting, sit-in, pétition, tribune, médiation, conférence publique et de presse... Telles sont ses armes contre l’arbitraire. Grand militant des droits humains, il a marqué l'Histoire du Bénin. Président de l'Organisation pour la Défense des Droits de l'Homme et des Peuples (ODHP), il a dévoué toute sa vie à son pays, persuadé que « seule la lutte paie » pour défendre et protéger les droits humains.

Sa lutte citoyenne et politique a grandement contribué à l’avènement de la démocratie au Bénin, à l’issue de la Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation de 1990. Pour de nombreux Béninois, « il est un héros ».

De nature « optimiste » et figure incontournable des luttes populaires, il milite dans plusieurs organisations sociales et politiques comme le Parti Communiste du Bénin (PCB), le Front pour le Sursaut Patriotique (FSP) et l’Alliance Pour la Partie (APP). 

Reconnaissable par son humilité et son franc-parler, il n’a jamais cessé d’éveiller les consciences pour un Bénin respectueux des droits humains et des principes démocratiques. En novembre 2018, il a fortement contribué à la création du Comité de Soutien aux Détenus et Exilés Politiques du Bénin (CSDEPB) dont il est d’ailleurs le président d’honneur.

Témoignages

Ce parcours exemplaire inspire plusieurs jeunes. « Me Aboubakar Baparapé est le défenseur des opprimés. C’est la constance dans la lutte depuis cinq décennies. C’est la résistance à toutes les formes d’oppression, la défense des sans voix, des faibles. C’est la culture de l’esprit de sacrifice pour son pays et pour les autres. C’est tout court, un exemple à suivre », témoigne une militante de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB), la plus grande centrale syndicale du pays. 

« Mathieu Kérékou a été un dictateur combattu et vaincu par les luttes des travailleurs, de la jeunesse et du peuple dès son arrivée au pouvoir, notamment ouvertement à partir de 1975. Chaque espace du pouvoir de l’autocrate était contesté. C’est tout ce mouvement qui a convergé toute l’année 1989 et l’autocrate a été renversé. Dans ces luttes, le peuple a consenti des sacrifices énormes : les privations, la prison, l’exil, la clandestinité, les tortures, la mort. Il y a eu des martyrs et des héros qui ont sacrifié jusqu’à leur vie pour donner le courage au peuple. Ces martyrs n’ont jamais été reconnus (Luc Togbadja, Rémi Akpokpo Glèlè, Parfait Acatcha, Maurice Dansou, Mama Yari Moussa), ni ces héros (Pascal Fantodji, Thérèse Waounwa, Baparapé Aboubakar, Alassane Issifou, Philippe Noudjènoumè, Luc Agnankpé…», fait savoir le Premier Secrétaire du Parti Communiste du Bénin (PCB), le constitutionnaliste Philippe Noudjènoumè, le 19 mars 2021, dans le numéro 393 du journal La Flamme.

« C’est un grand témoin de l’histoire de notre nation, un homme audacieux. Il a suscité en notre génération, le goût de l’effort, du sacrifice, de s’engager à l’échelle locale et nationale, pour un Bénin juste, libre, équitable et stable. Je suis un héritier de ses luttes, qui resteront gravées dans ma mémoire », reconnaît Zakari Yaho Atta Adam Aboubakari, secrétaire général de l’organisation internationale Volontaires pour la Démocratie et les Droits Humains (VDDH), basée en France.  « Il donne envie d’agir, d’entreprendre, d’oser, de réussir ; il a le mérite d’agir dans le sens de l’intérêt général depuis plusieurs décennies », laisse-t-il entendre.

Ratification par le Bénin de la convention de l’Union Africaine sur les données à caractère personnel adoptée à Malabo en août 2014. C’est le défi majeur que se lance l’avocat et militant infatigable des droits humains. 


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