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Bénin : les six mesures d’urgence proposées par le PCB contre la cherté de la vie

15 Avr 2022 Notre Voix Société

Heure de publication : 17:36 - Temps de lecture : 4 min 20 s

Tout coûte cher actuellement au Bénin, notamment les denrées alimentaires. – © Le Mérite Africain.

Texte par : Thalf Sall

Au Bénin, la vie est de plus en plus chère. Les populations ont du mal à joindre les deux bouts. Avoir deux repas par jour devient un parcours du combattant. A l’origine, la hausse des prix des produits de première nécessité et l’augmentation des taxes et impôts. Le gouvernement justifie la flambée des prix par la non disponibilité en quantité suffisante des récoltes, l’augmentation des prix des frets et des intrants agricoles, la guerre en Ukraine, la rareté de la pluie et la crise sanitaire (Covid-19). « Faux », rétorque le Parti Communiste du Bénin (PCB). Selon ce parti d’opposition, le diagnostic du gouvernement est totalement inexact et les mesures d’accompagnement annoncées pour soulager les peines quotidiennes des populations sont « nulles et non avenues ». A la place des « mesures trompe-œil du gouvernement qui n’ont aucun impact sur le terrain », le PCB propose six mesures fortes.

Pour faire face à la cherté de la vie, le gouvernement du Bénin entend « donner plus de pouvoir d’achat aux populations, augmenter les salaires et subventionner les hydrocarbures ». Le Parti Communiste du Bénin (PCB) dénonce des mesures hypocrites et propose « mieux ».

Suppression ou réduction des impôts et taxes (allègement des charges fiscales) ; restauration des structures d’appui à la sécurité alimentaire, de stabilisation et de soutien des prix des revenus agricoles (Onasa et Ons) ; arrêt des déguerpissements et casses sauvages des entreprises de survie des petits producteurs ; restauration des structures d’encadrement administratif supprimées ; abrogation des mesures de radiation et de licenciement des fonctionnaires de l’Etat et augmentation substantielle des salaires. Voilà ce que propose concrètement le PCB pour endiguer la cherté de la vie. Il l’a fait savoir dans un communiqué de presse en date du 12 avril 2022, parvenu à notre rédaction ce 15 avril 2022. « Si de telles mesures d’urgence ne sont pas prises immédiatement, le peuple a le droit et même le devoir de poursuivre ses luttes indépendantes contre la faim et la vie chère et contre le pouvoir des affameurs », a-t-il prévenu.

Nous vous proposons de lire l’intégralité dudit communiqué de presse.

Communiqué de presse

1°-  Devant les protestations générales face aux mesures trompe-œil du Gouvernement de la Rupture, mesures qui n’ont aucun impact sur le terrain, les ténors principaux sont montés au créneau pour justifier, pour défendre, mais en fait pour tromper davantage le peuple affamé en appelant à la patience.

Mais les agitations et du Président de l’Assemblée nationale et du Porte-parole du Gouvernement et du Ministre d’Etat Wadagni n’ont convaincu personne. Pire les différents argumentaires avancés qui varient selon les intervenants, attribuant la cherté des prix de denrées et de la famine au manque des pluies, au Covid, à la guerre en Ukraine, ou aux pays voisins coupables de la famine au Bénin, ou encore aux « commerçants véreux » ont plutôt fâché que convaincu. Même la presse officielle est obligée de relever que les dignitaires du pouvoir font "économie de vérité" notamment sur la hausse des impôts. Et pendant que la faim taraude les ventres, entendre de telles contrevérités sur son sort venant des repus, ne fait qu’aggraver les choses. 

2°- Certes aujourd’hui, nous assistons à des montées des prix des denrées alimentaires dans le monde et même dans la région. Mais nous devons considérer ici des spécificités. La véritable question est de savoir qui est-ce qui est la cause de la faim et de la cherté des produits au Bénin ? La réponse, comme nous l’avons démontré, ne fait l’ombre d’un doute : c’est le pouvoir de la Rupture qui a planifié, organisé et entretient la cherté des produits et la misère au Bénin.

3°- Le rappel de cette panoplie et de ce train de mesures de destructions des activités productives humaines peut nous édifier. On peut citer depuis la destruction des petits activités des bords des voies, jusqu’à la liquidation des entreprises publiques, le licenciement et /ou la radiation de milliers de travailleurs et leurs mises en chômage, la précarisation à l’extrême de la fonction publique avec de la création des AME, la suppression des structures de prévoyance sociales, et surtout la multiplication et la hausse parfois du simple au double des taxes et impôts dans tous les sens,  telles sont les causes de la cherté de la vie et de la misère. Le peuple consommateur est étouffé, les opérateurs économiques sont accablés de taxes et impôts injustes, ce qui fait dire désormais à plusieurs que nous « travaillons plutôt pour Talon que pour nous-mêmes ».

4°- C’est le Pouvoir de la Rupture qui a causé la cherté des produits et planifié la famine au Bénin. Il revient donc à ce Gouvernement de pendre immédiatement des mesures pour y mettre fin. 

C’est pourquoi  le Gouvernement doit immédiatement prendre les mesures urgentes que voici : 

1°- La suppression et /ou la réduction des multiples impôts et taxes créés depuis l’arrivée au pouvoir du Gouvernement de la Rupture en 2016, impôts et taxes qui assaillent et appauvrissent et population de consommateurs et opérateurs économiques de ce pays. En un mot l’allègement des charges fiscales qui accablent la population et les agents économiques. Bref, il faut susciter la consommation par des mesures incitatives adéquates tel que souligné plus haut.

2°- La restauration des structures de prévoyance sociales tels l’ONS et l’ONASA et leur approvisionnement conséquent.

3°- L’arrêt des déguerpissements et casses sauvages des entreprises de survie des petits producteurs tant qu’il n’y a pas d’alternative crédible et accessible en compensation. Formaliser l’informel c’est bien mais à condition de créer des structures d’accueil.

4°- La restauration des structures d’encadrement administratif supprimées sous le Président Talon, la restauration de l’éthique de la Fonction publique (en lieu et place de l’éthique privée appliquée et imposée partout dans l’administration béninoise) ; la suppression des corps privés au sein de l’administration publique tel le corps des précaires, corvéables et taillables à merci, comme les AME, le recrutement des fonctionnaires à tous les niveaux et leurs rémunérations adéquates.

5°- L’abrogation des mesures de radiation et de licenciement de fonctionnaires pour cause politique et leur réintégration à la fonction publique.

6°- L’augmentation substantielle des salaires.

Si de telles mesures d’urgence, pour sauver la vie des hommes ne sont pas prises immédiatement, le peuple a le droit et même le devoir de poursuivre ses luttes indépendantes contre la faim et la vie chère et contre le pouvoir des affameurs.

 

Cotonou, le 12  avril 2022,

 

Le Parti Communiste du Bénin


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