Drepaf : le médicament sénégalais qui redéfinit l’espoir pour les drépanocytaires en Afrique
Heure de publication 08:45 - Temps de lecture : 2 min 38 s
Drepaf, le premier générique africain contre la drépanocytose, offrant espoir et meilleure qualité de vie aux enfants et adultes touchés par la maladie. – © DR.
Texte par : Thalf Sall
Chaque année, 400 000 bébés naissent avec la drépanocytose en Afrique, dont 2 000 au Sénégal, et tragiquement, la moitié d’entre eux ne survivra pas au-delà de 10 ans en raison de l’absence de traitements accessibles et adaptés. Ce fléau, longtemps ignoré par la recherche et la production pharmaceutique locale, laisse des familles entières dans l’angoisse et compromet l’avenir des enfants. Aujourd’hui, Drepaf, premier générique africain de l’hydroxyurée, change la donne : produit localement et conçu pour répondre aux besoins spécifiques des patients africains, il offre un traitement sûr, abordable et efficace, apportant un espoir concret non seulement au Sénégal, mais aussi à des millions de malades à travers le continent.
La drépanocytose est une maladie génétique touchant principalement les populations africaines, provoquant douleurs chroniques, crises sanguines récurrentes et hospitalisations fréquentes. Au Sénégal, près de 10 % de la population est porteuse du gène responsable, et environ 50 000 Sénégalais souffrent de cette forme d’anémie. Le reste du continent est encore plus touché, avec des millions de malades. Sans traitement, la survie des enfants est gravement compromise, la moitié ne dépassant pas 10 ans.
Cette crise sanitaire trouve ses racines dans plusieurs facteurs : la dépendance aux importations de médicaments coûteux, le manque de recherche locale, et l’insuffisance des infrastructures et du suivi médical. La malnutrition et l’accès limité aux soins aggravent la gravité de la maladie, laissant de nombreux patients sans solution viable.
Développé par le laboratoire indien Globela et propriété intellectuelle de l’ONG Drep (France), Drepaf est désormais produit au Sénégal par Teranga Pharma SA. Ce générique de l’hydroxyurée, utilisé depuis plus de 20 ans dans les pays du Nord, est disponible en deux dosages (100 mg et 500 mg), avec une forme pédiatrique adaptée aux nourrissons.
Le médicament est accessible à prix abordable : 1 500 FCFA pour les enfants et 3 000 FCFA pour les adultes. Plus d’un millier de boîtes ont déjà été distribuées chez les trois quarts des grossistes pharmaceutiques du pays, et il est désormais disponible dans les 1 400 pharmacies du Sénégal. Les commandes au Niger montrent l’attente continentale pour ce traitement.
Un espoir africain pour un défi mondial
Teranga Pharma SA assure une production conforme aux standards internationaux. Chaque patient bénéficie d’un suivi rigoureux pour ajuster le dosage et prévenir les effets secondaires. Le conditionnement mensuel et la formation des médecins et pharmaciens garantissent l’observance et un accompagnement optimal.
Les demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) ont déjà été déposées pour la Guinée, le Togo, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Congo-Brazzaville et la RDC, où les besoins sont démesurés face à l’ampleur de la maladie.
Les demandes d’autorisation de mise sur le marché (AMM) ont déjà été déposées pour la Guinée, le Togo, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Congo-Brazzaville et la RDC, des pays où la drépanocytose touche des milliers de familles et où la demande de traitements efficaces dépasse largement l’offre existante, faisant de Drepaf une solution attendue avec urgence et susceptible de transformer radicalement la prise en charge de la maladie à l’échelle régionale.
Les premiers retours sont encourageants : Drepaf réduit les crises douloureuses, diminue les hospitalisations et améliore la qualité de vie des patients. À long terme, il contribuera à réduire la mortalité infantile, à limiter l’échec scolaire et à permettre aux patients de participer pleinement à la vie sociale et économique.
Drepaf illustre l’autonomie pharmaceutique africaine et le potentiel d’innovations locales face à des maladies longtemps négligées. Au-delà du Sénégal, ce médicament ouvre une voie prometteuse pour la prise en charge de la drépanocytose à travers toute l’Afrique, offrant à des milliers de familles un avenir plus serein.
