FALFA 2026 : à Bordeaux, un festival pour réparer l’invisibilité des imaginaires africains
Heure de publication 11:55 - Temps de lecture : 3 min 55 s
Un festival pour voir, comprendre et valoriser autrement l’Afrique : le FALFA 2026 s’impose comme un pont entre cultures, générations et imaginaires, au cœur de Bordeaux. – © FALFA.
Texte par : Thalf Sall
Et si la culture devenait une réponse concrète aux fractures de représentation ? Les 19 et 20 juin 2026, Bordeaux accueille la première édition du Festival Africain du Livre et du Film d’Animation (FALFA), un événement inédit qui ambitionne de rendre visibles les récits africains contemporains et de transformer durablement les regards.
Malgré la richesse et la diversité des cultures africaines, la littérature jeunesse africaine, la bande dessinée ou encore le film d’animation du continent restent largement sous-représentés dans les circuits culturels européens. Ce manque de visibilité limite non seulement l’accès du public à ces œuvres, mais freine aussi la reconnaissance des créateurs africains et de la diaspora.
Ce constat est au cœur de la création du FALFA. Comme le souligne sa fondatrice, Cahela Kouléon, cette invisibilité est aussi une question d’accès, de transmission et d’imaginaire. En France, de nombreux enfants issus de la diversité grandissent sans se reconnaître dans les récits proposés, tandis que les productions africaines peinent à trouver leur place dans les librairies et les écrans.
Les causes sont multiples : manque de plateformes dédiées, faible structuration des industries culturelles africaines à l’international, mais aussi persistance de clichés sur les productions du continent. Face à ces enjeux, le FALFA se positionne comme une réponse innovante et structurante.
Une réponse immersive : célébrer, transmettre et connecter
Les 19 et 20 juin 2026, au Hangar 14 de Bordeaux, le FALFA proposera bien plus qu’un simple salon du livre. Pensé comme une expérience immersive, le festival réunira sur plus de 3 000 m² auteurs, illustrateurs, studios d’animation, éditeurs et artisans autour d’une programmation riche et intergénérationnelle.
Au programme : rencontres littéraires, projections de films d’animation africains, ateliers pédagogiques, village d’artisans, performances artistiques et conférences professionnelles. Plus de 100 exposants et 2 000 visiteurs sont attendus pour cette première édition ambitieuse.
La première journée sera largement dédiée à la jeunesse, avec des ateliers immersifs, des rencontres autour des imaginaires africains et un forum des métiers créatifs pour sensibiliser aux opportunités des industries culturelles. L’objectif est clair : éveiller les vocations, transmettre des savoirs et ouvrir des perspectives.
La dimension internationale est également au cœur du projet. Des délégations venues de Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria, du Sénégal et du Bénin seront présentes, avec un focus particulier sur trois pays invités d’honneur : la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigeria, reconnus pour le dynamisme de leurs scènes créatives.
Autre temps fort : le Défilé des Royaumes d’Afrique, une création artistique mêlant mode, histoire et scénographie, avec un focus sur l’héritage Ashanti.
Culture, santé et diplomatie : un festival à impact multiple
Au-delà de la culture, le FALFA intègre une forte dimension citoyenne et sociale. En partenariat avec l’Établissement Français du Sang, une journée spéciale sera consacrée à la sensibilisation à la drépanocytose, une maladie génétique encore méconnue mais très répandue dans les populations africaines et afro-descendantes.
Des stands d’information, des supports pédagogiques sous forme de bandes dessinées et des actions de sensibilisation permettront de vulgariser cette maladie, de promouvoir le dépistage et d’encourager le don de sang. Une approche innovante qui illustre le potentiel des industries culturelles comme levier de santé publique.
Le festival s’inscrit aussi dans une dynamique de coopération internationale entre l’Afrique et la France, avec le soutien des institutions locales. Bordeaux se positionne ainsi comme un carrefour stratégique des échanges culturels et créatifs.
Le point d’orgue de cette première édition sera sans doute la Soirée de Gala – Trophées Kanian, organisée à l’Opéra National de Bordeaux. Véritable vitrine de l’excellence afro-européenne, cette cérémonie distinguera des initiatives à fort impact dans les domaines culturel, social et entrepreneurial. Elle vise à valoriser les talents de la diaspora et à renforcer les synergies entre les deux continents.
Un levier structurant pour les industries culturelles africaines
Au-delà de l’événement, le FALFA s’inscrit dans une vision à long terme. À travers des initiatives comme la Case du Livre Africain (CALA) et la Case du Film d’Animation Africain (CAFAA), les organisateurs souhaitent structurer durablement les filières, accompagner les talents et favoriser la diffusion des œuvres.
En créant un espace de visibilité, de rencontre et de coopération, le festival agit comme un accélérateur pour les industries culturelles africaines. Il contribue à déconstruire les clichés, à promouvoir une nouvelle narration du continent et à offrir aux jeunes générations des modèles inspirants.
En somme, le FALFA ne se contente pas de célébrer la culture : il propose une solution concrète à un problème structurel, avec un impact à la fois culturel, éducatif, économique et social.
Les 19 et 20 juin 2026, Bordeaux ne sera pas seulement une scène culturelle. Elle deviendra un pont entre les imaginaires, un laboratoire d’idées et un espace de transformation.
