Musique, mémoire et transmission : « Dodji, l’archet vodun » en projection à Paris

Heure de publication 21:00 - Temps de lecture : 3 min 02 s

Thomas Dodji Kpadé, violoncelliste franco-béninois, au cœur d’un voyage musical et initiatique sur les traces de son héritage vodun. – © Dodji, l’archet vodun.

Texte par : Thalf Sall

Un violoncelle, des tambours sacrés et une quête intime : le 17 septembre 2026, Paris accueillera une nouvelle projection de Dodji, l’archet vodun, documentaire réalisé par Amaury Voslion. Pendant 90 minutes, le film suit le musicien franco-béninois Thomas Dodji Kpadé dans son voyage au Bénin, à la recherche d’un héritage paternel longtemps resté à distance. Entre musique, transmission culturelle et questionnement identitaire, cette œuvre propose une immersion dans une culture vodun envisagée à travers l’expérience personnelle d’un artiste en quête de ses origines.

Présenté comme un road-movie musical et spirituel, Dodji, l’archet vodun raconte le parcours de Thomas Dodji Kpadé, né en France d’une mère française et d’un père béninois de culture vodun. Son histoire personnelle est marquée par un héritage culturel dont il connaît encore peu les codes. Le départ pour le Bénin devient alors l’occasion de renouer avec une partie de son histoire familiale et de confronter ses représentations à une réalité vécue.

Le documentaire accompagne cette recherche sans la réduire à une simple démarche généalogique. Il s’intéresse à ce que signifie hériter d’une culture lorsqu’une partie de celle-ci a été éloignée, tue ou peu transmise au sein même de la famille.

Au centre de cette démarche se trouve la musique. Violoncelliste, Thomas Dodji Kpadé choisit son instrument comme moyen de rencontre. Ne parlant ni le fon, ni les langues locales qu’il rencontre au cours de son parcours, il s’appuie sur le langage musical pour entrer en relation avec les musiciens et les traditions qu’il découvre.

Le musée du quai Branly – Jacques Chirac, qui a accueilli la première projection publique du film en avril 2026, décrit cette musique comme le fil rouge du récit : elle permet au protagoniste de communiquer avec son environnement et accompagne son immersion dans les polyrythmies traditionnelles béninoises.

 

Quand le violoncelle rencontre les tambours sacrés

 

L’originalité du film tient aussi à la rencontre entre plusieurs univers musicaux. Le violoncelle, associé à la formation classique de Thomas Dodji Kpadé, entre progressivement en dialogue avec les percussions et les rythmes traditionnels du Bénin.

Cette rencontre n’est pas seulement artistique. Elle devient une manière d’interroger la coexistence de plusieurs héritages et la possibilité de les faire dialoguer sans que l’un efface l’autre.

Le film suit notamment l’apprentissage des polyrythmies traditionnelles et l’immersion du musicien dans des pratiques liées à la culture vodun. Il montre également la naissance d’un projet musical issu de cette rencontre entre violoncelle et tambours sacrés. Le documentaire fait ainsi de la création musicale un espace de transmission et de recomposition.

Le projet s’inscrit dans une réflexion plus large sur les représentations du vodun et sur les effets des regards extérieurs portés sur cette tradition. Selon les éléments présentés par les producteurs, le film entend dépasser les représentations caricaturales souvent associées au vodun pour s’intéresser à une culture vivante, à ses pratiques musicales et à sa transmission.

 

Une projection parisienne pour prolonger le dialogue

 

Après sa projection en avant-première mondiale au musée du quai Branly – Jacques Chirac, Dodji, l’archet vodun revient à Paris pour une nouvelle rencontre avec le public. Le film sera projeté jeudi 17 septembre 2026 à 19 heures, à l’Auditorium Charles Brabant de la Scam, situé 5, avenue Vélasquez, dans le 8ᵉ arrondissement de Paris.

Cette séance constitue une nouvelle occasion de découvrir le documentaire d’Amaury Voslion et d’explorer, à travers le parcours de Thomas Dodji Kpadé, des questions qui dépassent le seul cadre musical : celles de l’identité, de la mémoire familiale, de la transmission et du rapport aux héritages culturels.

Réalisateur, Amaury Voslion développe une œuvre située à la croisée du documentaire, de la fiction et de l’expérimental. Son travail s’est notamment intéressé à des artistes et à différents univers de création. Le musée du quai Branly souligne cette écriture nourrie par une attention particulière aux êtres, aux sentiments et aux mondes qu’il explore.

Produit par Les Films de la Butte, AM Art Films, Vodun Records et Avanti Production, Dodji, l’archet vodun est un documentaire de création français de 2026. Les informations de production disponibles indiquent une durée d’environ 90 minutes.

La projection du 17 septembre est annoncée sur réservation obligatoire. Un verre sera proposé au public à l’issue de la séance, offrant un temps supplémentaire d’échange autour de cette œuvre qui place la musique au cœur d’une recherche personnelle et culturelle.


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