Thierry Essengue : « mes histoires sont des ponts entre les peuples et les cœurs »

Heure de publication 12:25 - Temps de lecture : 3 min 47 s

À travers ses romans, Thierry Essengue nous fait voyager des rives du Wouri aux falaises de Bandiagara et au-delà. – © Thierry Essengue.

Propos recueillis par : Thalf Sall

Rencontré dans un entretien exclusif, Thierry Essengue, écrivain passionné par l’histoire, la poésie et les grandes civilisations africaines, nous plonge dans l’univers de ses cinq romans majeurs. De l’Afrique du littoral camerounais aux falaises de Bandiagara, en passant par la Chine et le Brésil, chaque récit explore des traditions ancestrales, des valeurs universelles et des trajectoires humaines fascinantes. Dans cette interview, l’auteur détaille ses motivations, ses inspirations et ce que chacun de ses livres peut apporter au lecteur.

Vous avez publié plusieurs romans, tous très ancrés dans l’histoire et la culture africaine. Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ces récits ?

 

L’écriture est pour moi un moyen de transmettre la voix des ancêtres. Je me sens guidé par eux pour raconter des histoires qui mettent en valeur nos peuples, nos traditions et nos valeurs. Chaque roman est un hommage à des communautés qui ont façonné l’histoire du continent et à des individus qui incarnent des leçons universelles de résilience, d’amour et de justice.

 

Et pourquoi ce mélange de voyage, d’histoire et de rencontres humaines dans chacun de vos ouvrages ?


Parce que la vie est un voyage, et chaque rencontre nous transforme. J’aime mêler les cultures et les époques pour montrer que nos valeurs sont universelles et que l’expérience humaine est un fil qui relie les peuples.

 

Commençons avec Le destin de l’héritier Sawa des rives du Wouri. Pouvez-vous nous en parler ?

Ce roman raconte le parcours de Dika Priso Kingué, héritier du peuple Sawa. Il doit passer par des épreuves initiatiques pour devenir chef coutumier, tout en poursuivant ses études en Allemagne. L’histoire mêle résilience, humanisme et traditions mystiques des esprits de la lagune. C’est un hommage aux Sawa et à leur philosophie ancestrale.

 

Qu’espérez-vous que le lecteur retienne de ce récit ?


La force de la tradition, le rôle de la résilience et l’importance de revenir à ses racines, même après avoir voyagé loin.

 

Et pour La lignée royale du guerrier Dogon ?

 

Soundiata Pa Diba, descendant d’une famille royale, est confronté à la question de la succession et de l’héritage spirituel. Entre dilemmes familiaux et mission ancestrale, il nous plonge dans les rituels et les traditions des Dogons, ainsi que dans l’histoire de l’empire du Mali. C’est un roman qui montre l’importance de la transmission et de l’intégrité dans le leadership.

 

Quels enseignements universels peut-on tirer de ce roman ?


Que l’honneur, la droiture et la responsabilité envers sa communauté sont des valeurs intemporelles, applicables à toutes les sociétés.

 

Votre troisième roman, Le mulâtre Dogon des falaises de Bandiagara, mêle histoire et romance internationale…

 

Kounté, héritier du clan royal, part étudier la médecine en Chine, où il rencontre l’amour. Le roman explore le choc des cultures, la tolérance et la puissance de l’amour. C’est une histoire de dépassement de soi et de ponts entre traditions africaines et asiatiques.

 

C’est un mélange assez original. Pourquoi ce choix ?


J’ai voulu montrer que nos racines ne sont pas un frein à l’ouverture au monde, mais une force qui nous guide dans la rencontre des différences.

 

Un long chemin depuis la rivière des crevettes évoque un parcours métis et difficile. Que raconte-t-il ?

 

Pascal est un jeune métis abandonné qui doit surmonter les obstacles de deux cultures. Le roman combine poésie, authenticité et références historiques pour montrer la puissance de la résilience et des rencontres qui forgent l’individu.

 

Enfin, Pour l’amour de mon petit bout ?

 

C’est un récit très intime. Paõlo traverse épreuves et séparations pour affirmer sa paternité et son amour pour sa fille. C’est un roman qui explore les liens familiaux, l’amour paternel et la force de la foi et de l’abnégation.

 

On sent beaucoup d’émotion dans ce récit…


Oui, c’est un hommage aux enfants et aux combats invisibles de tous les parents. L’écriture est un moyen de partager ces émotions avec le lecteur, pour qu’elles résonnent et inspirent.

 

Vos romans sont donc à la fois des voyages dans le temps et dans l’espace, mais aussi des leçons de vie ?

 

Exactement. Chaque récit propose une immersion dans l’histoire, les traditions et les valeurs humaines, tout en invitant le lecteur à réfléchir sur sa propre vie, ses choix et ses rencontres.

 

Et à qui s’adressent vos livres ?


Au grand public, et en particulier aux jeunes qui souhaitent découvrir leurs racines, voyager dans l’histoire et comprendre la richesse de nos peuples à travers des histoires passionnantes et inspirantes.

 

Un mot pour conclure cette interview ?
 

J’espère que mes romans feront rêver, émouvoir et inspirer. Ils sont là pour transmettre des valeurs, éveiller les consciences et rappeler que nos histoires sont des ponts entre les peuples et les cœurs.


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