La diaspora camerounaise prend la plume : l’Amacad publie un ouvrage collectif qui fait dialoguer l’Afrique et le monde
Heure de publication 11:40 - Temps de lecture : 3 min 11 s
Texte par : Thalf Sall
Un an après sa création, l’Amicale des Auteurs Camerounais de la Diaspora franchit une étape décisive avec la parution de Vivre l’Afrique en diaspora, un livre collectif publié chez L’Harmattan. Une œuvre plurielle qui explore l’identité africaine au-delà des frontières et affirme la vitalité de la création diasporique.
La littérature africaine contemporaine s’enrichit d’une nouvelle voix collective. Créée en janvier 2025, l’Amicale des Auteurs Camerounais de la Diaspora (Amacad) dévoile son premier ouvrage, Vivre l’Afrique en diaspora, publié ce 2 mars 2026. À travers 224 pages, ce livre rassemble des écrivains d’origine camerounaise installés en Europe, en Afrique et en Amérique, unis par le désir de raconter l’Afrique depuis l’ailleurs.
Née de la volonté de fédérer les plumes camerounaises vivant hors du pays, l’Amacad s’est donnée pour mission de promouvoir leurs œuvres et de renforcer les passerelles culturelles avec le continent. Forte d’une trentaine de membres, l’association multiplie salons, rencontres littéraires et expositions afin de créer un espace de dialogue entre les diasporas et l’Afrique.
Avec cette première publication, l’Amacad transforme l’essai associatif en acte éditorial fort. Le livre ne se contente pas d’aligner des textes ; il construit un récit collectif sur ce que signifie « vivre l’Afrique » loin de sa terre natale.
Vivre l’Afrique en diaspora adopte une approche hybride, mêlant récits personnels, essais réflexifs, poésie, nouvelles et contes. Cette diversité de genres traduit la pluralité des expériences diasporiques. Les contributeurs abordent des thématiques universelles et profondément humaines : l’identité et l’appartenance, la mémoire et la nostalgie, la transmission intergénérationnelle, les défis de l’intégration, mais aussi la fierté culturelle et l’espérance.
Au cœur de l’ouvrage se dessine une question essentielle : comment rester connecté à ses racines tout en s’inscrivant dans une société d’accueil ? Les textes explorent cette tension fertile entre enracinement et mobilité, entre héritage et réinvention.
Une direction éditoriale engagée
L’ouvrage est dirigé par Jean-Célestin Edjangué, sociologue et essayiste, et Serges Ngounga, écrivain-poète et communicateur. La préface est signée par André-Magnus Ekoumou, ambassadeur du Cameroun en France, tandis que la postface est confiée à Sheila S. Walker, anthropologue, auteure et cinéaste afro-américaine reconnue pour ses travaux sur les diasporas africaines.
Autour de cette direction éditoriale, dix autres auteurs apportent leurs voix singulières, parmi lesquels Max Assomo, Jeanne-Louise Djanga, Isabelle Ekedi Dicka, Priscilya Manga, Valérie Nantcha, Denise Nguene, Raoul Nkuitchou Nkouatchet, Nathalie Oyono et Sam Pefoura, également peintre. Cette constellation de talents illustre la richesse interdisciplinaire du projet.
Disponible sur commande dans les librairies du monde et sur des plateformes comme Fnac, L’Harmattan et Amazon, l’ouvrage vise une audience bien au-delà du cercle camerounais. Il participe à la reconnaissance internationale d’une littérature diasporique qui refuse l’invisibilité.
Plus qu’un simple livre, Vivre l’Afrique en diaspora s’impose comme un manifeste culturel. Il affirme que l’Afrique ne se limite pas à un espace géographique, mais qu’elle vit, s’écrit et se réinvente partout où ses fils et filles portent sa mémoire.
À travers cette publication fondatrice, l’Amacad rappelle que la diaspora n’est pas une périphérie : elle est une extension vivante du continent, une force créative capable de relier les mondes et de redéfinir les frontières culturelles.
